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Sommaire
- Peut-on faire tomber la pluie à la demande ?
- Qu’est-ce qui marche vraiment, et qu’est-ce qui reste discuté ?
- Peut-on détourner une pluie torrentielle avant qu’elle n’arrive ?
- Un dôme de 600 mètres en pleine mer, c’est sérieux ?
- Que change l’IA, concrètement ?
- Et en France, sur un épisode méditerranéen ?
- Qui autoriserait un pays à modifier le temps ?
Questions-réponses
Publié le 11 septembre 2026 · Mis à jour le 15 septembre 2026 à 9h20
Aucune technique connue n’empêche une pluie torrentielle de tomber. Les trois seuls usages opérationnels que l’Organisation météorologique mondiale reconnaît dans sa déclaration approuvée en juin 2025 (dissiper le brouillard, augmenter un peu la pluie et la neige, limiter la grêle) vont tous dans l’autre sens, et le programme public japonais qui vise explicitement la réduction des pluies torrentielles se donne 2050 pour horizon, avec 10 à 20 % espérés en simulation.
Vous voyez la carte de vigilance virer au jaune et la question revient : peut-on empêcher cette pluie de tomber ? La réponse est non, et elle est datée : le programme public japonais qui vise cet objectif, piloté par l’agence JST, se donne 2050 pour horizon et n’espère qu’une réduction de 10 à 20 % des pluies torrentielles, en simulation.
Le 9 septembre 2026, 16 départements français étaient en vigilance jaune orages ou pluie-inondation, et aucune des techniques de modification du temps recensées par l’OMM ne permet d’empêcher une pluie de tomber. Ce qui existe tient en trois briques : provoquer un peu de pluie, la déplacer un peu, et surtout la voir venir beaucoup plus tôt.
Peut-on faire tomber la pluie à la demande ?
Oui, un peu. L’ensemencement des nuages consiste à disperser des particules glaciogènes, glace carbonique par exemple, pour aider les gouttes à se former. L’Organisation météorologique mondiale, dans sa déclaration sur la modification du temps approuvée en juin 2025, recense des programmes opérationnels dans plus de 50 pays, sur trois usages seulement : dissiper le brouillard, augmenter la pluie et la neige, limiter la grêle. L’organisation précise qu’elle ne promeut ni ne décourage la pratique.
Qu’est-ce qui marche vraiment, et qu’est-ce qui reste discuté ?
La frontière est nette, et la déclaration de l’OMM la trace usage par usage.
| Usage | Ce que l’OMM en dit |
|---|---|
| Dissipation des brouillards surfondus | Technique fiable et bien établie, dans certaines conditions météorologiques |
| Augmentation de la pluie et de la neige | Admise pour l’ensemencement glaciogène des nuages orographiques ; les autres techniques restent très controversées dans la communauté scientifique |
| Réduction de la grêle | Une diminution de la taille des grêlons a été rapportée sur certains orages, mais les expériences ne suffisent pas à valider les hypothèses |
| Suppression de la pluie | Ne figure pas parmi les programmes opérationnels recensés |
Source : déclaration de l’OMM sur la modification du temps, juin 2025. Le brouillard se dissipe, la pluie s’encourage à la marge, la grêle reste un pari, et la dernière ligne est celle qui intéresse le lecteur sous l’orage.
Peut-on détourner une pluie torrentielle avant qu’elle n’arrive ?
C’est le pari du projet AMAGOI, retenu en 2023 par le programme Moonshot Goal 8 de l’agence japonaise pour la science et la technologie, dont l’objectif affiché est d’atténuer les dommages économiques des fortes pluies en générant artificiellement de fortes pluies sur l’océan en amont. On ne supprime pas l’eau : on la fait tomber plus tôt, sur la mer. Les simulations numériques donnent une réduction possible de 10 à 20 % des pluies torrentielles à terre, et un essai d’ensemencement en mer par largage de glace carbonique depuis un avion était programmé pour l’exercice 2025.

Un dôme de 600 mètres en pleine mer, c’est sérieux ?
C’est une piste, pas un chantier. Shunji Kotsuki, professeur à l’université de Chiba et responsable d’AMAGOI, décrit dans un entretien publié par son université une structure en mer d’environ 600 mètres de large et 300 mètres de haut, destinée à dévier les vents porteurs d’humidité. Le Japon subit des dégâts d’inondation qui dépassent 1 000 milliards de yens les mauvaises années : c’est ce montant qui justifie de financer des concepts encore au tableau.
Que change l’IA, concrètement ?
Elle change la prévision, pas le ciel. Deux verrous sont sur la table : les prévisions opérationnelles n’explorent que 21 scénarios d’ensemble, et 5 à 6 % seulement des données météorologiques disponibles sont réellement assimilées par les modèles. L’approche par IA vise 1 000 scénarios dans un temps plus court, soit environ 48 fois plus de scénarios pour une même échéance, avec une remise à jour toutes les trente minutes. Le gain porte sur le « quand » et le « où », pas sur le « si ».
Et en France, sur un épisode méditerranéen ?
Rien de tout cela n’est déployé, et la marge de progrès est du côté de la prévision immédiate. Les modèles décrits par Météo-France se répartissent le travail : ARPEGE couvre le globe jusqu’à quatre jours à l’avance avec une maille de 5 km sur l’Europe, tandis qu’AROME est présenté comme un modèle affiné pour prévoir les phénomènes de plus petite échelle comme les orages, les averses ou le brouillard sur la France hexagonale et la Corse. C’est cette chaîne qui alimente la carte de vigilance du 9 septembre sur l’arc méditerranéen, treize départements pour orages et quatre pour pluie-inondation.
Qui autoriserait un pays à modifier le temps ?
Personne, pour l’instant. L’OMM recommande d’être tenue informée de toutes les activités de modification du temps et que les projets soient réexaminés périodiquement, si possible chaque année. Côté japonais, le volet sciences sociales d’AMAGOI porte explicitement sur le cadre juridique et l’évaluation des risques environnementaux, posés comme condition d’une mise en œuvre à l’horizon 2050. Le prochain jalon tient donc en deux choses : un essai d’ensemencement en mer, et un droit qui n’existe pas encore.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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