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La chenille sursaute dans l’une des pièces les plus silencieuses du monde. Quatre chercheurs de l’université de Binghamton (État de New York) y ont montré que Manduca sexta, la chenille du sphinx du tabac, détecte le son transporté par l’air grâce à des poils identifiés de son thorax et de son abdomen, travaux présentés au congrès conjoint des sociétés d’acoustique américaine et japonaise, à Honolulu, du 1er au 5 décembre 2025.
Le résultat tient dans un rapport de seuils. Il faut une vibration du support 10 à 100 fois plus intense que le son aérien pour déclencher la même réaction chez la chenille du sphinx du tabac, sur les deux seules fréquences testées (150 et 2 000 hertz), selon le résumé publié dans le Journal of the Acoustical Society of America le 1er octobre 2025. Ce résumé parle d’un écart d’un à deux ordres de grandeur en amplitude d’accéléromètre. C’est ce rapport qui déplace l’explication de « la feuille bouge sous ses pattes » vers « l’onde arrive par l’air ».
Le protocole est né d’une observation de laboratoire. « Chaque fois que je leur faisais “bouh”, elles sursautaient », raconte la biologiste Carol Miles dans l’annonce de l’université, datée du 28 janvier 2026. Les mesures ont ensuite eu lieu en chambre anéchoïque, avec un vibromètre laser braqué sur les poils.
Deux sons purs, pas une bande de fréquences
Les reprises de l’étude décrivent une chenille sensible « de 100 à 200 hertz », soit exactement le battement d’ailes des guêpes parasitoïdes qui pondent dans son corps. Le résumé scientifique, lui, ne teste que deux sons purs : 150 hertz et 2 000 hertz. Le premier est celui qui déclenchait la réaction la plus forte dans les travaux antérieurs, pour des niveaux de 80 à 90 décibels SPL. Le second correspond à la fréquence de résonance des poils du thorax, mesurée au vibromètre laser.
Selon nos calculs, ce second son est 13,3 fois plus aigu que le premier (2 000 divisé par 150) : il se situe très au-dessus de la bande où vole la guêpe. La démonstration ne se referme donc pas sur le prédateur, elle décrit un capteur mécanique large, dont le mouvement a été suivi de 100 hertz à 20 kilohertz.

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Le graphique oppose les deux fréquences retenues par l’expérience, et non deux mesures faites sur le même animal au même moment : la première tombe dans la bande de la guêpe, la seconde dans la mécanique du poil. Le détail de ce qui a réellement été mesuré se lit mieux en tableau.
| Ce qui est mesuré | Valeur |
|---|---|
| Fréquences pures testées en comportement | 150 Hz et 2 000 Hz |
| Niveau de la réponse la plus forte, à 150 Hz | 80 à 90 dB SPL |
| Fenêtre de mesure du mouvement des poils | 100 Hz à 20 kHz |
| Résonance des poils du thorax | 2 000 Hz |
| Écart de seuil vibration du support / son aérien | 1 à 2 ordres de grandeur |
| Poils retirés par ablation ciblée | Thorax et abdomen |
| Nombre de chenilles testées | Non communiqué |
| Guêpes présentes dans le protocole | Aucune |
La preuve passe par le rasage
Pour trancher entre les pattes et les poils, l’équipe a procédé à une ablation ciblée. Les poils du thorax et de l’abdomen ont été retirés, puis les mêmes stimulations sonores rejouées. Les réactions chutent nettement une fois les poils partis, indique le résumé grand public de l’Acoustical Society of America. C’est un argument de soustraction : on n’ajoute pas un organe, on en enlève un et le comportement disparaît.

Le vocabulaire des auteurs reste prudent. Ils écrivent que leurs résultats « suggèrent » que ces poils mécanosensoriels sont responsables de la détection, et qu’ils apportent la preuve d’une détection sonore non tympanale « pour ces fréquences spécifiques ». Le résumé grand public ajoute qu’il n’est pas établi si l’animal répond à la pression de l’air, à la vitesse des particules ou à la vibration du support.
Aucune guêpe n’est entrée dans la chambre
Le récit du prédateur est une interprétation, pas un résultat. Aucune guêpe parasitoïde n’a été introduite dans le dispositif, aucun test n’a comparé la réaction à un vrai battement d’ailes et à un son de synthèse, et le nombre de chenilles utilisées n’apparaît pas dans le résumé. Carol Miles avance l’hypothèse de la guêpe comme une lecture écologique plausible du seul son grave testé.
Le même insecte avait déjà servi de démonstration sur un autre sens : AAP racontait le 2 août 2026 que le sphinx du tabac adulte reconnaît deux amines par les poils de ses ailes.
Série AAP : le 22 juillet 2026, nous relevions 400 hertz comme fréquence de résonance de l’oreille moyenne de l’éléphant, contre 1,2 kilohertz chez l’humain, dans notre article sur ces animaux qui s’entendent par le sol à plus de dix kilomètres. Les poils du thorax de la chenille résonnent, eux, à 2 000 hertz : la même grandeur mesurée, cette fois sur un capteur sans oreille.
La suite annoncée est technique plutôt que naturaliste. L’équipe de Ronald Miles, ingénieur mécanicien, veut transposer ces poils en microphones capables de capter des sons faibles, une piste que l’université met en avant dans la même annonce. La chenille y sert de modèle mécanique, pas de preuve écologique.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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