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À Paris, des bénévoles ont laissé des détecteurs écouter la nuit là où l’oreille humaine n’entend presque rien: berges, parcs, friches, lisières, alignements d’arbres. Le recensement attribué au Muséum national d’Histoire naturelle et publié le 23 mai signale 31 espèces de chauves-souris dans l’aire parisienne, avec une surprise en plus: une pipistrelle de Nathusius observée pour la première fois intra-muros.
Le chiffre change l’image de la capitale. Sous les lampadaires et au-dessus des squares, un peuple nocturne chasse les insectes, traverse les corridors sombres et dépend de détails urbains minuscules. Le Muséum national d’Histoire naturelle porte depuis des années des programmes qui transforment ces signaux invisibles en données lisibles pour les chercheurs.

Des cris trop aigus pour nous
Les chauves-souris ne se comptent pas comme des moineaux sur une branche. Beaucoup sortent tard, vite, haut ou dans des zones peu accessibles. Leur signature passe par des ultrasons: des cris si aigus qu’il faut les enregistrer, les analyser, puis les rapprocher d’espèces connues. C’est exactement le principe de Vigie-Chiro, programme lancé en 2006 par le MNHN pour suivre les populations françaises.
Le protocole actuel privilégie les points fixes. Un enregistreur automatique reste dehors pendant une nuit complète et capte les sons. « En enregistrant toute la nuit, ce protocole permet de recueillir un maximum de données », explique la page officielle du protocole Vigie-Chiro. Cette durée limite un biais évident: certaines espèces passent au début du soir, d’autres plus tard.
Dans Paris, cette méthode raconte une ville en creux. Là où les humains voient un talus, les chiroptères trouvent une ligne de chasse. Là où l’on croit voir un parc fermé, un détecteur peut capter une espèce migratrice en transit. Le résultat annoncé, 31 espèces sur l’aire métropolitaine, replace la capitale dans une trame beaucoup plus large que ses murs.
La migratrice qui déplace le regard
La pipistrelle de Nathusius n’est pas une bête de légende. Le Plan national d’actions Chiroptères la décrit comme une petite chauve-souris brun-roux, proche de la pipistrelle commune, que l’on distingue par ses émissions ultrasonores et des critères morphologiques subtils. Ce qui frappe ici, c’est surtout son profil migrateur.
Une observation intra-muros suggère que Paris n’est pas seulement un obstacle lumineux et bétonné. La ville peut aussi devenir un couloir, à condition que des continuités existent: arbres âgés, rivières, jardins, coins moins éclairés, vieux bâtiments, friches pas trop nettoyées. Rien d’exotique. Juste des morceaux de nuit qui se touchent encore.
La France compte 36 espèces de chauves-souris protégées, rappelle la Société française pour l’étude et la protection des mammifères. Cette protection ne transforme pas chaque cave en sanctuaire, mais elle impose de regarder autrement les lieux où les animaux dorment, se reproduisent ou chassent. En ville, la question devient vite très concrète: combien de lumière, combien d’arbres, combien d’interstices restent disponibles ?

Une bonne nouvelle, avec une vraie limite
La présence de nombreuses espèces n’efface pas les fragilités. Les suivis nationaux ont déjà signalé des baisses préoccupantes. Dans un article de Vigie-Nature, la chercheuse Claire Kerbiriou résumait les données ainsi: « Globalement les espèces suivies sont majoritairement en déclin ! », dans un bilan sur les populations de chauves-souris françaises. La ponctuation dit bien l’alerte, mais elle ne ferme pas la porte.
Les données acoustiques aident justement à agir moins à l’aveugle. L’ONF utilise par exemple le suivi Vigie-Chiro pour surveiller les chiroptères en forêt publique, avec des enregistreurs posés sur des sites suivis dans le temps. Ce programme de surveillance des chauves-souris montre l’intérêt d’une méthode répétée: un seul passage étonne, plusieurs années commencent à parler.
Le geste utile
Pour un habitant, le premier geste n’est pas d’ouvrir son grenier à l’aveugle. Il est plus simple: limiter la lumière inutile la nuit, éviter de boucher brutalement une cavité occupée, demander conseil si une colonie apparaît dans un bâtiment, et garder des coins végétalisés où les insectes circulent. Les chauves-souris n’ont pas besoin d’une ville décorée pour elles. Elles ont besoin d’une ville qui garde quelques passages.
La surprise parisienne tient donc en équilibre. Elle donne envie de lever les yeux au crépuscule, mais aussi de regarder les chantiers, les façades et les lampes avec un peu plus de précision. Un détecteur d’ultrasons transforme un silence en carte. À Paris, cette carte semble plus peuplée qu’on ne l’imaginait.
Questions courantes
Combien d’espèces de chauves-souris vivent en France ?
La SFEPM rappelle que 36 espèces de chauves-souris sont protégées en France. Le recensement évoqué pour Paris parle de 31 espèces dans l’aire métropolitaine, ce qui montre la richesse possible même autour d’une grande ville.
Pourquoi utilise-t-on des détecteurs d’ultrasons ?
Les chauves-souris émettent des sons trop aigus pour l’oreille humaine. Les détecteurs enregistrent ces signaux pendant la nuit, puis les chercheurs les analysent pour identifier les espèces et mesurer leur activité.
Faut-il avoir peur si une chauve-souris passe près de chez soi ?
Non, il faut surtout éviter de la manipuler. Les chauves-souris sont protégées et utiles dans les écosystèmes, notamment parce qu’elles consomment des insectes. En cas de colonie dans un bâtiment, mieux vaut demander conseil à un réseau spécialisé.
La prochaine étape ne sera peut-être pas un grand chiffre, mais une petite confirmation: une espèce qui revient deux années de suite, une allée moins éclairée, un arbre conservé. Dans la capitale, la nuit a encore des habitants qu’on découvre au casque.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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