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500 millions d’années séparent le calmar de l’humain, et la peau de cet animal porte pourtant des cellules qui rappellent celles de notre oreille interne. Une équipe de Case Western Reserve University (Cleveland) dirigée par l’oto-rhino-laryngologiste Brian McDermott a cartographié ces cellules ciliées sur tout le corps de jeunes calmars de l’Atlantique, Doryteuthis pealeii. L’étude, « An anatomical map of squid lateral lines », est parue en septembre 2026 dans Current Biology.
Les céphalopodes et les vertébrés ont divergé il y a 500 millions d’années, rappelait l’université Harvard en 2022 à propos de ce même calmar. Les chercheurs ont observé au microscope à feuille de lumière des paralarves qui nageaient librement. Cette technique éclaire l’animal un plan après l’autre et reconstruit une image en trois dimensions sans abîmer les tissus (Case Western Reserve University, 1er octobre 2026).
Jusqu’ici, les « lignes latérales » du calmar n’avaient été décrites en détail que sur la tête et les bras. On ignorait comment le reste du corps percevait les mouvements de l’eau, une énigme que pose le résumé de l’étude. Sur toute la surface de l’animal, les touffes de cils forment deux motifs : des lignes denses ou de larges champs. Aucun motif de ce genre n’avait été décrit chez les poissons ni chez les céphalopodes. Le manteau porte des rangées toujours placées au même endroit, que les auteurs ont baptisées « lignes latérales du manteau », dont les fibres nerveuses rejoignent le ganglion stellaire.
Des cils longs pour les graves, courts pour les aigus
Dans la cochlée humaine, les touffes de cils sont plus hautes là où l’oreille capte les sons graves. Elles sont plus courtes là où elle capte les aigus. Le principe rappelle celui d’une harpe, avec des cordes longues pour les graves et des cordes courtes pour les aigus. D’après Case Western Reserve University, le calmar semble régler de la même manière la longueur de ses touffes pour accorder ses cellules à différentes fréquences. Dans la ligne latérale des poissons, les touffes ne varient pas en longueur.
Sous l’eau, entendre revient à sentir l’eau bouger : ScienceAlert en donne quelques exemples : le frétillement d’une proie, un rivage lointain ou un courant. Brian McDermott y voit aussi une piste pour la médecine : « Souvent, quand un enfant naît sourd ou qu’une personne entendante perd l’audition, c’est la touffe de cils qui a été endommagée. » Selon lui, étudier celle du calmar pourrait aider à comprendre comment survient la surdité.
Et chez nous ?
Combien d’adultes entendent mal en France ?
En France, 25 % des adultes de 18 à 75 ans ont une forme de déficience auditive, et 4 % une déficience invalidante. Ces chiffres viennent de la cohorte Constances : 186 460 volontaires ont passé des tests auditifs entre 2012 et 2019 (Inserm, juin 2022). Seuls 37 % des adultes atteints d’une déficience invalidante portaient un appareil auditif.
Sur 100 adultes de 18 à 75 ans en France, 2,5 vivent avec une déficience auditive invalidante sans appareil auditif (Inserm, cohorte Constances, 2022). Cela fait environ un adulte sur quarante.
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Dans le monde, l’OMS recense 430 millions de personnes qui ont besoin d’une réadaptation de l’audition. Elles représentent plus de 5 % de la population (aide-mémoire du 3 mars 2026). L’organisation en prévoit plus de 700 millions en 2050, soit une personne sur dix. Le chiffre mondial couvre tous les âges, alors que celui de Constances s’arrête à 75 ans.
Pourquoi parler de ressemblance plutôt que d’héritage ?
Les pièces ne sont pas les mêmes, précise le résumé de l’étude : les lignes latérales des céphalopodes se distinguent de celles des poissons par la composition du cytosquelette des touffes. Elles diffèrent aussi par leur forme et par la position des cellules réceptrices. Le point commun avec l’oreille humaine tient au réglage des touffes par leur longueur.
Ce calmar avait déjà livré un parallèle de ce genre. En 2022, l’équipe de Kristen Koenig, à Harvard, montrait que les cellules souches de sa rétine se comportent pendant le développement comme celles des vertébrés. À elle seule, une espèce vivante montre une solution, mais elle ne dit pas si cette solution vient d’un ancêtre commun ou a été trouvée deux fois. Pour trancher, la biologie de l’évolution confronte l’espèce vivante aux deux autres archives de l’évolution, le fossile et le génome.
Vrai ou faux ?
Chez le calmar, les cellules ciliées ne se trouvent que sur la tête et les bras.
Faux. Selon l’étude de Current Biology, le manteau porte aussi des rangées de touffes de cils, reliées au ganglion stellaire.
Dans la ligne latérale des poissons, les touffes de cils ont toutes la même longueur.
Vrai. D’après Case Western Reserve University, leur longueur ne varie pas, contrairement à celle des touffes du calmar et de l’oreille humaine.
Les cellules ciliées du calmar sont faites des mêmes matériaux que celles des poissons.
Faux. Le résumé de l’étude signale un cytosquelette de composition différente, une autre forme et une autre position des cellules.
Une partie de ces travaux a été menée au Marine Biological Laboratory de Woods Hole, dans le Massachusetts, grâce à une bourse de trois ans consacrée à l’ouïe du calmar.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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