
En 1718, le gouverneur Woodes Rogers notait depuis Nassau qu’il pouvait compter quarante épaves brûlées et coulées par les pirates sur le rivage du port. Trois cents ans plus tard, personne n’avait encore plongé dans cette zone fermée pour y vérifier. Le 4 juin 2026, la New Providence Pirates Expedition et la société de production Wreckwatch TV ont levé le voile sur ce qui s’y trouve : six épaves découvertes lors de la premiere exploration autorisée du port, dont trois présentent des liens directs avec l’âge d’or de la piraterie, cette periode explosive entre les années 1690 et 1720 où Nassau était la capitale mondiale des forbans.
Nassau sur l’île de New Providence, Bahamas, c’était la « Piratetown » : un port qui a accueilli jusqu’à 1 000 pirates à son apogée vers 1715, le repaire de Barbe-Noire, de Benjamin Hornigold, de Calico Jack Rackham et d’Anne Bonny. Jusqu’à présent, pas un seul de leurs bateaux n’avait jamais été retrouvé dans ces eaux. L’expédition a été menée avec l’autorisation formelle de l’Antiquities, Monuments and Museum Corporation des Bahamas.

Des canons, des balles et des pipes comme horloge
Les plongeurs ont d’abord localisé plusieurs épaves à environ 34 kilometres à l’est de Nassau : des canons en fer, des balles de mousquet en plomb et une pierre à affûter pour épées gisent sur le fond sableux. Sur l’une des épaves, l’archéologue sous-marin et co-directeur du projet, le Dr Michael Pateman, décrit un armement lourd en pierriers, ces canons pivotants fixés sur les rambardes de pont, arme de prédilection des pirates pour balayer les équipages ennemis d’un tir de mitraille à courte portée. A l’intérieur du port de Nassau lui-même, les plongeurs ont trouvé un tas de lest en pierre qui maintenait encore la coque en bois de l’épave. Les membrures et bordages du navire étaient assemblés avec des chevilles en bois, une technique de construction navale typique du XVIIIe siecle. La coque elle-même était carbonisée. « Après avoir saisi un navire, les pirates brûlaient les coques jusqu’à la ligne de flottaison pour effacer les preuves de leurs crimes. Cette coque montre tous les signes d’un méfait de pirate », indique Pateman.
La troisième découverte est peut-être la plus précieuse pour comprendre l’après-piraterie. Sous l’ancien pont de Nassau, dans une zone que des travaux de construction d’un port de plaisance étaient censés avoir détruite, les plongeurs ont trouvé des planches de coque, du gréement, des bouteilles en verre et des briques de la cuisine du bord. Surtout, des dizaines de pipes en terre cuite émergeaient du sable, décorées d’une licorne, d’un cheval, d’une couronne et du blason royal anglais. La datation est précise : ce type de pipe était fabriqué à Londres vers les années 1740, soit une vingtaine d’années apres la fin de la periode pirate. Ce cargo de vin en bouteille et de pipes de luxe documente la renaissance de Nassau comme port de commerce ordinaire, reprenant vie après l’anarchie.

Le Fancy d’Henry Avery, piste ouverte
L’expédition évoque aussi une piste sur l’identité possible d’une des épaves : le Fancy, le navire du capitaine Henry Avery, auteur en 1695 du plus grand pillage de l’histoire de la piraterie en saisissant des navires moghols chargés de richesses. Le lien n’est pas établi : les archéologues parlent d’une possibilité, pas d’une certitude. Un documentaire diffusé a partir du 4 juin 2026, produit par Sean Kingsley et Chris Atkins pour Wreckwatch TV, et le numero de Wreckwatch Magazine publié le même jour présentent les premiers résultats de la New Providence Pirates Expedition. Le projet livre également le premier modele 3D historiquement précis de ce qu’était Nassau vers 1715.
Pour la France, cette archéologie sous-marine parle à un goût ancien. Les sites de plongée sur épaves historiques attirent chaque année des milliers de plongeurs français, de Manche en Méditerranée. Et les collections de musées nationaux, du Musée de la Marine au MuCEM, conservent des armes et instruments de navigation de la même époque qui trouvent ici un écho inattendu.
En bref
Combien d’épaves ont été trouvées dans le port de Nassau ?
Six épaves au total, dont trois présentent des liens avec l’âge d’or de la piraterie (années 1690-1720). Les trois autres datent de périodes différentes.
Qu’est-ce que prouve l’épave carbonisée ?
La coque brûlée jusqu’à la ligne de flottaison est une signature documentée de la pratique pirate : après avoir pillé un navire, on le brûlait pour effacer les preuves. C’est ce que montrent la coque et les membrures retrouvées dans le port.
À quoi servent les pipes en terre cuite pour dater l’épave ?
Les pipes décorées d’une couronne et du blason royal anglais correspondent à un style de fabrication londonien des années 1740. Elles permettent de dater l’épave avec précision, comme une horloge enfouie dans le sable.
Est-ce que l’une des épaves est celle d’Henry Avery ?
C’est une hypothèse mentionnée par les chercheurs, pas une certitude établie. Avery avait disparu après 1695 et le sort de son navire, le Fancy, reste non résolu à ce jour.
Où voir les résultats de cette expédition ?
Un documentaire produit par Wreckwatch TV est diffusé à partir du 4 juin 2026, et un numéro de Wreckwatch Magazine publié le même jour présente les premiers résultats scientifiques.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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