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En 2024, chaque habitant a payé en moyenne 292 euros de sa poche pour se soigner, une fois la Sécurité sociale, l’État et la complémentaire passés par là, contre 276 euros un an plus tôt. C’est ce que mesure la fiche reste à charge des comptes de la santé de la DREES, le service statistique du ministère. Le détail compte : ce reste à charge augmente de 5,8 % en un an, presque trois fois plus vite que l’inflation (+2,0 %). Et surtout, il interrompt une longue baisse. On présente volontiers la France comme championne de la couverture publique, et elle l’est encore. La nouveauté de 2024, c’est que le curseur de ce qui reste à payer a recommencé à bouger dans le mauvais sens.
En bref
- Le reste à charge moyen en santé atteint 292 euros par habitant en 2024, contre 276 en 2023.
- Il remonte à 7,8 % de la dépense de soins, après une baisse continue de 2010 à 2019.
- Le doublement des franchises a fait grimper les participations des assurés de 35,1 %, de 1,8 à 2,5 milliards d’euros.
- Ce sont les médicaments et les soins de ville qui pèsent le plus dans cette facture personnelle.
Une bascule discrète après quinze ans de baisse
Le chiffre qui mérite qu’on s’arrête, ce n’est pas le montant, c’est le sens de la flèche. La part de la dépense de soins laissée aux ménages, appelée taux de reste à charge, était passée de 10,1 % en 2010 à 8,5 % en 2019, soit une baisse régulière, année après année. La crise du Covid l’avait encore tirée vers le bas en 2020, l’Assurance maladie prenant à sa charge l’essentiel des soins exceptionnels. En 2024, cette part remonte à 7,8 %, contre 7,7 % en 2023. Un dixième de point, cela paraît minuscule. C’est pourtant la première fois depuis quinze ans que la tendance s’inverse, et c’est ce retournement que le graphique ci-dessous donne à voir d’un coup d’oeil.

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La courbe descend, puis se redresse à droite. Ce que la DREES attribue d’abord à deux décisions récentes : le doublement des franchises médicales et la baisse du taux de remboursement des soins dentaires, passé de 70 % à 60 % fin 2023. Autrement dit, ce n’est pas un dérapage des prix, c’est un choix de financement qui glisse une part un peu plus grande vers le portefeuille des patients.

Deux euros par consultation, un euro par boîte
Le levier le plus visible au quotidien tient en quelques pièces de monnaie. Depuis le 31 mars 2024, la franchise sur chaque boîte de médicaments est passée de 0,50 à 1 euro, et la participation forfaitaire est montée de 1 à 2 euros par consultation chez le médecin à partir du 15 mai. Ces sommes paraissent dérisoires prises une à une. Mises bout à bout sur une année et sur 68 millions d’habitants, elles changent d’échelle : les participations des assurés ont bondi de 35,1 %, passant de 1,8 milliard d’euros en 2023 à 2,5 milliards en 2024. La DREES précise un point qui fait toute la différence : ces franchises ne sont quasiment jamais remboursées par les complémentaires santé. Contrairement à un ticket modérateur classique, votre mutuelle ne les rattrape pas. Elles tombent directement sur vous, à la caisse de la pharmacie comme au cabinet.
Tout le monde croise ce mécanisme sans toujours le nommer. Le débat sur ce que la collectivité rembourse n’est pas neuf : nous avions raconté comment la Haute Autorité de santé a ouvert la voie au premier remboursement d’une thérapie numérique pour les enfants asthmatiques, à l’autre bout de la même logique, celle qui décide chaque jour ce qui est pris en charge et ce qui ne l’est pas.

Qui paie quoi, poste par poste
Tous les soins ne pèsent pas pareil sur le porte-monnaie. Le reste à charge varie fortement selon ce dont on a besoin, et c’est là que se cachent les vraies inégalités de la facture. Sur les soins à l’hôpital, la part laissée au patient reste très faible, 2,2 % de la dépense, parce que les personnes hospitalisées sont souvent en affection de longue durée et donc mieux couvertes. À l’opposé, les dispositifs médicaux comme l’optique ou les aides auditives laissent 17,4 % à régler soi-même, malgré la réforme du 100 % santé. Entre les deux se logent les soins de ville (11,7 %) et les médicaments en pharmacie (12,6 %). Le tableau qui suit met ces écarts côte à côte, source à l’appui.
| Poste de soins | Part payée par le ménage (2024) | Reste à charge par habitant |
|---|---|---|
| Soins hospitaliers | 2,2 % | 40 euros |
| Soins de ville (médecins, dentistes, labos) | 11,7 % | 133 euros |
| Médicaments en pharmacie | 12,6 % | 63 euros |
| Dispositifs médicaux (optique, audio) | 17,4 % | 55 euros |
Rapportés au quotidien, ces 292 euros se répartissent donc avant tout sur les soins de ville, premier poste financé directement par les ménages avec 133 euros par tête. Ce sont les consultations, les analyses, le kiné, le dentiste, ce qu’on règle au comptoir et qu’on oublie vite. Pour qui se soigne peu, la somme reste théorique. Pour une famille avec des lunettes à renouveler, un appareil auditif ou un traitement chronique mal remboursé, elle peut grimper bien au-delà de la moyenne.
La France garde l’un des restes à charge les plus bas de l’OCDE, comme le confirme le panorama Health at a Glance 2025 de l’OCDE, c’est un acquis réel et il vaut la peine d’être défendu. Mais le doublement des franchises de 2024 n’est sans doute pas le dernier ajustement du genre. La vraie question pour les prochaines années n’est plus de savoir si l’on est bien couverts. C’est de surveiller, ligne par ligne, ce que l’on glisse discrètement de l’autre côté du guichet.
Questions courantes
Qu’est-ce que le reste à charge en santé ?
C’est ce que vous payez réellement de votre poche pour vous soigner, une fois la Sécurité sociale, l’État et votre complémentaire passés par là. En 2024, il atteint 292 euros par habitant en moyenne.
Pourquoi remonte-t-il en 2024 ?
Surtout à cause du doublement des franchises médicales et de la baisse du remboursement des soins dentaires. La part payée par les ménages passe de 7,7 % à 7,8 % de la dépense de soins, après quinze ans de baisse.
Ma mutuelle rembourse-t-elle les franchises de 1 et 2 euros ?
Non, dans la quasi-totalité des cas. La DREES rappelle que ces franchises ne sont presque jamais prises en charge par les complémentaires : elles restent à votre charge directe.
Quels soins coûtent le plus cher au patient ?
En proportion, les dispositifs médicaux comme l’optique et les aides auditives (17,4 % à payer soi-même). En montant, ce sont les soins de ville qui pèsent le plus, à 133 euros par habitant.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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