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Décryptage
Publié le 18 septembre 2026 · Mis à jour le 22 septembre 2026 à 16h46
Vous avez sous votre lavabo des produits qui peuvent être rappelés du jour au lendemain, et l’État tient la liste. Au 18 septembre 2026, RappelConso avait publié 2 450 fiches de rappel depuis le 1er janvier, dont 1 616 sur des aliments et 64 sur des produits d’hygiène-beauté. Ce site, alimenté par quatre directions de l’administration française, est le point d’entrée officiel des produits dangereux retirés du marché. Aux États-Unis, la même semaine, l’agence sanitaire fédérale classait au deuxième niveau de risque un rappel portant sur six savons pour les mains contaminés par des bactéries.
En bref
- 2 450 fiches de rappel publiées sur RappelConso entre le 1er janvier et le 18 septembre 2026, contre 3 148 sur l’année 2025 entière.
- L’alimentation en concentre 66 %. Les 834 autres fiches se répartissent sur neuf familles, de l’automobile aux équipements de communication.
- 1 870 fiches portent la mention « volontaire (sans arrêté préfectoral) », 143 la mention « imposé par arrêté préfectoral ».
- Le remboursement est la seule compensation indiquée dans 1 481 fiches.
- Trois flux RSS (tous produits, par mot-clé, par catégorie) préviennent au fil de l’eau. Rien n’est envoyé par défaut.
Six savons, cinq bactéries et deux mois d’attente
Intercon Chemical Co., fabricant installé à Saint-Louis (Missouri), a lancé son rappel de lui-même le 29 juin 2026, sur 2 696 caisses de savon pour les mains. La Food and Drug Administration ne l’a classé en catégorie II que le 11 septembre. Dans la nomenclature américaine, cette catégorie désigne un produit dont l’exposition peut entraîner des effets sanitaires temporaires ou réversibles, la probabilité d’une conséquence grave étant jugée faible.
Les deux références portant la marque Intercon étaient susceptibles d’héberger cinq souches : Pseudomonas aeruginosa, Pseudomonas putida, Pseudomonas monteilii, Serratia marcescens et Serratia nematodiphila. Quatre autres savons complètent la liste des six, vendus sous les noms Summit 150, Vestis et Laura Lynn, en formats de 7,5 à 33,8 onces liquides. Les lots sont partis vers vingt destinataires, dix-neuf grossistes et un détaillant, répartis dans quinze États dont la Californie, le Texas et l’État de New York, selon le registre d’application de la FDA (dossier 99466) et le compte rendu qu’en a fait Quartz. Ces bactéries peuvent provoquer des infections du sang, des poumons et des voies urinaires, rappellent les Centers for Disease Control and Prevention cités par Today.
Le rappel ne couvre que des destinataires américains, et aucun pays tiers. Ce qui traverse l’Atlantique, c’est la question de fond : où est la liste française, et qui la tient ?

Catégorie par catégorie, l’alimentation écrase le reste
Les données ouvertes qui alimentent le site permettent de trier les fiches par date de publication et par catégorie. Sur celles parues depuis le 1er janvier, 1 616 relèvent de l’alimentation. Les 834 restantes se répartissent sur neuf familles, des sièges auto aux rallonges électriques, avec une hiérarchie qui bouge peu d’une année sur l’autre.

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La lecture tient en une ligne : une fiche sur trois ne concerne pas ce que vous mangez.
| Catégorie | 2026, au 18 septembre | Part de 2026 | 2025, année entière |
|---|---|---|---|
| Alimentation | 1 616 | 66,0 % | 2 319 |
| Bébés-enfants (hors alimentaire) | 248 | 10,1 % | 254 |
| Automobiles et moyens de déplacement | 216 | 8,8 % | 214 |
| Appareils électriques, outils | 103 | 4,2 % | 72 |
| Vêtements, mode, EPI | 80 | 3,3 % | 42 |
| Hygiène-beauté | 64 | 2,6 % | 69 |
| Maison-habitat | 55 | 2,2 % | 99 |
| Autres | 38 | 1,6 % | 49 |
| Sports-loisirs | 28 | 1,1 % | 28 |
| Équipements de communication | 2 | 0,1 % | 2 |
| Total | 2 450 | 100 % | 3 148 |
Deux familles ont déjà dépassé leur total de 2025 alors que l’année n’est pas finie : les vêtements, la mode et les équipements de protection individuelle (80 fiches contre 42 sur douze mois), et les appareils électriques et l’outillage (103 contre 72). À l’inverse, la maison et l’habitat sont retombés de 99 fiches à 55, et les produits pour bébés et enfants tiennent leur niveau, 248 contre 254.
Qui décide un rappel, et qui ne le décide pas
Chaque fiche de rappel affiche aussi sa nature juridique, et c’est le champ qui dit qui a décidé. En 2026, 1 870 fiches portent la mention « volontaire (sans arrêté préfectoral) » et 143 la mention « imposé par arrêté préfectoral » ; 437 laissent le champ vide. La quasi-totalité des rappels français sont donc déclenchés par l’entreprise elle-même, le préfet n’imposant la procédure que dans une petite minorité de cas.
Quatre directions de l’administration alimentent le site : la direction générale de l’alimentation, celle de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, celle de l’énergie et du climat, celle de la prévention des risques. Un rappel apparaît donc au même guichet qu’il vienne d’un laboratoire cosmétique, d’un constructeur automobile ou d’un fabricant de chauffage.
Le rythme, lui, s’est accéléré. Les 2 450 fiches publiées en 261 jours ramènent la cadence à 9,4 rappels par jour, contre 8,6 l’an dernier. AAP comptait 3 148 fiches pour 2025, réparties sur douze mois.
L’hygiène-beauté, 64 fiches et une bactérie dans un gel douche
Les 64 fiches d’hygiène-beauté de 2026 se divisent en trois sous-familles : 52 cosmétiques, 7 produits de tatouage et 5 dispositifs médicaux grand public. Trois d’entre elles mentionnent un risque microbiologique, exactement le motif du rappel américain.
L’une concerne un gel douche mangue et passion de 250 millilitres vendu sous la marque U, rappelé le 15 mai 2026 pour « présence de la bactérie Burkholderia Cepacia, susceptible de provoquer dans des cas exceptionnels des infections chez certaines personnes ». La fiche officielle donne la période de commercialisation (du 4 novembre 2025 au 12 mai 2026), la conduite à tenir (ne plus utiliser, rapporter au point de vente ou détruire), un numéro de téléphone et la compensation : remboursement. Les deux autres fiches visent un shampooing activateur de boucles, rappelé le 14 août pour un contrôle microbiologique non conforme, et un baume émollient retiré le 20 juillet par précaution sur un seul lot.
Sur l’année 2025 entière, cette catégorie avait totalisé 69 fiches. À ce volume, une fiche d’hygiène-beauté sort en moyenne tous les quatre jours.
Comment être prévenu, et quoi faire du flacon
Le site RappelConso se consulte librement, mais rien ne vous prévient si vous ne le demandez pas. Sa page de veille propose trois flux RSS : un flux général sur tous les produits, un flux par mot-clé et un flux par catégorie, déclinable sur les dix familles. C’est le deuxième qui sert au quotidien : un mot-clé comme « gel douche », un nom de marque ou celui de votre enseigne filtre le bruit.
Un réflexe à corriger tout de suite : s’abonner au seul flux alimentation laisse dehors un tiers des fiches, soit trois rappels par jour en moyenne. Les mêmes données sortent aussi en CSV, JSON et Excel, et par interface de programmation, sous Licence ouverte 2.0, depuis la fiche du jeu de données publiée par le ministère de l’Économie.
Une fois le produit repéré, la fiche fait foi. Elle porte la conduite à tenir, un numéro de contact et la modalité de compensation. En 2026, 1 481 fiches indiquent le remboursement comme seule option, 207 le remboursement ou l’échange, 89 l’échange seul et 14 la réparation. Il reste 168 fiches qui renvoient à un « autre » arrangement, détaillé dans les informations complémentaires.
Tous les produits ne passent pas par ce circuit. Les effets indésirables des compléments alimentaires, par exemple, relèvent d’un autre guichet public, la nutrivigilance de l’Anses, qui a enregistré 9 172 signalements depuis 2009. Un signalement n’est pas un rappel : le premier remonte du consommateur, le second redescend du fabricant.

Le geste utile tient en deux minutes : ouvrir la page de la catégorie qui vous concerne, coller son flux RSS dans votre lecteur ou votre messagerie, et ajouter un mot-clé pour le rayon que vous achetez le plus souvent. La prochaine fiche tombera sans que vous ayez à y penser.
Questions courantes
Combien de temps un rappel reste-t-il consultable ?
Les fiches ne disparaissent pas. La base publique remonte au 19 janvier 2018 et comptait 18 629 fiches toutes catégories confondues au 18 septembre 2026.
Un rappel a-t-il une date de fin ?
Oui. Chaque fiche porte un champ « date de fin de la procédure de rappel », distinct de la date de publication, ainsi qu’un champ « zone géographique de vente » qui peut se limiter à quelques départements au lieu de la France entière.
Les rappels de voitures passent-ils par le même site ?
Oui. « Automobiles et moyens de déplacement » est l’une des dix catégories du site, et la deuxième en volume depuis 2018 avec 1 756 fiches, derrière l’alimentation et ses 13 733 fiches.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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