Un fauteuil tout-terrain à trois roues progresse sur un sentier de montagne caillouteux au-dessus de la vallée de Chamonix, entouré de plusieurs accompagnateurs.

En fauteuil sur l’UTMB, Pierre Cabon a terminé la MCC hors délai

Pierre Cabon a rallié Chamonix en fauteuil tout-terrain le 24 août 2026 sur la MCC de l’UTMB, 40 kilomètres et 2 350 mètres de dénivelé positif, au-delà de la barrière horaire de dix heures : arrivée bouclée, pas de classement dans les temps. Six coéquipiers autour du fauteuil, dans le cadre de Team Adaptive, le programme que l’organisateur a lancé en 2024.

Sommaire
  1. En bref
  2. La barrière horaire, elle, n’a pas bougé
  3. Un harnais devant, des poignées derrière
  4. Le désert d’abord, la montagne ensuite
  5. Quatre fauteuils de plus sur le tracé, vendredi
  6. Team Adaptive, la porte d’entrée par où passe le dossard
  7. Questions courantes

Récit

Publié le 25 août 2026 · Mis à jour le 6 septembre 2026 à 11h11

Pierre Cabon a rallié Chamonix en fauteuil tout-terrain sur la MCC de l’UTMB Mont-Blanc, partie de Martigny-Combe le lundi 24 août 2026 à 10 heures : 40 kilomètres, 2 350 mètres de dénivelé positif, dix heures de barrière horaire pour tout le monde. Il a rejoint l’arrivée au-delà de ces dix heures, donc sans classement dans les temps, avec six coéquipiers autour du fauteuil. Paraplégique depuis l’attentat du Bataclan en novembre 2015, il était engagé par Team Adaptive, le programme que l’organisateur a lancé en 2024. On retient surtout la barrière horaire. C’est le seul chiffre qui s’applique de la même façon, assis ou debout.

En bref

  • Départ le lundi 24 août 2026 à 10 heures depuis Martigny-Combe, en Suisse, arrivée à Chamonix : 40 kilomètres et 2 350 mètres de dénivelé positif.
  • Barrière horaire de dix heures, la même que pour les autres partants de la course.
  • Arrivée à Chamonix au-delà de ces dix heures : pas de classement dans les temps, une course bouclée quand même.
  • Six coéquipiers autour du fauteuil, chiffre donné par l’organisateur sur sa page Team Adaptive, le programme qu’il a lancé en 2024 et qui aligne quinze athlètes en 2026.
  • La mécanique vient du désert marocain : un harnais d’expédition à l’avant, des poignées à l’arrière, une équipe qui se relaie.
  • Quatre autres athlètes en fauteuil ont parcouru environ 170 kilomètres du tracé de l’UTMB à partir du vendredi 28 août.

La barrière horaire, elle, n’a pas bougé

Le 24 août 2026, un athlète en fauteuil s’est aligné sur la MCC de l’UTMB Mont-Blanc : 40 kilomètres et 2 350 mètres de dénivelé positif entre Martigny-Combe et Chamonix, avec la même barrière horaire de dix heures que pour les coureurs valides. Ces chiffres sont ceux de la fiche officielle de la course, qui fixe le départ à 10 heures côté suisse et l’arrivée dans la vallée de Chamonix. Le programme jour par jour de l’édition 2026 donne les mêmes valeurs.

Dix heures pour 40 kilomètres et 2 350 mètres de montée, cela fait 4 kilomètres par heure à tenir de bout en bout, ravitaillements et passages techniques compris. C’est l’allure d’un marcheur sur du plat. Sur les sentiers du massif, avec un fauteuil, c’est un autre métier.

Aucun régime particulier n’a été prévu. AAP racontait déjà ce que ces horloges imposent sur les 90 km du Mont-Blanc : une heure limite, un poste, un signaleur qui referme le passage.

Un harnais devant, des poignées derrière

La mécanique tient en trois pièces : un fauteuil tout-terrain à trois roues, des poignées à l’arrière pour pousser, un harnais à l’avant pour tirer. Le principe a été mis au point pour le sable, pas pour la pierre. Lepape-Info le décrivait ainsi en 2024 : « quelqu’un qui pousse derrière le fauteuil avec des poignées et à l’avant un système de harnais d’expédition polaire qui fonctionne comme une pulka ».

Sur la MCC, plusieurs coéquipiers se sont relayés autour du fauteuil tout au long du parcours. Le projet avait été annoncé avant le départ par CNEWS et par un entretien franceinfo en replay radio. Le nombre est désormais tranché à la source : la page Team Adaptive de l’organisateur écrit qu’il prend la MCC « alongside six teammates », six coéquipiers, avec un fauteuil adapté. Un compte rendu de course donnait déjà le même chiffre.

Sur un sentier raide, un accompagnateur tire un fauteuil tout-terrain avec un harnais tandis qu’un autre pousse par les poignées arrière.
Le dispositif vient du désert marocain : un harnais d’expédition à l’avant, des poignées à l’arrière.

Le désert d’abord, la montagne ensuite

Ce départ ne sort pas de nulle part : il vient d’une filière ouverte dans les dunes. En 2023, une phase de test du Marathon des Sables avait fait parcourir 55 kilomètres à un équipage en fauteuil, comme le rappelait SPORTMAG. En octobre 2024, la première édition du Handi Marathon des Sables a aligné dix équipes, soit trente participants, sur trois étapes de 70 à 120 kilomètres au milieu d’environ 600 coureurs valides.

Mises bout à bout, ces étapes dessinent une progression en trois ans.

Les équipages en fauteuil sur les grandes courses nature, 2023-2026
DateÉpreuveDistanceRepère
2023Marathon des Sables, phase de test55 kmValidation du dispositif en trio
12-19 octobre 2024Handi Marathon des Sables, 1re édition70 à 120 km en 3 étapes10 équipes, 30 participants
24 août 2026MCC, UTMB Mont-Blanc40 km, 2 350 m D+Barrière horaire de 10 heures
28-30 août 2026Projet HOPE, tracé de l’UTMBenv. 170 km, 10 000 m D+4 athlètes engagés

Le saut est net : le dénivelé devient la variable, la distance passe au second plan. C’est aussi ce que décrivent les encadrants handisport quand on leur demande ce qui change entre une piste et un sentier.

Quatre fauteuils de plus sur le tracé, vendredi

La suite, elle, était déjà datée. Delia Guggenheim, Aubin Barillon, Caroline Fruchaud et Federico Rossi se sont élancés de Chamonix le vendredi 28 août 2026 à 11 heures pour parcourir environ 170 kilomètres et 10 000 mètres de dénivelé positif du tracé de l’UTMB, l’arrivée étant fixée au dimanche 30 avant 16 h 30. Cela laisse un peu plus de cinquante-trois heures.

Le projet HOPE, porté par le groupe UTMB et le Marathon des Sables, prévoyait six à huit accompagnateurs par athlète, dont au moins un membre du personnel médical, et des fauteuils tout-terrain à trois roues. Le tracé n’était modifié qu’aux endroits où le fauteuil ne passait pas en sécurité.

Ils sont allés au bout. Le compte rendu publié depuis par Presse Agence titre sur quatre athlètes en fauteuil qui « domptent » l’UTMB. Leurs parcours n’ont rien de commun : Delia Guggenheim, 23 ans, Suissesse, ancienne ultra-traileuse et triathlète Ironman, paraplégique depuis 2025 ; Aubin Barillon, 32 ans, paraplégique depuis ses 13 ans, basketteur en fauteuil ; Caroline Fruchaud, 33 ans, paraplégique depuis un accident de ski en 2018 ; Federico Rossi, 32 ans, Italien, paraplégique depuis ses 14 ans.

Un détail change la lecture de l’exploit : l’athlète n’est pas transporté. Il propulse lui-même dans les montées et gère son équilibre dans les descentes, l’équipe tirant et poussant autour de lui.

Entre ces expéditions et la vie sportive ordinaire, il reste le prix du matériel et celui de la licence. Le pass Sport 2026-2027 vise justement, parmi ses quatre publics, les 6-19 ans bénéficiaires de l’AEEH et les 16-30 ans bénéficiaires de l’AAH : 50 euros déduits de l’adhésion en club, pour toute inscription conclue entre le 1er septembre et le 31 décembre 2026.

Reste la question que tout le monde posait. Elle a sa réponse. L’équipage a rejoint Chamonix, mais au-delà des dix heures de barrière horaire : le média qui a suivi l’arrivée rapporte ce dépassement, que Pierre Cabon a lui-même reconnu sur son compte Instagram. Aucun classement dans les temps, donc, et un finish quand même, ce que les comptes rendus publiés depuis appellent le premier finisher en fauteuil d’une course de l’UTMB.

Le fauteuil avait été construit pour cela : dix-sept kilos, deux grandes roues à l’arrière, une roue à l’avant et un châssis allongé pour laisser la place aux poignées de l’équipe. Pierre Cabon en retient le collectif : « C’est l’histoire d’une équipe qui n’a rien lâché ».

Team Adaptive, la porte d’entrée par où passe le dossard

Un dossard en fauteuil sur une course de l’UTMB ne se demande pas au guichet : il passe par un programme de l’organisateur. La page Team Adaptive de HOKA UTMB Mont-Blanc indique que l’initiative a été lancée en 2024 et qu’elle s’adresse aux athlètes qui peuvent courir de façon autonome mais dont le handicap rend la participation plus difficile, selon des critères visuels, intellectuels ou physiques. L’assistance y passe d’abord par un guide : sécurité, navigation, aide directe. Les candidatures pour l’édition 2026 sont closes.

Pour 2026, cette page liste quinze athlètes engagés sur la semaine, encadrés par un manager, Boris Ghirardi. Ils sont répartis sur presque toutes les distances de l’événement : UTMB, CCC, TDS, OCC, PTL, ETC et MCC. Pierre Cabon n’était pas le seul du groupe sur la MCC, Franck Derrien et Nicolas Ronget y figurent aussi.

La notice que l’organisateur lui consacre donne le reste du parcours : 35 ans, Parisien, fondateur en 2018 de la plateforme média Wheeled World, traversée de la Nouvelle-Zélande en tandem en 2020, Kilimandjaro en 2022, puis, en 2023, le premier finish en fauteuil du Marathon des Sables, cette phase de test de 55 kilomètres. Entre le sable et la MCC, la distance a baissé et le dénivelé a pris toute la place.

Deux repères de la même semaine donnent l’échelle. Julien Veysseyre, amputé tibial et membre du même groupe, a terminé l’UTMB le dimanche 30 août en 44 heures 16 minutes et 4 secondes, dans les délais. Le projet HOPE, lui, a fait rouler quatre fauteuils sur environ 170 kilomètres du tracé. Un fauteuil sur 40 kilomètres, une prothèse sur 170 : le même programme, des règles d’assistance différentes, et une seule barrière horaire par course.

Questions courantes

Quelle course de l’UTMB Pierre Cabon a-t-il prise ?
La MCC, qui relie Martigny-Combe en Suisse à Chamonix : 40 kilomètres et 2 350 mètres de dénivelé positif, départ le lundi 24 août 2026 à 10 heures.

La barrière horaire était-elle aménagée ?
Non. La fiche officielle de la course fixe dix heures pour tous les partants, sans régime particulier.

Comment un fauteuil passe-t-il sur un sentier de montagne ?
Avec un fauteuil tout-terrain à trois roues, des poignées à l’arrière pour pousser, un harnais d’expédition à l’avant pour tirer, et une équipe qui se relaie sur le parcours.

A-t-il terminé la course ?
Oui, l’équipage a rejoint Chamonix, mais au-delà de la barrière horaire de dix heures, un dépassement que Pierre Cabon a lui-même reconnu. Les comptes rendus publiés depuis parlent d’un finish en fauteuil sur une course de l’UTMB ; il n’y a pas de classement dans les temps.

Combien de coéquipiers l’accompagnaient ?

Six, chiffre donné par l’organisateur sur sa page Team Adaptive. Ils se relayaient au harnais à l’avant et aux poignées à l’arrière, l’athlète propulsant lui-même dans les montées.

Comment obtient-on un dossard en fauteuil sur l’UTMB ?

Par Team Adaptive, le programme lancé en 2024 par l’organisateur, ouvert aux athlètes dont le handicap visuel, intellectuel ou physique rend la participation plus difficile. Quinze athlètes y figuraient en 2026, et les candidatures pour cette édition sont closes.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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