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Trois minutes, un livre choisi soi-même, et une salle entière qui se tait. Le 24 juin, quinze écoliers de CM1 et CM2 vont vivre cette scène pour de vrai, sur les planches du Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris. C’est la grande finale des « Petits champions de la lecture », ce grand jeu national de lecture à voix haute auquel plus de 220 000 enfants ont pris part cette année, soit plus d’un élève de CM1-CM2 sur dix. Derrière le trac de ces quinze-là, il y a une question qui parle à tous les parents et à tous les enseignants : qu’est-ce que lire à voix haute change, au juste, chez un enfant ?
En bref
- Plus de 220 000 enfants de CM1-CM2 ont participé à l’édition 2025-2026, plus d’un élève sur dix de ce niveau (source : ministère de l’Éducation nationale).
- La finale réunit 15 finalistes le 24 juin au Théâtre de la Porte Saint-Martin, chacun avec trois minutes de lecture.
- Le jeu est une initiative du Syndicat national de l’édition, sous le haut patronage des ministères de l’Éducation et de la Culture.
- Lire à voix haute aide à mieux mémoriser et comprendre un texte, selon plusieurs travaux de recherche.
De la salle de classe à la grande scène
Le principe tient en une phrase : chaque élève choisit un roman jeunesse et en lit un extrait de trois minutes, debout, devant les autres. Tout part de la classe. Les enfants désignent eux-mêmes celui ou celle qui les a le plus embarqués. Vient ensuite une finale départementale, puis une demi-finale régionale, et enfin la finale nationale dans un grand théâtre. De quelques camarades assis en rang à une salle parisienne comble, le chemin est long, et il se parcourt sur toute une année scolaire.
Cette année, ils sont quinze à l’avoir bouclé : un finaliste pour chaque région de métropole, un représentant de l’Outre-mer venu de Mayotte, et une finaliste Monde venue du Brésil, pour les établissements français de l’étranger. Chacun lira l’extrait d’un des quinze romans coups de cœur parus en 2025, sélectionnés par un comité. Et chacun aura, à ses côtés, l’autrice ou l’auteur du livre qu’il a choisi, rencontré quelques semaines plus tôt dans sa classe.

Le jeu n’a rien d’une niche confidentielle. Entièrement gratuit, il est porté par le Syndicat national de l’édition, sous le haut patronage des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, et présidé par Antoine Gallimard. L’autrice jeunesse Clémentine Beauvais en est la marraine. Surtout, il a été pensé pour que personne ne reste sur le bord : les élèves allophones, ceux qui ont des troubles dys ou un handicap y ont toute leur place. On ne sélectionne pas des champions, on donne une scène.
Ce que la voix haute fait vraiment
Au-delà de l’événement, l’exercice a des effets que la recherche documente depuis longtemps. Lire à haute voix aide d’abord à mieux retenir : le psychologue canadien Colin MacLeod a montré qu’on mémorise davantage un texte qu’on prononce qu’un texte parcouru en silence, et le bénéfice vaut autant pour celui qui lit que pour ceux qui écoutent. Une synthèse du Projet Voltaire rappelle aussi qu’oraliser un texte en améliore la compréhension, à condition d’être bien accompagné.
La chercheuse Erika Godde, dans la revue The Conversation, insiste sur un point que les parents sentent d’instinct : un enfant qui apprend à lire « a encore besoin de s’appuyer sur les indices mélodiques de la voix pour comprendre la structure du langage ». Dire le texte, c’est l’habiter. C’est marquer les silences, les questions, les exclamations. Faire, en somme, un peu de théâtre. Et au passage, prendre confiance : poser sa voix devant un public bienveillant, c’est un premier pas vers la prise de parole, ce muscle qui servira toute la vie.

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Reste le contexte, et il pèse. La secrétaire générale du jeu, Raphaëlle Ros, le résume d’un chiffre : les 7-19 ans passent en moyenne 19 minutes par jour à lire, contre 3 h 11 devant les écrans. Redonner de la place à la lecture ne se décrète pas en répétant qu’elle est importante. Il faut la rendre joyeuse, collective, accessible. C’est exactement le pari de ces trois minutes au micro. On retrouve d’ailleurs cette tension dans nos chiffres sur la lecture des jeunes, où l’on voyait déjà les filles lire plus que les garçons.
Une finale à suivre, même de loin
La finale 2026 se tient dans le cadre de la programmation hors les murs de la Comédie-Française. Trois minutes par enfant, un jury de personnalités de la lecture, de la culture et de l’éducation, et un Grand champion désigné en fin de journée. L’an dernier, c’est Kendjy, finaliste Outre-mer, qui l’avait emporté avec un roman de Thomas Gornet. Pas besoin d’y être pour partager le moment : la finale est diffusée en direct, et un reportage tourné en classe montre déjà à quoi ressemble cette préparation, loin des projecteurs.
Ce qui reste, au fond, ce n’est pas le palmarès. C’est l’image d’un enfant de dix ans qui avance vers un micro, le ventre noué, et qui découvre qu’une salle entière peut tenir à ses mots. Ce jour-là, le silence n’est pas une punition. C’est une écoute. Et il a une adresse, le 24 juin, boulevard Saint-Martin.

Pour les familles tentées de prolonger l’expérience à la maison, la mécanique est la même que sur scène, en plus douce : un livre choisi par l’enfant, trois minutes, un public qui écoute sans corriger.
Questions courantes
Quand et où a lieu la finale 2026 ?
Le mercredi 24 juin 2026, au Théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, dans le cadre de la programmation hors les murs de la Comédie-Française.
Qui peut participer aux Petits champions de la lecture ?
Tous les élèves de CM1 et de CM2, en France et dans les établissements français de l’étranger. La participation est gratuite et passe par la classe.
Comment un enfant arrive-t-il en finale ?
En quatre étapes : sa classe le désigne, puis il passe une finale départementale, une demi-finale régionale, et enfin la finale nationale.
Lire à voix haute, ça sert à quoi ?
À mieux mémoriser et comprendre un texte, à enrichir le vocabulaire et la prononciation, et à prendre confiance pour parler en public, selon les travaux cités par le Projet Voltaire.
Peut-on suivre la finale sans y assister ?
Oui, elle est diffusée en direct en ligne le jour J.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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