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Le chiffre
Publié le 12 août 2026 · Mis à jour le 23 août 2026 à 9h10
On croit les adolescents à l’abri parce qu’ils savent nager.
Le bulletin national de Santé publique France publié le 24 juillet 2026 dit autre chose. Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, une noyade sur trois chez les 13-17 ans a été suivie d’un décès.
1 sur 3noyade suivie d’un décès chez les 13-17 ans, du 1er mai au 15 juillet 2026
925 noyades et 274 décès en dix semaines et demie.
Tous âges confondus, 30 % des noyades se terminent par un décès sur le lieu de la noyade. Le total des noyades augmente de 14 % par rapport à 2025 sur la même période, et 37 enfants et adolescents sont morts, exactement le même nombre que l’an dernier.
Trois épisodes de chaleur, la moitié des jours, 73 % des noyades
L’agence isole trois périodes d’alerte chaleur dans sa fiche de surveillance : du 24 au 31 mai, du 16 juin au 3 juillet, du 4 au 15 juillet. Elles rassemblent 73 % des noyades (675) et 79 % des décès (216), alors qu’elles ne couvrent que la moitié des jours surveillés.
Nous recomptons ces jours : 38 sur les 76 que compte la période. Le bulletin s’arrête au pourcentage, nous poursuivons jusqu’au rythme quotidien.
Pendant les journées d’alerte chaleur, combien de noyades sont recensées chaque jour en France ?
17,8 par jour, contre 6,6 les jours sans alerte.
Le décompte des décès suit la même pente : 5,7 par jour pendant les alertes, 1,5 en dehors. Les jours de forte chaleur, on se noie 2,7 fois plus souvent et on en meurt 3,7 fois plus souvent. La létalité elle-même grimpe, de 23,2 % hors alerte à 32,0 % pendant.
Ce que la létalité par âge fait apparaître
Le bulletin livre des parts, jamais des taux. Nous calculons donc la létalité de chaque tranche d’âge en rapportant sa part des 274 décès à sa part des 925 noyades.

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La courbe se lit en une phrase : le très jeune enfant se noie beaucoup et en réchappe presque toujours, l’adolescent se noie peu et en meurt une fois sur trois.
| Tranche d’âge | Part des noyades | Part des décès | Noyades suivies d’un décès |
|---|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 27 % (environ 250) | 3 % (environ 8) | 3,3 % |
| 13-17 ans | donnée non publiée | donnée non publiée | 33 % |
| 18 ans et plus | 58 % (environ 537) | 87 % (environ 238) | 44,3 % |
| Tous âges | 100 % (925) | 100 % (274) | 29,6 % |
Nous calculons donc qu’un adolescent de 13 à 17 ans qui se noie court neuf fois plus de risque d’en mourir qu’un enfant de moins de 6 ans : 33,3 % contre 3,7 %. Les circonstances expliquent l’écart mieux que les capacités de nage. Le petit se noie sous le regard d’un adulte, le plus souvent en piscine privée, et il est sorti de l’eau en quelques secondes. Le grand se baigne en eau libre, loin d’un poste de secours : les cours d’eau et les plans d’eau totalisent à eux seuls 125 des 274 décès de la période.
Ce déplacement vers l’eau douce est exactement ce que la chaleur provoque.
Série AAP
Nous relevions déjà cette concentration l’été précédent : pendant les vingt jours de canicule de juin-juillet 2025, les noyades avaient bondi de 135 %, pour un bilan saisonnier de 1 418 noyades et 409 décès.

La comparaison a ses limites. Le dispositif de Santé publique France ne compte que les noyades portées à la connaissance des secours, et il s’arrête au 30 septembre : les séries publiées sur la page de données de l’agence ne disent rien des mois froids. Sur le fond, le message de prévention n’a pas changé d’un bulletin à l’autre, comme le rappelait la presse médicale fin juillet : se baigner en zone surveillée, entrer progressivement dans l’eau, ne jamais laisser un adolescent partir seul vers une rivière ou un plan d’eau un jour d’alerte.
Notre bilan de l’été 2025 montrait déjà que neuf décès sur dix concernaient des adultes. Le bulletin 2026 ajoute la pièce qui manquait : chez les mineurs, ce sont les plus âgés qui meurent, et ils meurent en dehors des bassins surveillés.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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