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Récit
Moins de 90 secondes séparent Porte de Charenton de Porte Dorée sur la ligne 8, le dimanche 16 mai 1937 vers 18 h 27. Quand les portes s’ouvrent, Laetitia Toureaux gît dans une voiture de première classe, une lame enfoncée jusqu’à la garde dans le cou.
Elle était montée seule dans cette voiture vide à Porte de Charenton. À Porte Dorée, six voyageurs entrent, et les témoins présents sur le quai affirment n’avoir vu personne en sortir, raconte Paris Zigzag en 2024. Un médecin militaire se penche sur elle ; elle meurt pendant son transfert vers l’hôpital Saint-Antoine. Le 16 mai 1937, Laetitia Toureaux, 29 ans, est devenue la première personne tuée dans le métro de Paris, et son meurtre n’a jamais été élucidé.
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Comment l’assassin a-t-il frappé dans une voiture vide ?
Le coup est d’une précision rare : la lame a sectionné la moelle épinière. La presse de l’époque parle d’un couteau Laguiole, selon les journaux relus par RetroNews, le site de presse de la BnF. Les historiennes américaines Gayle K. Brunelle et Annette Finley-Croswhite décrivent un stylet d’une vingtaine de centimètres.
Pour la sortie du tueur, première hypothèse : il a quitté la voiture à Porte Dorée, fondu dans le mouvement des voyageurs. La seconde arrive en juin 1962, dans une lettre reçue par la police. Un médecin de Perpignan s’y accuse du crime, par jalousie, et dit être passé d’une voiture à l’autre grâce à une « clé pompier » (Paris Zigzag). L’affaire n’a pas été rouverte pour autant.
Qui était Laetitia Toureaux ?
Née le 11 septembre 1907 à Oyace, dans le Val d’Aoste, elle arrive à Paris avec sa mère et ses quatre frères et sœurs. Veuve de Jules Toureaux, épousé en 1930, elle habite le 20e arrondissement et travaille dans une fabrique de cirage à Saint-Ouen : une ouvrière modèle, en apparence.
L’enquête du commissaire Badin déroule une autre vie. Au vestiaire de l’As de Cœur, un bal de Montmartre, elle arrondit ses fins de mois. Elle se rend discrètement à l’ambassade d’Italie. Sous un faux nom, elle enquête pour une agence de détectives privés, l’agence Ruffi. Parmi ses relations : des militaires et des agents du Deuxième Bureau.
En 1936, à la demande de la police, elle infiltre la Cagoule et séduit l’un de ses chefs, Gabriel Jeantet. Elle renseigne aussi les services secrets italiens, selon la présentation de l’ouvrage des deux historiennes.
Qui l’a tuée ? La piste de la Cagoule
En 1937, un membre de la Cagoule détenu par la police désigne Jean Filiol. Un autre affirme que la mort de l’informatrice a été décidée lors d’une réunion du groupe. Il se rétracte ensuite, en disant avoir parlé sous la contrainte, rapporte la synthèse de l’affaire sur Wikipédia.
Dans « Murder in the Métro » (Louisiana State University Press, 2010), Brunelle et Finley-Croswhite suivent l’enquête jusqu’à la Cagoule. RetroNews, de son côté, a consacré une vidéo aux unes de 1937.
Pourquoi l’affaire n’est-elle toujours pas close ?
La guerre arrive avant la vérité : l’enquête est abandonnée en 1939, à l’entrée en guerre, sans que personne soit jugé.
La station Porte Dorée dessert toujours la ligne 8. Au-dessus, le palais de la Porte Dorée abrite aujourd’hui le musée de l’Histoire de l’immigration. Sur la mort de cette immigrée italienne, les documents de l’État restent scellés pour douze ans encore, jusqu’en 2038.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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