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Huit fanfares d’adolescents, et pas un décibel de sono avant 19 heures. C’est le programme du jeudi des Fêtes de Bayonne, où se tient cette année le premier festival de bandas juniors, réservé aux musiciens de moins de 18 ans, selon ICI Pays Basque. Pendant qu’on s’inquiète du temps d’écran, des gamins traversent une ville en fête avec un cuivre à la main.
Ce qui se passe le jeudi
Le jeudi est traditionnellement la journée des enfants. Huit bandas juniors sont attendues pour cette première édition, dont une venue d’Écosse. Elles déambulent toute la journée, dans les rues, sans scène assignée.
L’idée ne vient pas d’une agence. Elle est née d’un professeur bayonnais qui dirige la formation harmonique du collège Marracq, et qui a proposé de faire venir des orchestres de son âge.

Autour d’eux, la ville a mis les moyens : trente des trente-trois bandas sous contrat avec la Ville sont présentes ce jour-là. Et la sonorisation des bars et des peñas reste coupée jusqu’à 19 heures. C’est le « jeudi sans sono », reconduit après l’expérimentation des années précédentes. La musique du jeudi est jouée par des poumons.
Pourquoi ce chiffre détonne
Parce qu’au niveau national, la courbe va dans l’autre sens. L’enquête du ministère de la Culture sur les pratiques culturelles, qui suit les Français depuis 1973, mesure un écart de pratique musicale amateur entre les 15-19 ans et les 60 ans et plus. Dans les années 1970 et jusqu’au début des années 1980, les plus jeunes pratiquaient environ dix fois plus que les plus âgés.

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En 2018, ce rapport n’est plus que de trois. Et le rapport du département des études du ministère est explicite sur la mécanique : l’écart se referme des deux côtés à la fois, par des pratiquants plus nombreux chez les seniors et par « une diminution nette de la pratique chez les plus jeunes ».
Autre repère de la même enquête : en 2018, et pour la première fois, la part des amateurs de musique ou de chant est la même partout en France hors Paris, des campagnes aux grandes villes, autour de 10 %. La géographie ne protège plus personne. Bayonne non plus, en principe.
D’où viennent ces fanfares
Les bandas ne sont pas un décor folklorique importé pour les touristes. Elles sont nées ici, dans les années 60, rappelle Henry Lauqué, président de la commission extra-municipale des Fêtes, qui quitte ses fonctions après trente et un ans.
La première s’appelait Lous Tilholes. Des jeunes du Petit Bayonne l’avaient montée pour animer les Fêtes, précisément. Elles ont ensuite essaimé dans tout le Pays basque et jusque dans les Landes.

Soixante ans plus tard, ce sont encore des jeunes du coin qui reprennent l’instrument pour la même raison : jouer dans la rue, en août, devant des gens qu’ils connaissent. Le circuit est court, et c’est peut-être tout le secret.
Ce que ça dit d’une transmission
Une pratique musicale ne se transmet pas par une campagne d’affichage. Elle se transmet quand il existe un endroit où jouer, une date pour s’y préparer, et des gens plus âgés qui vous attendent au coin de la rue.
Bayonne fournit les trois. Un collège avec une formation harmonique, une date fixe dans l’année, et trente-deux autres fanfares qui jouent à côté de vous. Ce n’est pas un miracle basque, c’est une infrastructure. Ailleurs, ce sont les écoles de musique associatives et les harmonies qui tiennent ce rôle, souvent à bout de bras, un peu comme ces festivals gratuits de rue qui remettent des musiciens sous les fenêtres.
Le programme des Fêtes annonce près de trois cents jeunes musiciens pour ce premier festival. Le chiffre vaut ce qu’il vaut, il vient des organisateurs et non d’un comptage indépendant. Mais l’ordre de grandeur suffit à poser la vraie question.
Elle n’est pas de savoir si les adolescents aiment encore la musique : jeudi, dans le Petit Bayonne, ils la jouaient. Elle est de savoir combien de villes, en France, peuvent encore leur offrir une rue où le faire, et quelqu’un pour les y attendre.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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