
Sommaire
Publié le 30 juin 2026 · Mis à jour le 4 juillet 2026 à 14h04
Le dîner est prêt, la tablette aussi, et la négociation du soir recommence : encore dix minutes d’écran, promis. Cette scène, des millions de parents la rejouent chaque soir, et elle dit quelque chose de plus large que la guerre des écrans. En recoupant les chiffres du dernier baromètre des familles de l’Unaf, deux signaux ont bougé exactement de la même façon en deux ans : la part de parents jugeant le soutien de l’État insuffisant et celle qui n’a plus les moyens de préparer l’avenir de ses enfants ont gagné dix points chacune entre 2024 et 2026. Deux courbes, un même décrochage, au moment où la vie de famille reste pourtant fondamentale pour 97 % d’entre eux.
En bref
- Deux indicateurs du baromètre ont bondi de 10 points en deux ans : soutien de l’État jugé insuffisant (40 % à 50 %) et impossibilité de préparer l’avenir des enfants (43 % à 53 %).
- La vie de famille reste fondamentale pour 97 % des parents, mais leur capacité financière n’a jamais été aussi fragile en quatre ans.
- Première difficulté éducative déclarée : les écrans (49 %), devant les relations entre enfants (34 %) et l’autorité (30 %).
- 74 % des parents qui travaillent ont peiné, au moins une fois en un an, à concilier travail et responsabilités familiales.
Deux courbes qui décrochent ensemble
Le plus parlant n’est pas un chiffre, c’est un parallélisme. Entre 2024 et 2026, deux mesures très différentes ont progressé du même bond. Le sentiment que l’État n’aide pas assez les familles est passé de 40 % à 50 %. Et la part de parents qui déclarent ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant est montée de 43 % à 53 %.
Dix points sur chacune, en deux ans seulement. Quand le ressenti politique et le porte-monnaie avancent au même pas, ce n’est plus une humeur passagère, c’est un climat. L’étude, menée par OpinionWay auprès de 2 583 parents fin janvier 2026, parle d’une capacité financière qui n’a jamais été aussi fragile en quatre ans.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Derrière les pourcentages, des arbitrages très concrets. 33 % des parents disent ne plus pouvoir faire plaisir à leurs enfants, et 13 % avouent ne pas couvrir leurs besoins essentiels. C’est ce dernier seuil, le strict nécessaire, qui transforme un sondage en réalité de table de cuisine.

Les écrans, premier casse-tête éducatif
Pour la première fois, ce n’est ni l’autorité ni les disputes entre frères et sœurs qui arrivent en tête des difficultés. Ce sont les écrans, cités par 49 % des parents comme leur principale difficulté éducative, devant les relations entre enfants (34 %) et les questions d’autorité (30 %), juste avant l’argent (29 %).
Le détail compte, car il rejoint un débat très français. Le rapport remis au président de la République en avril 2024 préconisait de retarder l’exposition des plus jeunes, une inquiétude que le baromètre traduit ici en vécu quotidien. La tablette n’est plus un confort, elle est devenue un terrain de tension à la maison.
Le travail qui déborde sur la maison
L’autre front, c’est le temps. 74 % des parents en emploi disent avoir rencontré, au moins une fois dans l’année, des difficultés à assumer leurs responsabilités familiales parce qu’ils passent trop de temps au travail. Et 34 % le vivent plusieurs fois par mois.
La pression monte avec la charge : 42 % chez les parents de familles nombreuses, 40 % quand les enfants ont moins de dix ans. C’est l’âge où chaque réunion qui s’éternise se solde par une course pour récupérer un petit avant la fermeture de la crèche, ce grand écart entre bureau et vie de famille que beaucoup connaissent.

L’insatisfaction n’est d’ailleurs pas répartie au hasard. Elle grimpe à 56 % chez les mères, à 55 % dans les petites agglomérations et chez les parents de tout-petits, ceux pour qui le moindre imprévu coûte cher en temps comme en argent. L’Unaf annonce d’ailleurs une enquête d’ampleur auprès de 8 000 parents dans 48 départements, attendue en septembre, pour creuser ce décrochage. D’ici là, ce qui ressort de ces cinq questions tient en une phrase simple : l’attachement à la famille n’a pas faibli, ce sont les moyens de la faire vivre sereinement qui s’effritent.
Questions courantes
Qui a réalisé le baromètre des familles 2026 ?
L’institut OpinionWay, pour le compte de l’Unaf, du 29 janvier au 19 février 2026, auprès d’un échantillon représentatif de 2 583 parents d’au moins un enfant de moins de 20 ans.
Pourquoi parle-t-on d’un décrochage du pouvoir d’achat des familles ?
Parce que 53 % des parents déclarent ne pas pouvoir préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024, et que 13 % ne couvrent pas les besoins essentiels. Leur capacité financière n’a jamais été aussi fragile en quatre ans.
Quelle est la première difficulté éducative citée par les parents ?
La gestion des écrans, mentionnée par 49 % des parents, devant les relations entre enfants (34 %) et l’autorité (30 %).
Les parents qui travaillent peinent-ils à concilier ?
Oui : 74 % des parents en emploi ont eu, au moins une fois dans l’année, des difficultés à remplir leurs responsabilités familiales faute de temps, dont 34 % plusieurs fois par mois.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant - 2
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 3
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 4
Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours - 5
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
Nos dossiers
- France486
- Santé208
- Science207
- Prévention194
- Culture184
- Consommation178
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

