
À CinemaCon, le cinéma n’essaie plus seulement de vendre des films. Il essaie de revendre une idée de soirée. C’est ce qui rend la grand-messe de Las Vegas intéressante cette année : derrière les bandes-annonces et les stars, Hollywood cherche à rendre la salle plus désirable que le canapé, comme l’a raconté AP. — à lire aussi : Sorties cinéma de janvier : 3 films, 3 humeurs (et pourquoi ils comptent.
Le contexte reste fragile. AP rappelle que le box-office domestique américain reste environ 20 % sous son niveau d’avant pandémie, même si plus de spectateurs se déplacent qu’à la même période l’an dernier. Cela donne à CinemaCon un parfum un peu nerveux : il faut faire revenir une habitude, pas seulement lancer une saison.
Les studios remettent du spectacle autour de la sortie elle-même
La méthode est très visible. Les studios rejouent la salle comme un événement avec des apparitions de stars, des images exclusives, des franchises lourdes et des promesses de grand écran. La présentation de Warner Bros., relayée par AP dans un autre reportage, en a donné une version presque caricaturale avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Zendaya, Timothée Chalamet ou encore Sandra Bullock.

Cette mise en scène n’a rien d’anodin. Elle cherche à rendre de nouveau la sortie cinéma racontable à voix haute : pas juste un film à voir un jour, mais une soirée à attendre, un écran plus grand, une bande-annonce dont on parle, un moment qui donne envie de bouger.
Le pari ne repose pas seulement sur les stars, mais sur la sensation de sortie
Le discours des exploitants le dit de plus en plus clairement. Le rapport 2025 de Cinema United souligne que la génération Z cherche d’abord des expériences immersives et quelque chose d’unique sur place. En clair, on ne gagne plus seulement contre le streaming avec un catalogue, mais avec une ambiance, un format, un déplacement.

La profession essaie aussi de se réorganiser autour de cette bataille. Le programme officiel de CinemaCon et les articles du salon montrent à quel point les discussions sur les fenêtres d’exclusivité, les formats premium et la relation entre studios et salles sont redevenues centrales.
La limite qui plane sur la fête reste très simple : moins de films, moins de raisons de sortir
La menace la plus commentée à Las Vegas n’est pas esthétique, elle est industrielle. Reuters rapporte que Cinema United redoute qu’une fusion entre Paramount et Warner Bros. réduise la concurrence et le nombre de films mis en salles. Et quand le calendrier se rétrécit, la sortie cinéma redevient vite exceptionnelle au mauvais sens du terme. — à lire aussi : Cinéma : le retour des films feel-good et pourquoi on en a besoin.
C’est sans doute pour cela que l’organisation insiste autant sur sa mission. Depuis son changement de nom, Cinema United assume frontalement ce programme : défendre le fait d’aller au cinéma. À CinemaCon, Hollywood ne vend donc pas seulement des films à venir. Il essaie de refaire du cinéma une envie de sortie qui mérite de quitter la maison.
Article créé en collaboration avec l’IA.




