Une lentille translucide dans une loge sombre

Cannes 2026 : les lentilles de La Vénus électrique font croire à l’au-delà

À Cannes, La Vénus électrique cache son trucage dans des lentilles de contact. Pierre Salvadori en fait le petit objet qui porte toute l’imposture.

Sommaire
  1. Des lentilles pour fabriquer l’au-delà
  2. La foire fabrique le mensonge
  3. Un objet minuscule, une morale instable
  4. Questions courantes

Publié le 15 mai 2026 · Mis à jour le 20 mai 2026 à 10h24

Pierre Salvadori, réalisateur de La Vénus électrique, a ouvert le 79e Festival de Cannes le 12 mai 2026 avec une fausse voyante, un peintre endeuillé et un accessoire discret : des lentilles capables de faire croire à l’au-delà.

Le film est présenté hors compétition comme film d’ouverture sur la fiche officielle du Festival de Cannes. Reuters rappelle que Cannes 2026 aligne 22 films en compétition, mais que l’ouverture revient à cette comédie romantique située dans le Paris de l’entre-deux-guerres. Au milieu des stars et des grands discours, l’article le plus parlant est presque invisible.

Repère. Le point de départ tient dans une imposture. Le synopsis de Diaphana raconte Antoine Balestro, peintre veuf, qui tente de parler à sa femme morte par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il tombe sur Suzanne, foraine sans argent, qui s’invente médium. Le CNC ajoute que le film embarque Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Vimala Pons dans une foire parisienne de 1928.

Des lentilles pour fabriquer l’au-delà

La critique du Guardian donne le détail qui accroche : Suzanne utilise des lentilles de contact pour simuler une connexion visionnaire avec l’autre monde, puis fouille les journaux d’Irène pour nourrir ses révélations. Rien de spectaculaire en soi. Justement : le trucage tient à un objet presque invisible, assez banal pour disparaître, assez précis pour faire tenir la séance.

Salvadori assume cette fabrication légère. À Reuters, le réalisateur résume son projet ainsi : « In my own way, I try to offer a form of poetry or beauty ». La phrase éclaire le film : la beauté ne vient pas d’un grand effet, mais d’une mécanique de faux-semblants assez précise pour réveiller le désir de croire. Elle dit aussi pourquoi le détail technique ne tue pas la fiction : il la rend manipulable, donc humaine.

La table de roulotte montre les outils de l’imposture
La table de roulotte montre les outils de l’imposture

La fiche cannoise crédite Angelo Zamparutti aux décors, Julien Poupard à l’image et Camille Bazbaz à la musique. Ce trio compte, car La Vénus électrique ne repose pas seulement sur ses comédiens. Il faut que la roulotte, les globes électriques, le cabinet de séance et les salons fassent accepter l’escroquerie sans l’alourdir.

Allociné résume d’ailleurs la bascule : Suzanne, modeste foraine entrée dans la roulotte pour voler de la nourriture, se révèle douée pour l’imposture. L’accessoire n’est donc pas un gadget de décor. Il devient une petite serrure narrative : tant que la lentille tient, Antoine peut croire, Armand peut vendre, Suzanne peut rester. Le spectateur, lui, sait que le trucage existe, mais accepte de suivre sa conséquence.

La foire fabrique le mensonge

Le film gagne en intérêt quand on regarde l’objet dans son milieu. Une lentille de contact dans une salle de bains ne raconte rien. Une lentille dans une roulotte de voyante, entre une table sombre, des tissus, des reflets et un client en deuil, devient un outil de cinéma.

Vimala Pons, qui joue Irène, donne une autre clé à Numéro : « Plutôt qu’une muse, je dirais que c’est un Pygmalion. Elle dynamite les idées conçues ». Cette phrase déplace l’affaire. Le faux accessoire ne sert pas seulement à tromper un homme. Il ouvre une bataille plus large sur qui inspire, qui manipule, qui crée, et sur la manière dont une absente peut encore agir dans un récit.

Un carnet fermé garde la trace du mensonge
Un carnet fermé garde la trace du mensonge

Ce détail répond aussi à une discussion cannoise plus large sur les coulisses du cinéma. Dans un autre registre, AAP racontait récemment la place de l’IA dans les conversations de Cannes. Ici, l’outil est beaucoup plus ancien et beaucoup plus tactile : une lentille, un carnet, une voix, une lumière. Le cinéma adore les machines nouvelles, mais il reste souvent porté par des astuces de poche.

Un objet minuscule, une morale instable

La limite est là : l’accessoire rend la fiction possible, mais il ne rend pas Suzanne innocente. Plus l’imposture fonctionne, plus elle devient risquée. Un détail de coulisse peut porter une scène entière ; il peut aussi rappeler que l’émotion fabriquée garde un coût pour celui qui y croit.

À regarder dans le film

Le réflexe utile, pendant la séance, est de suivre les objets plutôt que les grands discours : la lentille, le carnet, les globes, la roulotte, la distance entre Suzanne et Antoine. Ce sont eux qui disent si la comédie penche vers la farce, le trouble ou le sentiment.

Questions courantes

La Vénus électrique est-elle en compétition à Cannes 2026 ? Non. Le film de Pierre Salvadori est présenté hors compétition comme film d’ouverture du Festival de Cannes 2026.

Quel accessoire fait basculer l’imposture de Suzanne ? Les lentilles de contact permettent de simuler une connexion visionnaire, tandis que les journaux d’Irène alimentent les fausses révélations.

Pourquoi ce détail compte-t-il autant ? Parce qu’il transforme une astuce de coulisse en moteur narratif : Antoine recommence à croire, Armand espère relancer le peintre et Suzanne tient son rôle.

À Cannes, le grand spectacle vient parfois d’un objet que personne ne regarde vraiment. Une lentille peut tenir moins de place qu’un bouton de manchette. Dans La Vénus électrique, elle ouvre pourtant la porte la plus dangereuse : celle où le mensonge devient presque consolant. Après la montée des marches, c’est peut-être là que le cinéma travaille le plus finement : dans la coulisse qui passe sous les cils.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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