Les mains d’un adolescent tiennent un téléphone sur les marches d’un escalier d’école, un cartable posé à côté

3018 : comment ça marche et que se passe-t-il après l’appel ?

Qui décroche, ce que deviennent les preuves, quand un dossier part vers la justice et ce que les réseaux sociaux refusent de retirer : le 3018 pas à pas.

Sommaire
  1. Comment joindre le 3018, et qui répond ?
  2. Que se passe-t-il après l’appel au 3018 ?
  3. Les réseaux sociaux retirent-ils ce que signale le 3018 ?
  4. Combien d’élèves harcelés passent par le 3018 ?
  5. En cas de harcèlement scolaire, appeler le 3018 ou le 119 ?
  6. Faut-il un avocat, et que risque l’auteur ?

Décryptage

Au bout du fil, un écoutant de l’association e-Enfance répond tous les jours de 9 heures à 23 heures sans demander de nom. Selon le cas, il conseille la victime et sa famille, fait retirer un contenu par le réseau social ou transmet la situation aux autorités, ce qui arrive environ deux fois par jour.

En 2025, le 3018 a reçu près de 124 500 sollicitations et traité 44 028 situations, selon le rapport de transparence de l’association e-Enfance publié en mai 2026.

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Comment joindre le 3018, et qui répond ?

Le 3018 est gratuit, anonyme et confidentiel. On le joint par téléphone, par courriel ou par tchat dans l’application, 7 jours sur 7 de 9 heures à 23 heures, d’après la page d’aide du 3018. Les personnes sourdes ou malentendantes passent par un service de mise en relation, du lundi au vendredi de 9 heures à 17 h 30. Victimes, témoins ou auteurs, parents et professionnels peuvent l’appeler.

Géré par e-Enfance, association créée en 2005, le 3018 est devenu en 2024 le numéro national et unique contre le harcèlement scolaire et les violences numériques, retrace l’historique d’e-Enfance. L’application 3018 ajoute un quiz « Suis-je harcelé ? » et des fiches conseil.

Que se passe-t-il après l’appel au 3018 ?

Le parcours compte cinq étapes, que l’écoutant adapte à chaque cas.

Comment ça marche

  1. Le premier contact

    Appel, courriel ou tchat : la victime, un parent ou un professionnel raconte la situation.

  2. L’écoute et l’évaluation

    L’écoutant mesure le danger et conseille. Plus d’un quart des situations traitées en 2025 ont demandé plusieurs échanges.

  3. Les preuves à l’abri

    L’application range captures d’écran, photos et liens dans un coffre-fort numérique sécurisé, transférables aux équipes du 3018.

  4. Le signalement au réseau social

    Désigné par l’Arcom, le régulateur du numérique, premier signaleur de confiance en France, le 3018 demande le retrait du contenu, en quelques heures selon l’association.

  5. La transmission aux autorités

    La situation part vers la justice, des services spécialisés ou la protection de l’enfance. e-Enfance, qui le gère, est conventionnée avec Pharos, la plateforme gouvernementale de signalement en ligne, depuis 2010.

Ces transmissions restent l’exception : deux par jour font environ 730 par an, moins de 2 % des 44 028 situations traitées. L’essentiel du travail se joue avant, dans l’écoute, le conseil aux familles et la bataille pour faire retirer les contenus.

Les réseaux sociaux retirent-ils ce que signale le 3018 ?

Pas toujours. Sur Snapchat, YouTube et Facebook, plus d’un contenu signalé sur deux reste en ligne, selon e-Enfance. Sur X, près de trois contenus sur quatre ne sont pas retirés. Les refus arrivent presque toujours sans explication.

Plus de la moitié des situations suivent le même chemin : un premier contact sur une plateforme numérique, puis un glissement vers une messagerie privée. Moins régulées que les réseaux sociaux, ces messageries laissent davantage de place au grooming (un adulte qui manipule un enfant), à la sextorsion et à la pédocriminalité, alerte l’association.

Combien d’élèves harcelés passent par le 3018 ?

Une minorité. Le baromètre 2026 du harcèlement de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) compte 3 % d’écoliers, 4 % de collégiens et 2 % de lycéens harcelés. La France scolarisait 11,8 millions d’élèves à la rentrée 2025 : 6,155 millions dans le premier degré, 5,621 millions dans le second. Même au taux le plus bas, 2 %, appliqué à tous les élèves, maternelle comprise, cela fait de l’ordre de 235 000 enfants. Si chacune des 44 028 situations traitées visait un élève harcelé, le 3018 en verrait au mieux un sur cinq, selon notre calcul.

Pourquoi un tel écart ? Les deux chiffres ne comptent pas la même chose. La Depp interroge tous les élèves du CE2 à la terminale. Le 3018 ne voit que ceux qui le contactent.

En cas de harcèlement scolaire, appeler le 3018 ou le 119 ?

Le 3018 pour le harcèlement entre élèves et toutes les violences en ligne ; le 119, Enfance en danger, pour les maltraitances. Une convention signée en 2016 prévoit le transfert direct et prioritaire des appels de l’un à l’autre. Le 3018 est aussi partenaire officiel de l’Éducation nationale, qui a tenu sa journée nationale contre le harcèlement le jeudi 5 novembre 2026.

Porter plainte reste possible en parallèle. Le commissariat ou la gendarmerie choisi doit l’enregistrer, et la démarche est gratuite, rappelle la fiche Service-Public sur la plainte. Un mineur peut la déposer seul ou accompagné. Ses parents peuvent aussi porter plainte en son nom, même sans son accord, précise la fiche sur les mineurs victimes.

Faut-il un avocat, et que risque l’auteur ?

Non : Service-Public présente l’avocat comme une possibilité, pas une obligation, pour déposer plainte. Depuis la loi du 2 mars 2022, le harcèlement scolaire est un délit puni de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende par l’article 222-33-2-3 du code pénal. La peine monte à cinq ans et 75 000 euros au-delà de huit jours d’incapacité totale de travail. L’auteur peut être un élève ou un membre du personnel du même établissement. Si les faits ont conduit la victime à se suicider ou à tenter de le faire, la peine atteint dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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