Rue résidentielle japonaise au crépuscule, une silhouette en manteau long au loin sous un réverbère et un cartable rouge abandonné sur le trottoir

Kuchisake-onna, la femme à la bouche fendue qui a fait paniquer le Japon en 1979

Une question sans bonne réponse, un masque, des ciseaux : comment une rumeur d’enfants a mis la police japonaise sur le chemin des écoles.

Sommaire
  1. Que demande Kuchisake-onna à ceux qu’elle croise ?
  2. Comment une rumeur d’enfants a mis la police dans la rue
  3. Vieille légende d’Edo ou invention des années 1970 ?
  4. Pourquoi la rumeur a-t-elle couru si vite en 1979 ?

Récit

Dans la campagne de la préfecture de Gifu, en décembre 1978, une vieille paysanne sort vers les toilettes bâties à l’écart de la maison, aperçoit une femme à la bouche fendue et s’effondre de peur.

Cette scène, retracée par le site de folklore Yokai.jp, ouvre l’histoire de Kuchisake-onna, la « femme à la bouche fendue » des légendes urbaines japonaises. Au printemps 1979, des écoles japonaises ont fait rentrer leurs élèves en groupe et la police a patrouillé sur le chemin des classes à cause de la rumeur de Kuchisake-onna.

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Que demande Kuchisake-onna à ceux qu’elle croise ?

Elle mesure entre 1,75 et 1,80 mètre, porte de longs cheveux noirs et a la peau très pâle. Un masque cache le bas de son visage ; à la main, des ciseaux ou une lame. Elle arrête des enfants dans la rue, le soir, et demande « Watashi, kirei ? » : « Suis-je jolie ? »

Kuchisake-onna ne laisse aucune bonne réponse : un « non », et elle tue. Un « oui », et elle retire son masque : sa bouche est fendue d’une oreille à l’autre, et la question revient. Un second « oui », et elle taille aux ciseaux le même sourire sur le visage de sa victime.

La légende ménage pourtant des sorties : la dire « moyenne » la déroute ; prétexter un retard lui arrache une courbette d’excuse. Jeter de l’argent ou des bekko ame, des bonbons de sucre ambré, l’oblige à s’arrêter pour les ramasser. D’autres versions, recensées par l’encyclopédie Wikipédia, jurent qu’il suffit de répéter trois fois « pommade ».

Comment une rumeur d’enfants a mis la police dans la rue

Le 26 janvier 1979, le Gifu Nichinichi Shimbun en parle le premier, selon Yokai.jp, dans la colonne de l’éditorialiste Mutsumi Murase. Le 23 mars, l’hebdomadaire national Shūkan Asahi suit sa progression le long du Tōkaidō, la grande route historique entre Kyoto et Tokyo. Cinquante-six jours ont suffi pour passer d’un billet local à la presse nationale.

En avril et en mai, les patrouilles sur le trajet de l’école se renforcent dans tout le pays. Des voitures de police sont envoyées à Kōriyama, dans la préfecture de Fukushima, et à Hiratsuka, dans le Kanagawa. À Kushiro, sur l’île d’Hokkaidō, et à Niiza, près de Tokyo, les élèves sortent en groupe. Le 21 juin, à Himeji, une femme de 25 ans déguisée en Kuchisake-onna est arrêtée pour port d’arme blanche.

Puis tout retombe en août, quand les vacances d’été coupent le bouche-à-oreille entre écoliers.

La rumeur de Kuchisake-onna à travers le Japon en 1979

  1. Gifu — chef-lieu de la préfecture où naît la rumeur, publiée le 26 janvier 1979
  2. Kōriyama — voitures de police envoyées sur le chemin des écoles
  3. Hiratsuka — voitures de police envoyées sur le chemin des écoles
  4. Niiza — élèves renvoyés chez eux en groupe
  5. Kushiro — élèves renvoyés chez eux en groupe
  6. Himeji — une femme déguisée en Kuchisake-onna arrêtée le 21 juin
En quelques mois, la rumeur née à Gifu met en alerte des villes distantes de plus de mille kilomètres, d’Hokkaidō au Kansai.

Vieille légende d’Edo ou invention des années 1970 ?

Sur le papier, la plus ancienne trace recensée est la colonne de Gifu de janvier 1979. Les spécialistes se partagent : l’illustrateur américain Matthew Meyer la fait remonter à l’époque d’Edo, entre le XVIIe et le XIXe siècle. Iikura Yoshiyuki, chercheur en littérature orale à l’université Kokugakuin de Tokyo, la date des années 1970.

Sa blessure change d’origine selon le continent : en Occident, elle est l’épouse ou la maîtresse infidèle d’un samouraï. Au Japon, on accuse plutôt une femme jalouse, souvent sa sœur, ou une chirurgie esthétique ou dentaire ratée. Dans son article de 2007 pour la revue Signs, le folkloriste américain Michael Dylan Foster relie la légende à l’industrie de la beauté et aux hebdomadaires féminins japonais.

Son statut de yōkai, créature du folklore à part entière, elle le doit au mangaka Shigeru Mizuki : selon son traducteur Zack Davisson, elle l’est devenue en entrant dans l’une de ses encyclopédies.

Pourquoi la rumeur a-t-elle couru si vite en 1979 ?

Iikura Yoshiyuki tient une explication, détaillée par Nippon.com : les juku, ces cours du soir. Des enfants de plusieurs districts scolaires s’y retrouvent et échangent leurs histoires. Ils rentrent ensuite à la nuit tombante et croisent des adultes qu’ils ne connaissent pas. Le chercheur voit dans la femme masquée « la projection de cette figure de l’adulte dangereux ».

En 2007, le grand écran l’adopte : Kōji Shiraishi confie le masque à l’actrice Miki Mizuno dans Carved, suivi dès 2008 de deux autres films d’horreur au cinéma.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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