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Décryptage
La Bourse baisse parce que Wall Street doute que les centaines de milliards de dollars empruntés pour l’intelligence artificielle (IA) rapportent assez pour être remboursés. Le jeudi 22 octobre 2026, le Nasdaq 100 a plongé de 2,90 % et l’action Meta de 7 %, malgré un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 26 %, selon le compte rendu de séance de Boursorama.
Pour l’épargne, tout dépend du placement. Sur 10 000 euros placés dans un fonds indiciel MSCI World au 30 septembre 2026, 2 476 euros reposaient sur sept géants américains de la tech, selon notre calcul sur les pondérations publiées par MSCI. Un PEA ou des unités de compte investis dans ces fonds « monde » encaissent la secousse. Le Livret A et le fonds en euros d’une assurance-vie ne suivent pas la Bourse.
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Le fait
Le 16 puis le 22 octobre 2026, Wall Street a reculé sous le poids des valeurs de l’IA. Les loueurs de puissance de calcul endettés ont ouvert le bal ; Meta et les fabricants de puces ont suivi.
Notre lecture
Le doute porte sur le financement de l’IA plus que sur la technologie. Les investisseurs réclament des preuves de rentabilité au moment où l’argent emprunté coûte cher aux États-Unis.
La nuance
Une forte séance de baisse ne fait pas un krach. Le jour où la tech plongeait à New York, les valeurs de consommation courante montaient : une partie de l’argent a changé de secteur.
À surveiller
Le taux américain à dix ans et les prochains résultats trimestriels des géants de la tech.
Pourquoi la Bourse baisse-t-elle depuis la mi-octobre ?
Le 13 octobre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) a rangé une correction des valeurs de l’IA parmi les trois grands risques pour la stabilité financière mondiale. L’alerte figure dans son rapport sur la stabilité financière, présenté lors d’une conférence de presse le même jour.
Le FMI y passe au crible quatorze transactions publiques conclues depuis 2023, par lesquelles des acteurs de l’IA se financent mutuellement. Elles portent environ 650 milliards de dollars de dette, en échange de 1 400 milliards de revenus futurs promis, détaille Presse-citron.
Au centre des doutes, les « neoclouds » : ces loueurs de puissance de calcul empruntent pour acheter des puces. CoreWeave portait 35 milliards de dollars de dette fin juin, rapporte La Libre Belgique. Certaines de ses obligations s’échangeaient à des taux allant jusqu’à 15 %. Les prêteurs exigent une forte prime pour le risque.
Le vendredi 16 octobre, l’action CoreWeave a perdu 11,91 % et celle de son concurrent Nebius 12,18 %, selon la dépêche AFP de clôture. Le Nasdaq a cédé 2,14 % ce jour-là. « On paie les intérêts avec des liquidités, pas avec des promesses », a résumé Joe Tigay, gérant chez Equity Armor Investments, cité par l’AFP.
Le même jour, le prix de l’argent a ajouté au doute. Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans est monté jusqu’à 5,13 %, contre 5,06 % la veille. Plus il grimpe, plus chaque dollar emprunté pour bâtir des centres de données coûte cher. Or les géants des infrastructures numériques pèsent désormais 10 % des émissions mondiales d’obligations d’entreprises bien notées, contre moins de 1 % en 2024, relève le FMI cité par Afrik.com.
Meta a illustré le malaise le 22 octobre. Ses investissements ont atteint près de 35 milliards de dollars au troisième trimestre, pour 64,6 milliards de chiffre d’affaires. Ils dépassent l’argent que dégage l’activité : le flux de trésorerie disponible est tombé à −2,1 milliards de dollars. Les fabricants de puces ont suivi, de Lam Research (−12 %) à Nvidia (−4,4 %).
Et chez nous ?
Mon PEA et mon assurance-vie sont-ils exposés à la baisse ?
Oui, pour la part placée en actions, et surtout en fonds indiciels « monde ». Ces fonds répliquent l’indice MSCI World, qui comptait 1 249 sociétés au 30 septembre 2026. Nvidia y pesait 5,81 % et Apple 5,41 %, d’après la fiche de l’indice MSCI World. Avec Microsoft, Amazon, Alphabet, Meta (1,76 %) et Tesla, ces sept groupes américains font 24,8 % de l’indice.
- Sept géants américains de la tech 24,8 %
- Nvidia 5,81 %
- Apple 5,41 %
- Meta 1,76 %
Le 22 octobre, les chutes de Nvidia (−4,4 %), Meta (−7 %) et Micron (−6 %) ont retiré environ 46 euros à un porteur de 10 000 euros de fonds MSCI World, d’après leur poids dans l’indice, hors effet du dollar. Le reste de l’indice a amorti le choc : les valeurs de consommation courante ont gagné 2,9 % ce jour-là à New York, et Procter & Gamble 6 %.
Le fonds en euros d’une assurance-vie joue dans une autre catégorie : le capital y est garanti par l’assureur. Il a rapporté 2,63 % en moyenne en 2025, selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), comme en 2024. Le Livret A non plus ne bouge pas : son taux, fixé par arrêté pour six mois, reste à 1,70 % jusqu’à fin janvier 2027, rappelle Moneyvox.
Quatre foyers français sur dix sont de toute façon hors d’atteinte : ils ne détiennent aucun produit d’investissement, selon le baromètre de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publié le 17 décembre 2025. L’appétit montait pourtant : 35 % des Français y disaient vouloir investir en actions dans les douze mois, cinq points de plus qu’en 2024.
Est-ce que la Bourse va continuer à baisser ?
Le FMI décrit un risque, pas un calendrier. Le 22 octobre, le rendement américain à dix ans est repassé sous 5 %, ce qui desserre un peu l’étau du crédit.
Les secousses de la tech ne datent pas d’octobre : le 9 juillet, la Bourse coréenne dévissait de 4,91 % le jour où Samsung annonçait un profit record. Le précédent qui hante les marchés reste la bulle internet, dont la fiche historique d’EBSCO retrace l’éclatement. En 2000, le Nasdaq avait franchi les 5 000 points le 7 mars, puis mis plus de deux ans et demi à toucher le fond, à plus de 78 % sous ce sommet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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