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42 % de risque de fausse couche en plus sous anti-CGRP, une alerte et pas encore une preuve

Une vaste étude américaine associe ces traitements récents de la migraine à davantage de fausses couches. Ce que vaut l'alerte, et ce qu'elle laisse ouvert avant une grossesse.

Sommaire
  1. Combien de fausses couches en plus sur 100 grossesses ?
  2. Pourquoi ce chiffre ne prouve-t-il pas que le médicament est en cause ?
  3. Les anti-CGRP font-ils pire que les autres traitements de la migraine ?
  4. Que faire en cas de projet de grossesse ?
  5. En France, qui peut recevoir ces anticorps ?

Le chiffre

Les anticorps anti-CGRP prescrits contre la migraine sont associés à un risque de fausse couche accru de 42 % avant la 20e semaine de grossesse, selon une étude publiée le 12 octobre 2026 dans JAMA Neurology. L’équipe de l’épidémiologiste Anick Bérard (CHU Sainte-Justine, Montréal) a analysé 7 579 grossesses de femmes migraineuses assurées aux États-Unis, entre 2018 et 2021. Les quatre anticorps de la classe sont concernés : Aimovig, Ajovy, Emgality et Vyepti.

42 %de risque de fausse couche en plus, avant la 20e semaine

Combien de fausses couches en plus sur 100 grossesses ?

Un peu plus de six, en ordre de grandeur. Le risque moyen sert de point de départ : 15,3 % des grossesses reconnues finissent en fausse couche, selon une synthèse internationale parue dans The Lancet le 1er mai 2021. Avec le risque accru de 42 % mesuré dans JAMA Neurology le 12 octobre 2026, la fausse couche passerait d’environ 15 à 22 grossesses sur 100 exposées aux anti-CGRP.

L’étude affiche des taux bruts plus élevés : 28,6 % pendant les périodes sous anti-CGRP, 12,8 % sous propranolol seul. Ils portent sur du temps de grossesse exposé, pas sur des grossesses entières.

D’un risque relatif à un risque pour 100 grossesses

Fausses couches attendues : 21,7 sur 100 grossesses

Exemple : 15,3 sur 100 multiplié par 1,42 donne 21,7 sur 100.

Calcul : risque de départ × rapport de risques. Ordre de grandeur collectif : le risque de départ varie avec l’âge et les antécédents. Sources : The Lancet (2021), JAMA Neurology (2026).

Pourquoi ce chiffre ne prouve-t-il pas que le médicament est en cause ?

Parce que l’étude lit des dossiers d’assurance, qui séparent mal le traitement de la maladie qu’il soigne. Ces dossiers ne disent ni la sévérité des crises, ni si le traitement a été pris, ni si la grossesse était planifiée, souligne ScienceAlert.

La migraine elle-même pèse : une étude britannique parue dans Cephalalgia le 28 janvier 2026 a suivi 193 208 grossesses de femmes migraineuses. Leur risque de fausse couche dépasse de 6 % celui des femmes sans migraine. Dans l’étude de JAMA Neurology, une analyse statistique des biais possibles ramène le surcroît lié aux anti-CGRP à 33 % : le signal tient, sa cause reste à prouver.

Sous propranolol1,02
Sous anti-CGRP1,42

Méthode : rapport de risques ajusté de fausse couche, période exposée contre période non exposée, sur 7 579 grossesses (Flatman, Bérard et al., JAMA Neurology, 12 octobre 2026).

Les anti-CGRP font-ils pire que les autres traitements de la migraine ?

Pas nettement : seuls les AINS font plus haut. L’étude de Cephalalgia, tirée d’un registre britannique de grossesses couvrant 2000 à 2019, associe aussi des traitements bien plus anciens à la fausse couche. Le surcroît atteint 24 % avec les triptans et 25 % avec l’amitriptyline, un antidépresseur prescrit en traitement de fond. Il grimpe à 74 % avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Les anti-CGRP montrent une association plus forte que les triptans, plus faible que les AINS ; le propranolol reste neutre. Deux études, deux pays, des mesures de risque voisines mais pas identiques.
Les anti-CGRP montrent une association plus forte que les triptans, plus faible que les AINS ; le propranolol reste neutre. Deux études, deux pays, des mesures de risque voisines mais pas identiques.
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Les deux études n’emploient pas exactement la même mesure du risque, et leurs populations diffèrent. Leurs résultats se lisent comme des ordres de grandeur voisins, pas comme un classement au centième.

Les anti-CGRP entre les triptans et les AINS
ExpositionPaysRisque relatif ajustéFausses couches sur 100 grossesses
AINSRoyaume-Uni1,7426,6
Anti-CGRPÉtats-Unis1,4221,7
Anti-CGRP, analyse des biaisÉtats-Unis1,3320,3
AmitriptylineRoyaume-Uni1,2519,1
TriptansRoyaume-Uni1,2419,0
Migraine, sans distinction de traitementRoyaume-Uni1,0616,2
PropranololÉtats-Unis1,0215,6

Que faire en cas de projet de grossesse ?

D’abord, ne rien arrêter seule : ScienceAlert conseille aux migraineuses qui veulent un enfant d’en parler à leur médecin avant de toucher à leur traitement. La notice déconseille déjà ces anticorps, par précaution. Pour Aimovig, la notice européenne reprise par le Vidal signale des données limitées chez la femme enceinte. Chez le singe, l’érénumab traverse le placenta, sans effet observé sur la gestation à des expositions 17 et 34 fois supérieures à celles des patientes. Conclusion : « Par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser Aimovig pendant la grossesse. » Les auteurs de JAMA Neurology demandent d’évaluer plus avant la sécurité de ces anticorps et de mieux conseiller les femmes en âge d’avoir un enfant.

Et chez nous ?

En France, qui peut recevoir ces anticorps ?

Les migraineux les plus sévères, et à leurs frais. La Haute Autorité de santé ne leur reconnaît un intérêt qu’à partir de 8 jours de migraine par mois, après l’échec d’au moins deux traitements de fond. Elle juge leur effet modeste, rappelle la réponse du ministère de la Santé du 12 août 2025. Faute d’accord sur le prix avec les laboratoires, ils n’étaient pas remboursés en août 2025. Le député Olivier Falorni chiffrait le traitement entre 245 et 270 euros par mois.

L’étude ne porte pas sur l’Aquipta (atogépant), cité par le ministère avec les trois anticorps : il appartient aux gépants, l’autre famille qui bloque la voie du CGRP. Dans les deux études, les bêta-bloquants, dont fait partie le propranolol, ne montrent aucun surcroît de fausses couches.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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