Trois coupelles de glace vanille identiques posées sur une table de laboratoire, à côté d'un capteur de glycémie en continu

Édulcorant naturel pour diabétiques, une glace à la brazzéine divise par deux le pic de sucre

À Moscou, une glace vanille sucrée à la brazzéine, protéine d'un fruit africain, a fait monter la glycémie environ deux fois moins que la version au sucre. En vente en France ? Pas encore.

Au Centre fédéral de recherche sur la nutrition de Moscou, 101 adultes ont goûté trois glaces vanille en apparence identiques, dont une seule sucrée au sucre. Les deux autres l’étaient à la brazzéine, une protéine sucrée tirée d’un fruit d’Afrique de l’Ouest. Après ces deux-là, la glycémie est montée environ deux fois moins haut, selon l’essai publié dans Clinical Nutrition ESPEN et relayé par ScienceAlert le 10 octobre 2026.

Tous les participants avaient une stéatose hépatique métabolique (MASLD). Chacun a mangé 100 g de glace par jour, une version différente à chaque fois, sans savoir laquelle. L’effet était plus net chez les malades qui avaient aussi un diabète de type 2, et aucun effet indésirable grave n’a été signalé. Supprimer ces desserts est « souvent irréaliste » et peut faire décrocher du régime, écrivent les auteurs. Pour un diabétique qui cherche un édulcorant naturel, la brazzéine reste pourtant hors de portée en France.

Et chez nous ?

Peut-on acheter de la brazzéine en France ?

Non. En octobre 2026, la brazzéine n’est pas autorisée dans l’Union européenne, alors que la FDA américaine l’admet comme édulcorant depuis le 11 mars 2024, à des doses de 2 à 99 mg pour 100 g d’aliment. En Europe, un ingrédient nouveau doit passer par la procédure des « nouveaux aliments ». La brazzéine ne figure pas parmi les demandes publiées par la Commission. Aux États-Unis, c’est la société Oobli qui a obtenu ce feu vert (dossier GRAS n° 1142), pour une brazzéine fabriquée par une levure modifiée, Komagataella phaffii.

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La glace de Moscou restait dans la fourchette américaine. Le registre de l’essai indique 0,014 % de brazzéine dans la recette : chaque portion de 100 g en contenait 14 mg. Plus de 3,8 millions de personnes, soit 5,6 % de la population, étaient traitées pour un diabète en France en 2023 (Santé publique France).

Pourquoi le pic de sucre baisse-t-il ?

Le sucre de table se scinde dans l’intestin en glucose et en fructose, qui passent dans le sang. La brazzéine est une protéine, que l’organisme digère comme les autres, en acides aminés : elle n’apporte pas de glucose. Elle est surtout si puissante qu’il en faut très peu, puisqu’elle sucre jusqu’à 2 000 fois plus que le sucre à poids égal. Une glace vanille classique contient 21,2 g de sucres pour 100 g, lactose du lait compris (base FoodData Central de l’USDA). Trois portions de 100 g par semaine font donc 63,6 g de sucres.

Le sucre de vos glaces sur une semaine

Sucres par semaine : 63,6 g

Exemple : trois portions de 100 g d’une glace vanille à 21,2 g de sucres pour 100 g = 63,6 g de sucres.

Calcul : portion × sucres pour 100 g ÷ 100 × nombre de glaces. Teneur par défaut : glace vanille, USDA FoodData Central, lactose compris. Remplacez-la par la ligne « dont sucres » de votre étiquette.

La brazzéine ne travaillait pourtant pas seule. Le registre détaille deux recettes allégées. L’une associe 6 % de maltitol et 8 % d’oligofructose. L’autre combine 7,5 % d’érythritol, 2,5 % de maltitol et 4 % d’inuline. Ces polyols et ces fibres prennent la place que tenait le sucre dans la masse de la glace. Les chercheurs reconnaissent que ces différences de recette empêchent d’isoler l’effet de la brazzéine.

L’essai a duré quelques jours, sur un groupe précis de malades souvent en surpoids, et ses auteurs réclament des études de plus long terme. La glycémie était suivie par un capteur en continu, et l’équipe notait aussi la fréquence et l’aspect des selles. L’industriel EFKO figure parmi les partenaires de l’étude, aux côtés de la Fondation russe pour la science.

Quel édulcorant naturel pour un diabétique, en attendant ?

La brazzéine a une cousine déjà autorisée en Europe : la thaumatine, l’additif E957, une protéine extraite du fruit d’une plante africaine, Thaumatococcus daniellii. L’EFSA l’a réévaluée en 2021. L’agence la décrit comme une protéine digestible, sans risque aux niveaux d’usage autorisés, et n’a pas jugé utile de lui fixer une dose journalière.

Quel est le meilleur édulcorant naturel ? Aucun essai ne permet d’en désigner un pour tous les diabétiques. La brazzéine a pour elle sa résistance : elle supporte jusqu’à 80 °C et un large éventail d’acidités, assez pour entrer dans un dessert cuit. Un substitut du sucre n’est pas neutre pour autant. Une étude passée à l’IRM a montré qu’un édulcorant ralentit l’estomac comme le sucre. Le choix se discute avec le médecin ou le diététicien qui suit le traitement.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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