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Vous buvez trois à cinq tasses par jour ? C’est le profil des 31 volontaires que l’APC Microbiome Ireland, centre de l’University College Cork, a privés de café pendant quatorze jours. Les chercheurs leur ont ensuite rendu du café pendant trois semaines, en double aveugle : du caféiné pour seize d’entre eux, du décaféiné pour les quinze autres. Résultat publié le 21 avril 2026 dans Nature Communications : seul le groupe décaféiné a amélioré son score de mémoire.
Et chez nous ?
Trois tasses par jour, le rythme d’environ 39 % des Français
73 % des Français boivent du café régulièrement, et 53 % d’entre eux en sont à trois tasses par jour (enquête Ipsos pour Nescafé, 1 000 personnes de 18 à 75 ans interrogées du 5 au 8 avril 2024). Le produit de ces deux taux donne la part de la population au même rythme que les volontaires irlandais. Environ 39 % des Français de 18 à 75 ans boivent en moyenne trois tasses de café par jour, soit le plancher du régime testé sur 31 buveurs irlandais (Ipsos, avril 2024 ; Nature Communications, 21 avril 2026). Trois tasses, c’est le mug du matin, celui de 11 heures et celui d’après le déjeuner.
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Ce que les deux cafés changent, caféine ou pas
À l’entrée de l’essai, les 31 buveurs étaient plus impulsifs et plus réactifs émotionnellement que les 31 abstinents, tous âgés de 30 à 50 ans. Ce sont les abstinents qui réussissaient le mieux les tests de mémoire. La flore intestinale des buveurs portait aussi plus de Cryptobacterium curtum et d’espèces du genre Eggerthella, et moins de GABA (l’article de Nature Communications). Deux dérivés du tryptophane y étaient également en retrait, l’acide indole-3-propionique et l’indole-3-carboxaldéhyde. Leur inflammation de fond était plus basse, avec moins de protéine C réactive et plus d’interleukine 10.
Les quatorze jours d’arrêt ont servi de test en creux. Pendant le sevrage, la protéine C réactive et le TNF-alpha ont augmenté, et la plupart des métabolites liés au café sont redescendus. Le score d’attention, en revanche, s’est amélioré sans café, peut-être par simple répétition du test, notent les auteurs. À la reprise, les métabolites de la caféine ne sont revenus que chez les buveurs de caféiné, alors que les composés phénoliques sont remontés dans les deux groupes.
Le stress perçu a baissé dans les deux groupes à la reprise du café. La dépression et l’impulsivité aussi, mesurées aux échelles BDI et UPPS-P. Ces changements aigus du microbiome sont apparus indépendamment de la caféine. AAP a déjà mesuré la trace des médicaments dans cette flore : 78 molécules sur 186 y restent détectables des années après l’arrêt (29 août 2026).
La pression artérielle des buveurs a baissé au fil de l’essai, systolique comme diastolique. À la reprise, la systolique du groupe caféiné est descendue plus bas que celle du groupe décaféiné. Le cortisol du réveil, lui, n’a baissé que dans le groupe caféiné. Les prélèvements ont porté sur les selles, les urines, la salive et le sang. Dans les urines, les métabolites phénoliques varient fortement d’une personne à l’autre : un même café ne produit pas la même chimie chez tout le monde.
Ce que seul le décaféiné a amélioré
Seuls les quinze volontaires passés au décaféiné ont progressé au test de mémoire ModRey, entre le début et la fin de l’essai. Le décaféiné a aussi amélioré leur qualité de sommeil et fait baisser l’intensité de leur réactivité émotionnelle. Les seize buveurs de caféiné, eux, ont gagné en attention et en vigilance, avec une anxiété en recul et un risque inflammatoire réduit, selon l’University College Cork.
Huit échelles psychométriques comparent les deux tasses.
| Mesure | Café caféiné (16 volontaires) | Café décaféiné (15 volontaires) |
|---|---|---|
| Stress perçu (PSS) | En baisse | En baisse |
| Dépression (BDI) | En baisse | En baisse |
| Impulsivité (UPPS-P) | En baisse | En baisse |
| Anxiété (STAI) | En baisse | Pas d’effet rapporté |
| Attention et vigilance (PASAT) | En hausse | Pas d’effet rapporté |
| Mémoire (ModRey) | Inchangée | En hausse |
| Qualité du sommeil (PSQI) | Pas d’effet rapporté | En hausse |
| Réactivité émotionnelle (ERS) | En baisse (score total) | En baisse (score total et intensité) |
Un modèle intégré a ensuite isolé neuf métabolites qui relient le plus étroitement les espèces bactériennes aux mesures cognitives. La caféine et la théophylline en font partie, aux côtés d’acides phénoliques issus du grain. Les auteurs placent ces molécules au centre du dialogue entre l’intestin et le cerveau.
L’essai a été sponsorisé par l’Institute for Scientific Information on Coffee, précise l’université. Les auteurs posent eux-mêmes une limite : l’étude n’était probablement pas assez puissante pour détecter des effets petits à moyens au-delà de son hypothèse principale, le microbiome. Le protocole est enregistré sous les numéros NCT05927038 et NCT05927103, et le texte intégral de l’étude est en libre accès.
Dans les deux groupes, la dose était identique : quatre sachets de café instantané par jour, 1,8 gramme chacun. Aucun volontaire ne savait lequel il buvait.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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