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Sur 100 cancers diagnostiqués dans le monde en 2024, combien sont attribuables à une infection ?
La réponse :
Décryptage
2,3 millions de cancers diagnostiqués dans le monde en 2024 sont attribuables à une infection. Soit un cancer sur huit. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence cancer de l’OMS installée à Lyon, a publié ces estimations le 28 septembre 2026 dans The Lancet Oncology. Cinq agents suffisent à expliquer l’essentiel de cette charge, et quatre d’entre eux se bloquent déjà par un vaccin, un test ou un traitement disponibles en France.
En France métropolitaine, les agents infectieux étaient à l’origine de 4 % des nouveaux cancers en 2015, soit environ 13 800 cas, contre 12 % à l’échelle mondiale en 2024. La différence se lit sur une carte et dans un calendrier de vaccination.
En bref
- 2,3 millions de cancers diagnostiqués en 2024 sont attribuables à une infection, soit 12 % du total mondial (CIRC, 29 septembre 2026).
- Cinq agents portent l’essentiel : Helicobacter pylori (760 000 cas), les papillomavirus (750 000), l’hépatite B (360 000), le virus d’Epstein-Barr (260 000) et l’hépatite C (160 000).
- Les quatre agents contre lesquels la France a un geste totalisent 2 030 000 cas, soit 88 % de la charge mondiale.
- La part attribuable aux infections en France métropolitaine était de 4 % des cancers en 2015, soit environ 13 800 cas.
- Couverture vaccinale HPV à 15 ans en 2025 : 61,6 % des filles et 46,0 % des garçons pour au moins une dose, face à un objectif de 80 % en 2030.
Une bactérie, quatre virus
Helicobacter pylori arrive en tête avec 760 000 cancers en 2024, presque tous gastriques, soit 4 % de tous les cancers diagnostiqués sur la planète. Les papillomavirus suivent de très près : 750 000 cas, 4 % également, avec une majorité de cancers du col de l’utérus et une part croissante de la sphère ORL. Viennent ensuite l’hépatite B (360 000 cas, 2 %), le virus d’Epstein-Barr (260 000 cas, 1 %, surtout des cancers du cavum et des lymphomes). L’hépatite C ferme la marche avec 160 000 cas, moins de 1 %, d’après le détail par agent.
Le classement se lit d’un coup d’œil : deux agents portent à eux seuls les deux tiers du total, et la France dispose d’un outil contre chacun des deux.

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Le tableau ci-dessous ajoute ce que le graphique ne montre pas : l’organe touché et l’outil de prévention réellement accessible en France, agent par agent.
| Agent | Cas dans le monde en 2024 | Part de tous les cancers | Organes surtout touchés | Outil disponible en France |
|---|---|---|---|---|
| Helicobacter pylori | 760 000 | 4 % | Estomac | Antibiotiques : 10 ou 14 jours selon le protocole |
| Papillomavirus (HPV) | 750 000 | 4 % | Col de l’utérus, sphère ORL | Vaccin, et dépistage organisé par test HPV |
| Hépatite B | 360 000 | 2 % | Foie | Vaccin : plus de 95 % des nourrissons couverts à 24 mois |
| Virus d’Epstein-Barr | 260 000 | 1 % | Cavum, lymphomes | Ni vaccin ni dépistage organisé |
| Hépatite C | 160 000 | Moins de 1 % | Foie | Prise de sang, puis traitement curatif |
Sources : CIRC et The Lancet Oncology (28 septembre 2026), Haute Autorité de santé, Santé publique France.
Additionnés, les quatre agents contre lesquels la France dispose d’un geste totalisent 2 030 000 cas, soit 88 % de la charge mondiale. L’étude range les moyens d’action en quatre familles : vaccins, diagnostics, traitements et pratiques d’injection sûres. Le virus d’Epstein-Barr ne relève d’aucune parade de routine.
Le travail du CIRC élargit par ailleurs la liste des cancers concernés. Les auteurs y comptent désormais une part des cancers de l’estomac liée au virus d’Epstein-Barr, en plus du cavum et des lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens. Col de l’utérus, foie, estomac, voies aérodigestives supérieures : l’inventaire couvre des cancers très fréquents, pas des maladies rares.

Et chez nous ?
Pourquoi la part française est trois fois plus basse
Santé publique France chiffrait à 4 % la part des cancers attribuables aux infections en France métropolitaine, contre 12 % dans le monde : un rapport de trois. La géographie explique l’essentiel. 42 % des cancers d’origine infectieuse se concentrent en Asie de l’Est, portés par H. pylori et l’hépatite B, et 75 % de la charge mondiale pèse sur les pays à revenu faible ou intermédiaire. L’estimation française porte de surcroît sur 2015 et sur les adultes de 30 ans et plus, celle du CIRC sur l’ensemble des cas de 2024.
Les papillomavirus ont causé 6 300 cancers en France en 2015 : 1 800 chez les hommes et 4 500 chez les femmes. L’hépatite B en a causé près de 700, tous au foie, selon le bilan de Santé publique France.
Vaccin, antibiotique, prise de sang : l’arsenal déjà en place
La vaccination contre l’hépatite B est celle qui tient le mieux : plus de 95 % des nourrissons étaient couverts à 24 mois en 2025, d’après le bilan de couverture vaccinale publié le 27 avril 2026. Les papillomavirus, eux, avancent plus lentement.
À 15 ans, 61,6 % des filles et 46,0 % des garçons avaient reçu au moins une dose de vaccin HPV en 2025, contre 58,4 % et 36,9 % un an plus tôt. La campagne menée au collège y est pour beaucoup : chez les garçons, la couverture a gagné 16,3 points entre 2023 et 2025. Passé l’âge scolaire, le rattrapage jusqu’à 26 ans reste ouvert, et la recherche explore d’autres voies, jusqu’à un chewing-gum antiviral.
Pour le col de l’utérus, le dépistage organisé a atteint 60,9 % de participation en 2024, soit 9,7 points de plus qu’en 2017, selon la participation au dépistage.
Côté Helicobacter pylori, la France a fait de l’éradication un acte de médecine courante. Le traitement associe plusieurs antibiotiques et un inhibiteur de la pompe à protons pendant 10 ou 14 jours selon le protocole. Il supprime l’infection dans 80 à 90 % des cas, indique la fiche de la HAS. La bactérie est en cause dans 80 % des cancers de l’estomac, et 1 % des personnes infectées en développent un. Un test respiratoire, un mois après la fin du traitement, vérifie qu’elle est partie.
L’hépatite C se guérit. Environ 133 000 personnes vivaient avec une hépatite C chronique en France métropolitaine en 2016, dont 26 000 (19 %) sans le savoir, d’après les données hépatite C. Une prise de sang les sépare des traitements qui permettent aujourd’hui la guérison.
Où la couverture française décroche
L’objectif fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 est de 80 % de couverture vaccinale HPV. À 16 ans, le schéma complet n’était atteint que par 50,7 % des filles et 32,1 % des garçons en 2025. Le dépistage du col reste également sous le seuil européen acceptable de 70 %.
Quatre départements dépassent ce seuil : le Finistère, le Morbihan, l’Isère et les Hautes-Alpes. La Seine-Saint-Denis est à 45,7 %, La Réunion à 65,8 % et Mayotte à 17,4 %, soit moins d’une femme sur cinq dans la population invitée. Plus de 25 points séparent les extrêmes de l’Hexagone.

Trois quarts de la charge dans les pays à faible revenu
« Ce sont des facteurs de risque très actionnables. On peut les tester. On peut vacciner contre eux », résume Gary Clifford, épidémiologiste au CIRC et coauteur de l’étude, dans l’entretien de Scientific American. L’argument porte surtout là où les outils manquent : l’Afrique subsaharienne cumule une charge élevée de cancers liés aux papillomavirus et au VIH, avec un accès au dépistage très inégal. L’Asie du Sud-Est figure aussi parmi les régions les plus touchées.
Les auteurs en tirent une conclusion nette : une part significative de la charge mondiale de cancer est évitable par un meilleur contrôle des infections. C’est ce que dit l’annonce du CIRC du 29 septembre 2026, qui accompagne l’étude du Lancet Oncology parue la veille.
Questions courantes
Quelle place les infections occupent-elles parmi les facteurs de risque de cancer en France ?
La cinquième parmi les facteurs modifiables, derrière le tabac (20 % des cas), l’alcool (8 %), l’alimentation (5,4 %) et le surpoids (5,4 %), d’après l’estimation de Santé publique France pour 2015.
Avec quel test dépiste-t-on aujourd’hui le cancer du col de l’utérus ?
Le test HPV s’est imposé chez les femmes de 30 à 65 ans : il représentait 90,5 % des dépistages de cette tranche d’âge en 2024, contre 30,7 % en 2020.
L’étude du CIRC ne porte-t-elle que sur ces cinq agents ?
Non. Elle prend aussi en compte le VIH et le polyomavirus de Merkel, mais les cinq premiers concentrent l’essentiel des cas comptés.
Chez un adulte sans symptôme ni facteur de risque, la HAS accepte une simple sérologie en première intention pour Helicobacter pylori. La première ligne du tableau se règle donc chez votre médecin traitant.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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