Gros plan sous-marin d'un pycnogonide aux longues pattes fines posé sur un rocher couvert d'hydraires, en eau froide peu profonde.

La mer des Salish cachait deux araignées de mer à yeux rouges et bouche à trois lèvres

Deux araignées de mer inconnues viennent d'être décrites au large de la Colombie-Britannique, les premières de la mer des Salish depuis près d'un siècle. Bouche triangulaire à trois lèvres, épines en peigne pour se toiletter : l'anatomie est réelle, et toute la classe ne pèse que 1 433 espèces au catalogue mondial du vivant.

Sous les rochers de l’île Quadra, Cormac Toler-Scott a remonté une bête à yeux rouges et pattes velues. Le zoologiste de l’université de Colombie-Britannique en a tiré une espèce nouvelle pour la science. Avec une seconde, ce sont les premières araignées de mer décrites dans la mer des Salish depuis près d’un siècle (Organisms Diversity & Evolution, 26 août 2026).

La première porte le nom de Callipallene pilosuspedes, jeu sur le latin « pattes velues ». Elle a des yeux rouges et de longues épines courbes sur le bas des pattes. Sa bouche est triangulaire, divisée en trois lèvres, entourée de tendrilles sensorielles. Un seul spécimen a été trouvé.

Sous le microscope, l’équipe l’a vue enrouler ses ovigères autour de ses propres jambes. Ces pattes servent d’ordinaire à porter les œufs. Celle-ci s’en sert pour se décrasser, avec les épines en peigne qui les garnissent. Tanystylum kiixin n’a pas cet outillage.

Ce qui sépare les deux espèces

L’article compare sept espèces côtières de la région, imagerie détaillée et analyse ADN à l’appui. Entre les deux nouvelles venues, la différence tient surtout à une question d’hygiène.

Les deux espèces nouvelles de la mer des Salish, trait pour trait (Organisms Diversity & Evolution, 26 août 2026 ; université de Colombie-Britannique, 25 septembre 2026).
CritèreCallipallene pilosuspedesTanystylum kiixin
Origine du nomLatin « pattes velues »kiix̣in, ancien site de village autochtone
Ovigères (pattes porte-œufs)Très habiles, utilisés comme outilsBien plus petits et moins agiles
ToilettageEnroulement autour des jambes, épines en peigneNettoyage inefficace
PassagersNon rapportésFréquemment de minuscules parasites
Spécimens décritsUn seulPlusieurs

La seconde espèce doit son nom à kiix̣in, un ancien site de village autochtone proche des premières collectes. Le mot se prononce « kee-hin » et vient du bruit des vagues au pied du site.

Vue rapprochée en laboratoire d'un pycnogonide repliant une patte porte-œufs contre l'une de ses jambes, sous éclairage de microscope.
Callipallene pilosuspedes enroule ses ovigères autour de ses jambes et se nettoie avec des épines en peigne.

Pourquoi personne n’avait regardé

Toler-Scott cherchait au départ ce que le changement climatique fait aux invertébrés marins de la mer des Salish. Il n’a rien trouvé. « C’est en grande partie parce que les gens ne savent pas grand-chose sur les espèces qui vivent ici, ni sur leur mode de vie », explique-t-il dans le communiqué de l’université. « Pour comprendre comment les invertébrés marins sont affectés par des choses comme le changement climatique, il faut être capable de les identifier. »

Beaucoup d’espèces d’eau peu profonde sont minuscules et vivent en parasites sur de plus gros organismes, qu’elles vident à l’aide d’un appareil buccal appelé proboscis. Toler-Scott décrit le résultat comme « un écosystème dans un écosystème dans un écosystème ». La bête porte ses propres passagers.

Les araignées de mer sont apparues il y a environ 500 millions d’années. Les espèces antarctiques dépassent 70 centimètres d’envergure, quand les formes côtières tiennent sous le centimètre. Les pycnogonides, ou araignées de mer, comptent 1 433 espèces décrites sur les 2 440 722 du Catalogue of Life au 26 août 2026, soit une espèce décrite sur 1 703. Le registre de la classe en fait un groupe minuscule au catalogue, dont notre compteur du vivant donnait le total le même jour.

Et chez nous ?

Sous les pierres de la Manche

Pycnogonum litorale vit en mer du Nord, en Manche et dans l’Atlantique, de la Norvège arctique au nord de l’Espagne. La base DORIS de la FFESSM la range sous le nom vernaculaire d’araignée de mer. Son corps dépasse rarement le centimètre, pour une envergure de deux : elle tiendrait sous une pièce de deux euros. Elle remonte parfois jusqu’à la laisse de basse mer, et des spécimens ont été collectés jusqu’à 400 mètres de fond. Son régime est strictement cnidaire : anémones et hydraires.

Les plongées canadiennes ont eu lieu entre septembre 2023 et août 2024, jusqu’à 18 mètres de fond, à l’île Quadra, à Vancouver, à Bamfield et à Victoria. « Je n’ai eu qu’une saison de terrain, mais il y a clairement plus de diversité là-dehors, que nous n’avons pas documentée », conclut Cormac Toler-Scott.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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