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La carte s’appelle « Typical First Snowfall Of The Season » et colorie les États-Unis mois par mois : août-septembre sur les plus hauts sommets, octobre sur les Rocheuses du nord et le Haut-Midwest, novembre sur les Grands Lacs et l’intérieur du Nord-Est, décembre-janvier sur le Sud profond et la côte du Golfe. Elle est publiée par le Farmers’ Almanac, almanach américain fondé en 1818, qui la ressort à chaque rentrée pour répondre à la seule question qui intéresse ses lecteurs : quand la neige arrivera-t-elle chez moi ?
L’almanach prévient lui-même : « This is a climatological guide rather than a forecast for one particular storm. » Denver y voit sa première neige mesurable autour du 18 octobre, les Twin Cities autour du 4 novembre, Buffalo autour du 8 novembre, Chicago sa première trace vers la fin octobre. Transposée en France, la même question a une réponse plus tardive, et beaucoup moins coloriée.
Une méthode que personne, dehors, ne peut vérifier
Ce qui fait tenir la maison depuis 208 années consécutives de prévisions, c’est une recette qu’elle ne publie pas. Sa perspective hiver 2026-2027, sortie en août comme chaque année, revendique une combinaison de cycles de taches solaires, de position lunaire, d’attraction des marées et de pondération de schémas historiques, dont « the exact details are not publicly published ». Elle découpe le pays en sept zones, annonce ses prévisions jusqu’à dix-huit mois à l’avance et affiche 80 à 85 % de réussite sur ses perspectives régionales.
Le monde académique ne signe pas ce chiffre. « The Farmers’ Almanac does not share how it makes its forecast, so it cannot be judged scientifically », écrivaient en 2020 les météorologues de l’université du Wisconsin-Madison, qui concluent à l’absence de compétence prévisionnelle démontrée. Leur point de comparaison est le Climate Prediction Center de la NOAA, qui publie les principes de ses prévisions et leur validation.

En France, la première neige en plaine ne se joue pas en octobre
Météo-France écrit qu’« on rencontre fréquemment des épisodes de neige dès la deuxième quinzaine du mois de novembre jusqu’en mars ou avril », parfois jusqu’en mai. Avant cette date, les chutes de neige sont « rarissimes » en septembre et la neige « reste exceptionnelle » début octobre en plaine. La montagne, elle, démarre bien plus tôt : « dès fin août-début septembre au-dessus de 2 000 à 2 500 m d’altitude ».
L’écart avec la carte américaine tient en un mois, presque jour pour jour. En France, la neige en plaine ne devient fréquente qu’à partir de la deuxième quinzaine de novembre, soit vingt-neuf jours après le 18 octobre, date moyenne de la première neige mesurable à Denver (Météo-France et Farmers’ Almanac, septembre 2026). Deux latitudes, deux reliefs, deux définitions du mot neige : la comparaison ne vaut que pour ce que chaque source écrit sur ses propres cartes.
Mois par mois, voilà ce que chacune annonce.
| Où | Première neige typique |
|---|---|
| Plus hauts sommets américains, extrême nord | août-septembre |
| Rocheuses du nord, nord des Plaines, Haut-Midwest | octobre |
| Grands Lacs, Rocheuses centrales, intérieur du Nord-Est | novembre |
| Plaines centrales, vallée de l’Ohio, intérieur du Mid-Atlantic | fin novembre-décembre |
| Sud profond, côte du Golfe, sud-ouest désertique | décembre-janvier, ou aucune |
| Massifs français, au-dessus de 2 000 à 2 500 m | fin août-début septembre |
| Plaines françaises | 2e quinzaine de novembre |
Les exceptions françaises existent, et elles sont datées. Lyon sous la neige le 8 octobre 1936, Nancy et Metz le 11 octobre 1975, 4 cm à Langres le 13, 1 cm à Bâle-Mulhouse les 23 et 24 octobre 2003, 10 cm à Pré-en-Pail (Mayenne) le 30 octobre 2008, 15 à 20 cm à l’ouest de Grenoble les 27 et 28 octobre 2012. Et le littoral méditerranéen, réputé épargné, a compté 25 épisodes majeurs à plus de 10 cm au sol à basse altitude en 32 hivers, de 1970-1971 à 2001-2002.
Ce qu’une prévision saisonnière peut dire, et ce qu’elle ne dira pas
À dix-huit mois, la date exacte n’existe pas. Les prévisions saisonnières de Météo-France « permettent de dégager une tendance générale à l’échelle de l’Europe de l’Ouest sur le trimestre qui suit » : plus chaud, plus froid, plus sec ou proche des normales, en probabilités, jamais un jour ni une ville. C’est exactement le créneau où l’almanach américain, lui, ose une carte coloriée et un mois par région, et c’est ce qui le rend irrésistible.
Côté français, la première neige reste donc affaire de bulletin quotidien, comme les orages de septembre : elle se décide à quelques jours d’un flux d’air polaire. L’almanach, lui, promet déjà outre-Atlantique un hiver de contrastes marqués : rail de tempêtes actif au sud, coups de froid vifs au nord, mélange de pluie, de grésil, de verglas et de neige lourde et humide sur le Nord-Est.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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