Un enfant de dos, assis par terre le soir, l’écran de son téléphone éclairant le mur du salon.

66 % des enfants abordés par un inconnu en ligne : ce que ces messages cherchent vraiment

Une étude australienne sur 304 enfants de 10 à 17 ans mesure douze stratégies de grooming et pas seulement les demandes explicites : 66 % en ont reçu au moins une en un an. Ce que ces messages cherchent, et ce que voit le 3018 en France.

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que l’étude a réellement compté
  3. Avant la demande, il y a les questions
  4. Les réglages ne font pas baisser le compteur
  5. Ce que voit le 3018, en France
  6. Ce qu’un parent peut faire ce soir
  7. Questions courantes

Décryptage

66 % des enfants interrogés dans une étude australienne ont reçu au moins un message relevant du grooming d’un inconnu en ligne en douze mois. L’enquête porte sur 304 enfants de 10 à 17 ans et paraît le 27 août 2026 dans Child Abuse & Neglect : 31 % rapportent aussi une sollicitation sexuelle directe.

On imagine le prédateur qui réclame une photo. La conversation d’avant compte davantage : elle ne demande rien encore, et les enfants interrogés l’attribuent en majorité à un autre enfant.

En bref

  • 66 % des 304 enfants australiens de 10 à 17 ans interrogés ont reçu au moins un message relevant du grooming d’un inconnu en ligne sur un an, 31 % une sollicitation sexuelle directe.
  • L’étude mesure douze stratégies, et pas seulement la demande explicite : l’évaluation du risque atteint 54 % des enfants, l’incitation par un avantage extérieur 15 %.
  • Les enfants qui déclaraient appliquer des pratiques de sécurité numérique n’en recevaient pas moins que les autres.
  • En France, le 3018 a traité 44 028 situations en 2025, et plus de la moitié basculent des plateformes publiques vers les messageries privées.

Ce que l’étude a réellement compté

L’équipe de l’université d’Adélaïde a fait remplir un questionnaire en ligne à 304 enfants de 10 à 17 ans, avec l’eSafety Commissioner australien, l’Australian Institute of Criminology et Michigan State University. Le questionnaire ne portait pas uniquement sur les demandes sexuelles : il mesurait douze stratégies de grooming et de sollicitation, le degré de gêne ressentie, l’âge supposé du correspondant et la réaction de l’enfant.

C’est ce périmètre qui fait bouger le résultat. La notice de l’étude résume le point de départ des chercheurs : les auteurs d’abus « emploient des stratégies spécifiques » et recourent à « l’usage dissimulé de la tromperie et de la manipulation émotionnelle pour installer la confiance ». Compter ces étapes-là, et pas seulement le moment où la demande devient explicite, déplace l’ordre de grandeur du phénomène.

Les douze stratégies sont loin de se valoir en fréquence.

La communication la plus fréquente n’est pas la demande sexuelle : c’est l’évaluation du risque, l’étape où l’inconnu jauge son interlocuteur. Échantillon de 304 enfants de 10 à 17 ans, conçu pour refléter la population australienne mais sans valeur d’estimation nationale.
La communication la plus fréquente n’est pas la demande sexuelle : c’est l’évaluation du risque, l’étape où l’inconnu jauge son interlocuteur. Échantillon de 304 enfants de 10 à 17 ans, conçu pour refléter la population australienne mais sans valeur d’estimation nationale.
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L’écart entre les 54 % de l’évaluation du risque et les 31 % de la sollicitation dit à peu près tout : l’amont est bien plus courant que la demande.

Avant la demande, il y a les questions

L’évaluation du risque est la catégorie la plus rapportée des douze : 54 % des enfants interrogés en ont fait l’expérience, contre 31 % pour la sollicitation sexuelle directe. Un rapport de un à 1,7. Pour chaque enfant qui reçoit une demande explicite, il y en a donc près de deux qui reçoivent d’abord des messages destinés à jauger l’interlocuteur et son environnement.

À l’autre bout de l’échelle, l’incitation par un avantage extérieur, cadeau ou promesse, ne concerne que 15 % des enfants. Le cliché du bonbon numérique est la moins fréquente des douze stratégies mesurées.

Le tableau reprend les quatre repères chiffrés de l’étude.

Communications reçues d’inconnus en ligne sur douze mois, part des 304 enfants australiens de 10 à 17 ans interrogés (Child Abuse & Neglect, 27 août 2026)
Type de communicationPart des enfants interrogés
Au moins un message relevant du grooming66 %
Évaluation du risque (catégorie la plus rapportée)54 %
Sollicitation sexuelle directe31 %
Incitation par un avantage extérieur (catégorie la moins rapportée)15 %

Ces pourcentages décrivent des conversations ordinaires, et c’est précisément ce qui les rend difficiles à repérer depuis l’extérieur.

Mains d’enfant tenant un téléphone, fil de discussion flou et illisible à l’écran.
L’étude range ces échanges en douze stratégies, de l’intérêt commun affiché à la demande explicite.

Les réglages ne font pas baisser le compteur

Un résultat mérite d’être lu deux fois : les enfants qui déclaraient appliquer des pratiques de sécurité numérique n’en recevaient pas moins que les autres. Aucun lien statistique n’apparaît entre ces pratiques et le nombre de messages reçus.

Ce qui pèse n’est pas le réglage, c’est la publication. L’engagement numérique, et en particulier le fait de publier des contenus, montre la corrélation la plus forte avec le fait de recevoir ces messages : un eta carré partiel qui grimpe jusqu’à 0,157, ce qui est considérable pour ce type d’enquête.

Le constat ne condamne pas les réglages de confidentialité, qui servent à limiter la diffusion et à reprendre la main sur un compte. Il déplace leur rôle : ils ne filtrent pas le premier message. La vérification de l’âge qui arrive sur les magasins d’applications joue, elle aussi, sur l’accès aux services, pas sur le contenu des conversations privées.

Ce que voit le 3018, en France

Le 3018 a reçu 124 500 sollicitations en 2025, et son rapport de transparence publié le 11 mai 2026 en compte 44 028 traitées dans l’année.

Le rapport pointe surtout un mouvement : plus de la moitié des situations prises en charge basculent des plateformes publiques vers les messageries privées, là où la modération ne voit plus rien. Le retrait des contenus, lui, n’a rien d’automatique. Sur X, près de 75 % des contenus signalés ne sont pas retirés ; sur Snapchat, YouTube et Facebook, plus de la moitié restent en ligne, le plus souvent sans explication. TikTok concentre à lui seul trois fois plus de signalements qu’Instagram et quatre fois plus que Snapchat.

66 % des 304 enfants australiens de 10 à 17 ans interrogés ont reçu au moins un message relevant du grooming d’un inconnu en ligne en douze mois, selon une étude publiée le 27 août 2026 ; en France, le 3018 a traité 44 028 situations de violences numériques en 2025, soit 121 par jour.

Un casque d’écoute posé sur un bureau de plateforme téléphonique, la nuit.
Le 3018 obtient le retrait des contenus signalés, quand la plateforme accepte de répondre.

Ce qu’un parent peut faire ce soir

Le geste utile tient dans une phrase à dire avant l’incident : un message d’inconnu, même anodin, se montre. L’étude relève que ces échanges sont vécus comme émotionnellement neutres, ni agréables ni désagréables, et attribués à un autre enfant. Un enfant n’a donc aucune raison spontanée d’en parler : il ne lui est rien arrivé de repérable.

Ensuite, l’ordre des gestes compte. Capture d’écran d’abord, blocage ensuite : le 3018 s’appuie sur les contenus signalés pour obtenir leur retrait auprès des plateformes, et un compte supprimé emporte les preuves avec lui.

Le signal le plus concret à guetter reste la proposition de changer d’application. Un inconnu qui pousse vers une messagerie privée après quelques échanges fait exactement ce que décrit le rapport français, et il le fait souvent avant d’avoir rien demandé.

L’association e-Enfance revendique par ailleurs plus de 240 000 téléchargements de l’application 3018 depuis 2022 dans son rapport annuel 2025, et plus de 280 000 personnes sensibilisées sur l’année. Le prochain rapport de transparence dira si la bascule vers les messageries privées s’est encore accentuée.

Questions courantes

Le 3018, c’est pour qui et combien ça coûte ?
C’est le numéro national contre les violences numériques faites aux mineurs, porté par l’association e-Enfance. Il est gratuit et confidentiel, ouvert sept jours sur sept de 9 heures à 23 heures, par téléphone ou via l’application 3018. Un parent peut appeler lui-même, sans son enfant.

À partir de quel âge un enfant est-il concerné ?
L’étude australienne interroge des enfants de 10 à 17 ans. En France, le 3018 relève qu’une victime sur quatre a moins de 11 ans, ce qui déplace la conversation bien avant le collège.

Faut-il supprimer le compte de l’enfant après un message de ce type ?
Supprimer le compte fait disparaître les échanges et coupe l’enfant de ses amis, sans empêcher un nouveau contact ailleurs. Mieux vaut conserver les captures d’écran, signaler à la plateforme et au 3018, puis bloquer le correspondant.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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