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New York, mardi 5 septembre 1882 : des ouvriers défilent dans les rues pour la première fête du travail américaine, sept ans avant que la IIe Internationale ne retienne le 1er mai, à Paris. Ce lundi 7 septembre 2026, les États-Unis chôment ce même rendez-vous de septembre, quand le reste du monde a placé le sien au printemps.
Le ministère du Travail des États-Unis date la première célébration du mardi 5 septembre 1882, à New York, montée selon les plans du Central Labor Union. L’Oregon est le premier État à voter une loi qui la reconnaît, le 21 février 1887 ; le Colorado, le Massachusetts, le New Jersey et l’État de New York suivent dans l’année. En 1894, 23 États de plus l’avaient adoptée, et le 28 juin de cette année-là le Congrès en fait un jour férié fédéral, calé sur le premier lundi de septembre. Le tout premier Labor Day était tombé un mardi : c’est cette loi qui l’a arrêté au lundi, où il n’a plus bougé.
Deux hommes, presque le même nom, une paternité jamais tranchée
Le fondateur de la fête a deux visages et deux orthographes. Peter J. McGuire, charpentier et cofondateur de la Fédération américaine du travail, aurait proposé en 1882 de réserver un jour de congé général aux classes laborieuses. Des recherches plus récentes penchent pour Matthew Maguire, machiniste et secrétaire du Central Labor Union de New York, qui aurait avancé l’idée la même année : le Paterson Morning Call le tenait pour l’auteur incontesté du Labor Day. Les deux hommes ont marché dans le premier cortège, et le ministère du Travail présente encore les deux versions côte à côte.
Le contenu de la journée, lui, était fixé dès l’origine : un défilé de rue destiné à montrer la force et l’esprit de corps des organisations syndicales de la ville, suivi d’une fête pour la détente des travailleurs et de leurs familles. Une résolution de la Fédération américaine du travail y a ajouté, en 1909, le dimanche précédent, consacré aux aspects spirituels et éducatifs du mouvement ouvrier. Le ministère la résume aujourd’hui comme une célébration annuelle des accomplissements sociaux et économiques des travailleurs américains.
Ces cortèges ont été filmés, et la Library of Congress met en ligne des images d’archive d’un défilé du Labor Day.
Le 1er mai, lui, s’est décidé à Paris
La date que le monde a retenue vient pourtant des mêmes rues américaines. Un rapport du Sénat le rappelle : les ouvriers de Chicago avaient déjà manifesté le 1er mai 1867 pour la journée de huit heures, le massacre de Haymarket Square intervient le 4 mai 1886, et la IIe Internationale retient le 1er mai dans le sillage des ouvriers de Chicago, à son congrès de juillet 1889, à Paris.

La suite française est plus lente : Fourmies et ses neuf morts en 1891, la loi du 23 avril 1919 sur la journée de huit heures, la récupération par le régime de Vichy en 1941 sous le nom de Fête du Travail et de la concorde sociale, puis la loi du 30 avril 1947, qui installe pour de bon un 1er mai chômé et payé. Le 1er mai est l’un des onze jours fériés français et le seul que la loi impose de chômer (loi du 30 avril 1947, article L. 3133-4 du code du travail), soit 65 ans après la première fête du travail américaine, célébrée le 5 septembre 1882 à New York. Le salaire est maintenu ; les dix autres, du 15 août au 11 novembre, ne sont pas chômés de plein droit. Les Américains fêtaient le travail en septembre depuis 65 ans quand ce texte a été voté.
| Étape | États-Unis | France et international |
|---|---|---|
| Première manifestation pour les huit heures | 1er mai 1867, Chicago | — |
| Premier défilé de la fête | mardi 5 septembre 1882, New York | — |
| Première reconnaissance officielle | Oregon, 21 février 1887 | — |
| Date retenue par la IIe Internationale | — | 1er mai, congrès de Paris, juillet 1889 |
| Jour férié national | 28 juin 1894, premier lundi de septembre | loi du 30 avril 1947, seul jour que la loi impose de chômer |
Une loi votée sans un mot de débat
La consécration fédérale, elle, s’est faite en silence. Le bureau de l’historien de la Chambre des représentants rappelle que le texte, le S. 730, déposé en août 1893, est resté dix mois au Sénat sans débat, avant de passer sans objection et d’être signé par le président Grover Cleveland le 28 juin 1894. Avant cette loi, la fête flottait dans le calendrier : selon les endroits, elle tombait le 1er septembre, le premier lundi ou le premier samedi du mois.
Ces défilés honoraient une Amérique d’usines qui a beaucoup changé, celle de Gary, dans l’Indiana, où une coupure de courant a duré neuf jours. Le premier lundi de septembre, lui, n’a pas bougé depuis 1894 : après ce 7 septembre, le prochain Labor Day tombera le 6 septembre 2027.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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