![]()
109 Brésiliens ont vu un âge de 110 ans ou plus validé pièce par pièce depuis que ces vérifications existent. C’est le décompte de l’atlas LongeviQuest relevé le 6 septembre 2026, et il tombe pendant qu’une cohorte de centenaires brésiliens fait le tour de la presse mondiale.
La généticienne Mayana Zatz, de l’université de São Paulo, suit près de 200 centenaires, dont une vingtaine de supercentenaires. Le magazine britannique Positive News a raconté cette cohorte le 2 septembre et avancé que le pays pourrait abriter l’une des plus fortes concentrations de supercentenaires au monde. Les registres de vérification racontent autre chose.
Au 6 septembre 2026, LongeviQuest recense 109 Brésiliens dont un âge de 110 ans ou plus a été validé, contre 398 Français, pour une population brésilienne près de trois fois plus nombreuse.
Rapporté au nombre d’habitants, selon nos calculs, cela donne 5,8 cas validés par million en France et 0,5 au Brésil, soit près de onze fois moins. La division utilise les 69,1 millions d’habitants recensés par l’Insee au 1er janvier 2026 et les 203 080 756 personnes du recensement brésilien de 2022.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Ce que compte vraiment un décompte de supercentenaires
Il compte d’abord des archives. Le démographe Saul Newman a montré, dans un travail couronné par un Ig Nobel en 2024, que 82 % des dossiers américains de supercentenaires sont antérieurs à l’enregistrement obligatoire des naissances dans leur État, et que l’arrivée d’un état civil complet a fait chuter leur nombre par habitant de 69 %.
Ses corrélations vont toutes dans le même sens. En France, la densité de supercentenaires suit la pauvreté des plus de 75 ans à 0,51. Au Japon, l’administration a découvert en 2010 que plus de 230 000 centenaires enregistrés étaient introuvables, et une vérification costaricienne de 2008 a établi que 42 % des personnes déclarées à 99 ans ou plus s’étaient trompées d’âge.
Le Brésil ne fait pas exception à la règle du papier. Huit dossiers brésiliens figurent dans la liste des cas en attente de vérification de LongeviQuest, deux d’entre eux sans nom publié faute de pièces complètes. Vérifier prend des années, en gérontologie comme dans le sport, où AAP a suivi le doyen des Mondiaux masters, 106 ans.

L’hypothèse du métissage, telle qu’elle est écrite
Elle existe et elle est signée. Mateus Vidigal de Castro, Monize Silva, João Paulo Guilherme et Mayana Zatz l’ont formulée le 6 janvier 2026 dans un « Viewpoint » de Genomic Psychiatry : les siècles de métissage génétique du Brésil « pourraient abriter des variants protecteurs invisibles dans des populations plus homogènes ».
Un Viewpoint est un texte de position, pas une étude originale, et le verbe est au conditionnel. Ce que les auteurs documentent, c’est un angle mort : les grandes bases génomiques sur-représentent des populations homogènes, et le séquençage brésilien a déjà fait apparaître environ deux millions de variants jusque-là inconnus.
Rien là-dedans n’établit qu’un brassage de populations allonge la vie, et aucune publication ne le montre. La cohorte de São Paulo pointe même dans l’autre sens : seuls 20 à 30 % de ses centenaires ont eu des parents parvenus à un âge extrême.
Les seules corrélations mesurées à grande échelle, celles de Saul Newman, vont vers des explications plus prosaïques : la densité de cas extrêmes suit la qualité des registres et le niveau de revenu d’un territoire, jamais l’ascendance de ses habitants.
Le miroir français
La France a connu la même épreuve, et de façon spectaculaire. L’âge de Jeanne Calment, 122 ans et 164 jours, a été contesté en 2018 par des chercheurs russes ; l’Inserm et l’équipe de Jean-Marie Robine ont repris registres paroissiaux, listes de recensement et archives d’Arles pour conclure en 2019 qu’il n’y avait « ni fraude fiscale ni falsification d’identité ».
C’est ce travail-là qui remplit les 398 fiches françaises de l’atlas LongeviQuest, pas une vertu du territoire. Un état civil laïque tenu depuis 1792 laisse simplement plus de traces vérifiables qu’un état civil bâti au XXe siècle.
Le présent, lui, penche de l’autre côté : 20 supercentenaires validés sont en vie au Brésil, 12 en France. Le pays sud-américain passe devant en valeur absolue et reste derrière une fois ramené à sa population, avec 1,8 fois moins de cas par million d’habitants.
Le cas brésilien le mieux documenté le montre à l’envers. Inah Canabarro Lucas, morte le 30 avril 2025 à 116 ans, a tenu le titre de doyenne de l’humanité : son âge a été validé parce que les pièces existaient, pas parce que le Brésil les produirait en série.
Sur les 398 dossiers français validés, 378 concernent des femmes ; sur les 109 brésiliens, 92. Cette régularité-là ne dépend d’aucun registre : c’est la constante la mieux établie du grand âge en France comme au Brésil.
La cohorte de Mayana Zatz continue de recruter et ses résultats de séquençage restent à publier. Le plus récent des huit dossiers brésiliens en attente, celui de Marie Monet, morte en 2015 à 110 ans, a été revu le 29 avril 2026 sans être validé.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés - 3
Steam Frame, 72 heures pour acheter après le tirage au sort - 4
Nouveau félin : le tilcayo, premier chat décrit depuis un siècle - 5
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
Nos dossiers
- France395
- Science272
- Culture193
- Consommation173
- Patrimoine165
- IA162
- Santé publique161
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

