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Sommaire
Récit
Le 25 juin 1979 sur les coups de vingt heures, Serge Rochet entre au bloc à Lyon pour recevoir le cœur d’un autre. Il attend ce greffon depuis plus de six mois. Ce cœur-là tiendra près de vingt-cinq ans, et ce sera le premier des deux qu’on lui greffera.
En bref
- Un unique traitement immunosuppresseur conservé 25 ans après la greffe de 1979, puis une seconde transplantation le 18 mai 2004 à l’hôpital Louis Pradel.
- Aujourd’hui, un contrôle tous les quatre mois : bilan sanguin, radio pulmonaire, électrocardiogramme, prises de poids et de tension.
- Les Hospices civils de Lyon totalisent 1 850 greffes cardiaques entre 1969 et 2022 et suivent 547 patients greffés.
L’été 1977, puis une pile dans la poitrine
La panne arrive au retour des vacances, à l’été 1977. Serge Rochet a une trentaine d’années et travaille comme cadre commercial dans une compagnie pétrolière. Le diagnostic tombe vite : l’origine est cardiaque, et le voilà condamné au repos.
Il quitte l’agglomération lyonnaise pour sa Haute-Savoie natale, et son état se dégrade quand même. À l’automne 1978, une pile est implantée dans sa poitrine pour compenser la faiblesse du cœur, d’après le portrait publié par les HCL. Insuffisant : il faut greffer.
Suivi par le Dr Alain Sisteron, il attend plus de six mois avant d’apprendre qu’un cœur lui est réservé. « J’en ai eu les larmes aux yeux. À ce moment-là, je n’arrivais plus à me lever ni même à me laver les dents », raconte-t-il aux Hospices civils de Lyon.
Le bloc du 25 juin, et Catherine
L’opération est menée par le Dr Georges Dureau, deux ans après les premiers symptômes. Les Dr Jacques Villard et Jean Ninet l’entourent au bloc. Au réveil, un cœur neuf bat dans sa poitrine : « j’ai retrouvé ma respiration ! »
Une infirmière, Catherine, s’occupe de lui pendant un mois. Il la reverra quarante ans plus tard, à l’été 2019, autour d’un café. Entre-temps il aura résumé l’affaire d’une phrase : « J’étais sur le point d’y passer, et voilà que je peux refaire du vélo ».

Vingt-cinq ans avec une seule molécule
Le premier greffon remplit sa fonction plus de deux décennies, sans tracas. Serge Rochet suit un unique traitement immunosuppresseur qu’il conservera 25 ans, et reprend le chemin de l’hôpital tous les six mois. Le rythme d’aujourd’hui, tous les quatre mois, est venu plus tard.
Il devient moniteur de ski, puis professeur de français langue étrangère. Il vit à Barcelone, Édimbourg, Francfort, Milan. À l’automne 2003, la gêne respiratoire revient.
« Le 16 mai, il m’appelle et me dit : “j’ai un excellent greffon pour toi !” » Le 18 mai 2004, il se retrouve sur la table d’opération à l’hôpital Louis Pradel, sous la direction du Pr Jean-François Obadia. Les HCL sont pionniers de la greffe cardiaque depuis 1969.
Un greffon sur trois tient encore
Le cas de Serge Rochet se lit mieux avec le compteur national sous les yeux, tenu par le rapport annuel 2024 de l’Agence de la biomédecine. Au 31 décembre 2024, 5 408 personnes vivaient en France avec un greffon cardiaque fonctionnel, sur 16 538 greffes cardiaques enregistrées depuis 1968.
Selon nos calculs, ces 5 408 porteurs représentent 32,7 % du total des greffes recensées, à peine un tiers. Le rapprochement a sa limite : un patient regreffé compte deux fois dans les interventions et une seule fois parmi les porteurs. Serge Rochet est précisément de ceux-là.
La file d’attente, elle, ne se vide pas : 22 585 patients étaient inscrits sur la liste nationale au 1er janvier 2025, dont 11 666 en liste active. Le graphique ci-dessous met les deux compteurs cardiaques côte à côte.

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Reste ce que ces compteurs ne disent pas. La longévité gagnée se paie souvent en années vécues avec des limites, et chaque greffon commence par une conversation que beaucoup de familles n’ont jamais eue : parler du don en famille.
Serge Rochet, lui, a tranché tôt : « Assez rapidement, j’ai fait la distinction entre le respect que je devais au donneur », dit-il. Le reste tient dans sa devise, « Accepter l’inévitable pour en faire l’utilisable », et dans une phrase qu’il répète : « Je ne suis qu’un petit soldat de la vie ».
Questions courantes
Depuis quand les Hospices civils de Lyon greffent-ils des poumons ?
Depuis 1988. Les Hospices civils de Lyon totalisent 398 greffes pulmonaires et 78 doubles greffes coeur-poumons depuis la première réalisée à Lyon.
Où réalise-t-on les greffes cardiaques dans la région lyonnaise ?
À l’hôpital Louis Pradel, présenté par les Hospices civils de Lyon comme le seul établissement de la région lyonnaise à pratiquer ces interventions.
Quelle survie les Hospices civils de Lyon annoncent-ils après une greffe cardiaque ?
80 % de survie à dix ans après la greffe, contre 60 % en moyenne nationale, selon le même document des Hospices civils de Lyon.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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