Vue aérienne d’un iceberg tabulaire détaché d’une langue glaciaire flottante, entre deux versants rocheux d’un fjord arctique

76,4 km² de glace détachés du Groenland, deux autres blocs déjà fissurés

Le 4 août 2026 à 20 h 00 UTC, une île de glace de 76,4 km² s’est détachée du glacier Petermann, soit 72 % de Paris intra-muros. L’ESA et l’Université d’Ottawa ne donnent pas les mêmes tailles pour les deux blocs annoncés, et cette glace-là flottait déjà.

Le chiffre

On croyait la langue du glacier Petermann encore soudée, sauf qu’un satellite européen l’a vue partir d’un bloc. Le 4 août 2026 à 20 h 00 UTC, 76,4 km² de langue glaciaire se sont détachés du glacier Petermann, au Groenland : l’équivalent de 72 % de Paris intra-muros. La rupture a été repérée par Adam Garbo, doctorant en glaciologie à l’Université d’Ottawa, sur des images radar Sentinel-1.

76,4 km²de langue glaciaire détachés du Petermann, le 4 août 2026

L’image qui fait preuve vient de Copernicus Sentinel-1, la mission radar de l’Agence spatiale européenne, qui observe de nuit et à travers les nuages. La dégradation était visible dès le 3 août, la séparation complète datant du lendemain. Le suivi du Petermann dure depuis 2019 et réunit l’Université d’Ottawa, Stirling, Lancaster, Leeds et le Service canadien des glaces.

Un référent français suffit à se représenter la surface. Paris intra-muros couvre 10 540 hectares selon l’Atelier parisien d’urbanisme, soit 105,4 km² : le bloc groenlandais tiendrait tout entier dans le périphérique.

Bloc détaché le 4 août76,4 km²
Paris intra-muros105,4 km²

Unité : kilomètres carrés de surface. Période : mesure du 4 août 2026. Limite : l’ESA arrondit la même surface à 76 km² quand l’Université d’Ottawa publie 76,4 km², et aucune des deux ne donne le volume emporté, pour une épaisseur annoncée jusqu’à 150 mètres.

Deux blocs déjà fissurés, deux jeux de chiffres

Deux autres îles de glace peuvent se détacher de la même langue, et les deux communiqués ne les mesurent pas pareil. L’ESA écrit le 21 août que deux îles d’environ 97 et 87 km² « pourraient se détacher » à mesure que les fissures progressent en travers de la langue flottante. Le communiqué de l’Université d’Ottawa, daté du 7 août, annonce des blocs attendus à environ 94 et 84 km².

Un seul des deux totalise. L’Université d’Ottawa additionne les trois vêlages à 254 km² retirés à la langue, soit une réduction d’environ 22 %. Selon nos calculs, ces 254 km² représentent 2,4 fois Paris intra-muros. C’est un ordre de grandeur de prévision : ni l’ESA ni l’université n’avancent de date.

Les trois surfaces telles que l’ESA les mesure situent le bloc déjà parti.

Le bloc détaché le 4 août 2026 est le plus petit des trois : l’ESA le mesure à 76 km², contre environ 97 et 87 km² pour les deux blocs encore fissurés. Limite : ces deux dernières surfaces sont des estimations sur des ruptures non datées, et l’Université d’Ottawa publie 94 et 84 km² pour les mêmes blocs.
Le bloc détaché le 4 août 2026 est le plus petit des trois : l’ESA le mesure à 76 km², contre environ 97 et 87 km² pour les deux blocs encore fissurés. Limite : ces deux dernières surfaces sont des estimations sur des ruptures non datées, et l’Université d’Ottawa publie 94 et 84 km² pour les mêmes blocs.
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Lecture en une phrase : le morceau détaché le 4 août est le plus petit des trois. Le détail des deux jeux de chiffres tient dans un tableau.

Deux jeux de mesures pour le même vêlage du Petermann (sources : ESA, 21 août 2026 ; Université d’Ottawa, 7 août 2026).
BlocESA (21 août 2026)Université d’Ottawa (7 août 2026)
Île détachée le 4 août 202676 km²76,4 km²
Prochain bloc annoncéenviron 97 km²environ 94 km²
Bloc suivant annoncéenviron 87 km²environ 84 km²
Total retiré à la languenon communiqué254 km², soit environ 22 %

« Nous attendions cette rupture depuis des années, et la voir enfin se produire est remarquable », déclare Adam Garbo. Anna Crawford, de l’Université de Stirling, rappelle que ces icebergs tabulaires, courants dans l’océan Austral, sont « bien plus rares » dans l’Arctique.

Longue fissure ouverte traversant la surface plate d’une langue glaciaire flottante, avec de l’eau de fonte bleue au fond
Deux fissures de ce type traversent encore la langue du Petermann : l’ESA y mesure des blocs d’environ 97 et 87 km².

Cette glace-là flottait déjà

La langue du Petermann flotte sur l’eau avant de se rompre, et une glace qui flotte déplace déjà son propre poids d’eau. Le NSIDC, centre américain de données sur la neige et la glace, rappelle que la fonte de la glace flottante ne pèse quasiment rien sur le niveau des mers : l’apport vient de la glace posée sur la terre.

L’effet indirect existe pourtant. Le même centre décrit des plateformes flottantes qui retiennent les glaciers derrière elles : après la désintégration du Larsen B en 2002, les glaciers qui l’alimentaient ont accéléré de trois à huit fois en dix-huit mois. Aucune source consultée n’établit ce mécanisme pour le Petermann, ni de lien avec le réchauffement.

Le niveau moyen des mers, lui, se mesure par altimétrie satellitaire depuis janvier 1993 : 3,4 mm par an selon AVISO+ (CNES, CLS et LEGOS), à environ 0,4 mm près à 90 % de confiance, avec des écarts régionaux de -10 à +10 mm par an. Cet indicateur reste distinct du record de chaleur de surface relevé le 22 août : il mesure une hauteur d’eau, pas une température.

Reste à suivre le bloc. Abigail Dalton, du Service canadien des glaces, décrit « des blocs de glace épais qui peuvent dériver pendant des années » avant de se fracturer en morceaux « plus difficiles à suivre », dangereux pour les navires, un enjeu déjà posé sur le trafic maritime arctique. Aucune source ne donne à ce jour de trajectoire de dérive ni de nom officiel pour cette île de glace.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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