Une femme d’une soixantaine d’années mesure sa glycémie avec un lecteur portatif, assise à la table de sa cuisine.

3,8 millions de Français traités pour un diabète, et un écart de 1 à 3 entre départements

Trois pourcentages circulent sur le diabète en France et ne comptent pas la même population. On les remet à plat, avec la progression recalculée sur les effectifs bruts et l’écart territorial que la moyenne nationale efface.

Sommaire
  1. Devinez avant de lire
  2. En bref
  3. Ce que le chiffre de 3,8 millions recouvre
  4. La progression, recalculée sur les effectifs bruts
  5. La géographie du diabète traité, de La Réunion à la Bretagne
  6. Chez les moins de 20 ans, la courbe grimpe plus vite
  7. Le suivi de routine passe au capteur
  8. Questions courantes

Devinez avant de lire

En 2012, 20 300 jeunes de moins de 20 ans vivaient avec un diabète de type 1 en France. Combien étaient-ils en 2023 ?

Panorama

Plus de 3,8 millions de Français prenaient un médicament contre le diabète en 2023. Santé publique France a actualisé ce chiffre en novembre 2024 : il pèse 5,6 % de la population et recouvre des situations très inégales selon le département où vous vivez.

En France, la borne de comparaison est connue : 3,3 millions de personnes traitées et 5 % de la population en 2015. Les deux bornes viennent du même producteur de données et se comparent donc directement. C’est à partir d’elles que se calcule la vraie pente de la courbe, et elle est plus plate que celle qui circule.

En bref

  • Plus de 3,8 millions de personnes traitées pharmacologiquement pour un diabète en France en 2023, soit 5,6 % de la population.
  • La progression ressort à 62 500 personnes de plus par an depuis 2015, soit 1,8 % par an, et non les 2,4 % souvent avancés.
  • Trois pourcentages circulent et ne comptent pas la même population : 5,6 % de traités, 7,1 % d’adultes de 18 à 79 ans qui se déclarent diabétiques, 1,7 % qui l’ignorent.
  • Entre l’Ille-et-Vilaine et La Réunion, la fréquence varie du simple au triple, à structure d’âge identique.
  • Chez les moins de 20 ans, le diabète de type 1 est passé de 20 300 jeunes en 2012 à 31 400 en 2023.

Ce que le chiffre de 3,8 millions recouvre

Trois pourcentages circulent sur le diabète en France et ils ne comptent pas la même population. Le premier, 5,6 %, retient les personnes qui retirent effectivement un médicament antidiabétique, rapportées à la population entière.

Le deuxième vaut 7,1 % : c’est la part des adultes de 18 à 79 ans qui déclarent avoir un diabète, mesurée en 2024. Le dénominateur change (les adultes, pas tout le monde) et le mode de recueil aussi (la déclaration, pas le remboursement), ce qui explique l’essentiel de l’écart.

Le troisième est le plus discret : 1,7 % des adultes de 18 à 74 ans vivaient avec un diabète sans le savoir sur la période 2014-2016. Ce sont ces personnes que le dépistage vise, et c’est aussi chez elles que les quatre complications silencieuses du type 2 s’installent sans bruit.

Voici les repères officiels, chacun avec son millésime.

Le diabète en France, indicateur par indicateur (source : Santé publique France)
IndicateurValeurMillésime
Personnes traitées pharmacologiquement pour un diabète3,3 millions (5 % de la population)2015
Personnes traitées pharmacologiquement pour un diabèteplus de 3,8 millions (5,6 % de la population)2023
Adultes de 18 à 79 ans déclarant avoir un diabète7,1 %2024
Adultes de 18 à 74 ans ayant un diabète non diagnostiqué1,7 %2014-2016
Population traitée par insuline1,36 %2020
Moins de 20 ans vivant avec un diabète de type 120 3002012
Moins de 20 ans vivant avec un diabète de type 131 4002023
Incidence du diabète de type 1 chez l’enfant18,0 puis 19,5 pour 100 0002013-2015 puis 2015-2017

La lecture utile tient en une règle : comparez deux valeurs d’une même ligne, jamais un pourcentage de 2024 avec un effectif de 2015.

La progression, recalculée sur les effectifs bruts

Le diabète traité avance, mais moins vite que le rythme qu’on lui prête. Les deux bornes publiées sont 3,3 millions de personnes en 2015 dans le bulletin épidémiologique de l’agence, et plus de 3,8 millions en 2023 dans sa mise à jour de 2024.

Selon nos calculs, cela fait 500 000 personnes traitées de plus en huit ans, soit 62 500 par an en moyenne et une croissance annuelle de 1,8 %. Le rythme de 2,4 % par an, qu’on croise régulièrement, ne sort pas de ces effectifs.

Deux limites accompagnent ce résultat. Santé publique France écrit « plus de 3,8 millions », donc la pente obtenue est un plancher ; et l’agence avait elle-même publié une hausse de 2,1 % par an sur 2010-2015, ce qui situe un ralentissement plutôt qu’un démenti.

La géographie du diabète traité, de La Réunion à la Bretagne

Le lieu de résidence pèse bien davantage que ne le laisse voir une moyenne nationale. À structure d’âge identique, La Réunion affichait en 2015 un taux double du taux français, la Guadeloupe 1,8 fois, la Guyane 1,6 fois, la Martinique et la Seine-Saint-Denis 1,5 fois.

À l’autre bout de l’échelle, quatre départements bretons passaient sous la moyenne, l’Ille-et-Vilaine 1,6 fois en dessous. Le graphique remet ces écarts sur une seule règle.

À structure d’âge identique, La Réunion affiche un taux double du taux national quand l’Ille-et-Vilaine se situe 1,6 fois en dessous, soit un rapport de 1 à 3 entre les deux extrémités. Limites : ces ratios standardisés datent de 2015, dernière série départementale complète publiée, et les départements bretons sont convertis depuis l’écart publié (« 1,6 fois plus faible » devient 0,63). La mise à jour 2023 confirme le même ordre : 1,9 à La Réunion, 1,7 en Guadeloupe, 1,6 en Seine-Saint-Denis.
À structure d’âge identique, La Réunion affiche un taux double du taux national quand l’Ille-et-Vilaine se situe 1,6 fois en dessous, soit un rapport de 1 à 3 entre les deux extrémités. Limites : ces ratios standardisés datent de 2015, dernière série départementale complète publiée, et les départements bretons sont convertis depuis l’écart publié (« 1,6 fois plus faible » devient 0,63). La mise à jour 2023 confirme le même ordre : 1,9 à La Réunion, 1,7 en Guadeloupe, 1,6 en Seine-Saint-Denis.
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La mise à jour de 2023 confirme la hiérarchie sans la bousculer : 1,9 fois le taux national à La Réunion, 1,7 fois en Guadeloupe, 1,6 fois en Seine-Saint-Denis. Huit ans plus tard, l’écart tient.

Ces écarts finissent par se lire dans les complications, l’œil en premier.

AAP mesurait 1,5 million de Français concernés par une rétinopathie diabétique le 12 juillet 2026. Ce panorama prolonge la série en remontant à la population qui la produit.

Chez les moins de 20 ans, la courbe grimpe plus vite

Le diabète de type 1 des enfants et des adolescents suit sa propre pente. Ils étaient 20 300 à vivre avec ce diagnostic en France en 2012 ; ils sont 31 400 en 2023.

L’écart représente 11 100 jeunes de plus en onze ans, soit environ 4 % par an. L’incidence mesurée chez l’enfant suit le même mouvement : 18,0 cas pour 100 000 sur 2013-2015, puis 19,5 sur 2015-2017.

Le type 1 reste minoritaire dans l’ensemble. La Fédération des diabétiques situe le type 2 à 92 % des cas et le type 1 à 6 %. C’est pourtant le type 1 qui impose le suivi le plus quotidien.

Un adolescent vu de dos à son bureau, un petit capteur de glycémie collé à l’arrière du bras.
31 400 jeunes de moins de 20 ans vivaient avec un diabète de type 1 en 2023, contre 20 300 en 2012.

Le suivi de routine passe au capteur

La façon de surveiller sa glycémie a changé plus vite que les chiffres de prévalence. 1,36 % de la population était traitée par insuline en 2020, et c’est ce groupe que vise en priorité la mesure continue du glucose.

Le remboursement reste conditionné. Selon la Société francophone du diabète, le capteur est pris en charge pour un diabète de type 1 ou de type 2 traité par au moins trois injections d’insuline par jour ou par pompe, avec une prescription initiale par un diabétologue ou un pédiatre expérimenté en diabétologie.

Un pharmacien tend une petite boîte au comptoir d’une pharmacie de quartier.
Le capteur de glycémie en continu n’est remboursé qu’à partir de trois injections d’insuline par jour ou d’une pompe.

Si vous prenez un antidiabétique en comprimés, le capteur n’entre donc pas dans ce cadre : votre suivi repose sur l’hémoglobine glyquée et sur les examens annuels. Si vous êtes sous insuline en multi-injections, demandez à votre médecin où vous en êtes de ces critères à la prochaine ordonnance.

Et si vous venez d’avoir une glycémie limite : notez la date et la valeur, redemandez un dosage à jeun, puis rapportez les deux résultats au même médecin. C’est le geste qui transforme un chiffre isolé en suivi.

Questions courantes

Pourquoi lit-on parfois 4 millions et parfois 3,8 millions ?
Parce que les deux nombres ne comptent pas la même chose. Les 3,8 millions retiennent les personnes sous traitement médicamenteux, quand le seuil de 4 millions renvoie aux personnes atteintes, traitées par médicament ou non.

Quels territoires sont les plus concernés ?
Les départements et régions d’outre-mer ainsi que la Seine-Saint-Denis. À structure d’âge identique, la prévalence atteignait en 2015 jusqu’au double du taux national à La Réunion, et la mise à jour de 2023 la situe encore 1,9 fois au-dessus. Les départements bretons enregistrent les taux les plus bas.

Qui a droit à un capteur de glycémie remboursé ?
Les personnes ayant un diabète de type 1, ou un diabète de type 2 traité par au moins trois injections d’insuline par jour ou par pompe. La prescription initiale revient à un diabétologue ou à un pédiatre expérimenté en diabétologie, puis elle est réévaluée.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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