Un mât d’antenne mobile dressé au-dessus des toits de tuiles d’une petite ville française à la lumière du soir

La 5G est-elle dangereuse pour la santé ? La réponse dépend de la bande de fréquences

L’ANSES rend trois verdicts sur la 5G, un par bande de fréquences. Nous avons rapporté les mesures d’exposition publiées par l’ANFR depuis le déploiement à la valeur limite fixée par le décret de 2002.

Sommaire
  1. Ce que disent les faits, bande par bande
  2. Ce que l’ANFR mesure devant les antennes
  3. Ce qui reste incertain, et ce que ça ne dit pas
  4. Questions courantes

Vérification

Vous cherchez une réponse simple sur la 5G et la santé, et il y en a trois. Dans son expertise actualisée le 17 février 2022, l’ANSES juge peu vraisemblable qu’un nouveau risque apparaisse en bande 3,5 GHz, renvoie à l’expertise déjà établie pour les bandes 700 MHz à 2,1 GHz, et dit manquer de données sur les 26 GHz. La réponse tient en trois verdicts, un par bande de fréquences.

L’affirmation« La 5G est dangereuse pour la santé »
Notre verdictÀ nuancer

L’inquiétude a de bonnes raisons d’exister : des antennes sur les toits, des fréquences nouvelles, un déploiement rapide. Voici ce que disent les documents officiels français, bande par bande.

Ce que disent les faits, bande par bande

Les bandes 700 MHz à 2,1 GHz n’ont rien de nouveau : la 5G y réutilise des fréquences déjà exploitées par la 2G, la 3G et la 4G. L’expertise collective de l’ANSES juge les travaux menés sur ces fréquences toujours pertinents et recommande de poursuivre le suivi.

La bande 3,5 GHz est le cœur du réseau 5G français. Le groupe de travail y juge « peu vraisemblable, à ce stade, que le déploiement de la 5G dans la bande de fréquences autour de 3,5 GHz constitue un nouveau risque pour la santé ». La version qui fait référence n’est pas le rapport d’avril 2021 souvent cité, mais celle publiée par l’agence le 17 février 2022, après une consultation publique de plus de 200 contributions.

Reste la bande 26 GHz, dite millimétrique. L’ANSES y écrit que « les données ne sont pas suffisantes pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires », un seul effet disposant d’un niveau de preuve limité, sur les membranes cellulaires. Cette bande n’a fait l’objet, en France, que d’expérimentations.

Le verdict de l’ANSES bande par bande (expertise du 17 février 2022)
BandeStatut en FranceConclusion de l’ANSES
700 MHz à 2,1 GHzDéjà utilisée en 2G, 3G et 4GExpertise existante toujours pertinente, suivi à poursuivre
3,5 GHzCœur du réseau 5G déployéNouveau risque sanitaire « peu vraisemblable, à ce stade »
26 GHzExpérimentations seulementDonnées « pas suffisantes pour conclure »

Les deux camps citent le même rapport sans mentir : l’un retient la ligne 3,5 GHz, l’autre la ligne 26 GHz.

Sonde de mesure de champ électromagnétique sur un trépied dans une rue résidentielle, immeuble et antennes de toit flous à l’arrière-plan
L’ANFR a réalisé plus de 13 000 mesures au sol autour des sites 5G entre 2020 et 2023.

Ce que l’ANFR mesure devant les antennes

Les mesures existent, et elles sont publiques. Entre 2020 et 2023, l’ANFR a réalisé plus de 13 000 mesures au sol autour des sites 5G, bilan publié en avril 2024.

Devant une antenne 5G en 3,5 GHz, l’exposition globale, toutes technologies confondues, est passée de 1,53 à 1,79 V/m entre 2020 et 2023, soit 17 % de hausse. La seule bande 5G y est montée de 0,08 à 0,41 V/m. Le V/m mesure l’intensité du champ électrique, et le décret du 3 mai 2002 plafonne l’exposition du public à 61 V/m dans cette gamme.

Selon nos calculs, la 5G seule représente 0,41 V/m devant les antennes 3,5 GHz mesurées en France fin 2023, soit 0,7 % de la valeur limite de 61 V/m fixée par le décret du 3 mai 2002 (mesures ANFR publiées en avril 2024). Concrètement, tous les réseaux mobiles réunis atteignent 2,9 % de ce plafond devant ces mêmes sites.

La 5G elle-même pèse moins d’un pour cent du plafond réglementaire là où elle est la plus présente, au pied de ses propres antennes. Limite : c’est une moyenne relevée devant des sites 5G, donc en situation majorante, et elle masque la dispersion des points de mesure ; un rapport en V/m ne se lit pas comme un rapport de dose.
La 5G elle-même pèse moins d’un pour cent du plafond réglementaire là où elle est la plus présente, au pied de ses propres antennes. Limite : c’est une moyenne relevée devant des sites 5G, donc en situation majorante, et elle masque la dispersion des points de mesure ; un rapport en V/m ne se lit pas comme un rapport de dose.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Une moyenne lisse toutefois les pics locaux, et ne dit rien de votre rue.

Ce qui reste incertain, et ce que ça ne dit pas

Une incertitude n’est pas un danger, et pas non plus un détail. Sur les 26 GHz, l’ANSES n’écrit pas que c’est sûr : elle écrit qu’elle manque d’études pour se prononcer.

Les premières mesures millimétriques existent pourtant. Lors d’une expérimentation en gare de Rennes le 2 juillet 2021, l’ANFR a relevé de 0,4 à 3,2 V/m selon les tests, et moins de 1 V/m en usage réaliste, pour la même limite de 61 V/m.

Côté cancer, le classement de référence date du 31 mai 2011. Le CIRC, l’agence cancer de l’OMS, a rangé les radiofréquences en groupe 2B, « peut-être cancérogènes pour l’homme », après une étude rétrospective montrant un risque de gliome accru de 40 % chez les plus gros utilisateurs de téléphone. Ce classement signifie « qu’il pourrait y avoir un risque » à surveiller.

La revue systématique commandée par l’OMS, publiée le 4 septembre 2024, a examiné plus de 5 000 études, en a retenu 63, et ne trouve aucune association entre l’usage du téléphone mobile et les cancers de la tête. L’agence australienne ARPANSA, qui l’a conduite, relève que les cancers du cerveau n’ont pas augmenté en vingt ans malgré l’explosion du sans-fil. Ces travaux portent sur le téléphone collé à l’oreille, pas sur les antennes.

La question ressurgit à chaque génération de réseau, du GSM à la 5G, et à chaque norme domestique comme le Wi-Fi 7. La mesure, elle, est très documentée en France ; ce qui manque est la donnée sanitaire sur les fréquences les plus récentes, et l’ANSES finance douze projets de recherche sur le sujet.

Questions courantes

La 5G est-elle dangereuse pour la santé ?
Il n’existe pas de réponse unique. L’ANSES juge un nouveau risque peu vraisemblable en 3,5 GHz, mais estime les données insuffisantes pour conclure sur les 26 GHz.

Quel niveau d’ondes mesure-t-on réellement près d’une antenne 5G ?
L’ANFR a mesuré 1,79 V/m en moyenne devant les sites 5G en 3,5 GHz en 2023, dont 0,41 V/m pour la seule 5G. La limite réglementaire est de 61 V/m.

Le CIRC a-t-il classé la 5G cancérogène ?
Non. Le CIRC a classé en 2011 les radiofréquences en groupe 2B, peut-être cancérogènes pour l’homme, sur la base d’études portant sur le téléphone mobile. C’est un risque possible à surveiller, pas un risque démontré.

Les ondes millimétriques 26 GHz sont-elles déployées en France ?
Non, seulement des expérimentations, comme en gare de Rennes en juillet 2021. C’est pourtant la bande sur laquelle l’ANSES dit manquer de données.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Goûter et Tête Rousse fermés depuis le 11 août, sans réouvertureGoûter et Tête Rousse fermés depuis le 11 août, sans réouverture
  2. 2Un caïman de 7 mètres régnait sur l’Amérique du Sud, ses morsures fossiles l’ont trahiUn caïman de 7 mètres régnait sur l’Amérique du Sud, ses morsures fossiles l’ont trahi
  3. 3Un vieux cheval a henni jusqu’à ce qu’on retrouve Cheyenne, tombée dans un trou à AlataUn vieux cheval a henni jusqu’à ce qu’on retrouve Cheyenne, tombée dans un trou à Alata
  4. 4Elle achète un nom de domaine pour rire : huit ans après, le département de la Guerre lui réclame des donnéesElle achète un nom de domaine pour rire : huit ans après, le département de la Guerre lui réclame des données
  5. 5Le Grand Crohot a rouvert lundi, sans sa piste cyclable ni son campingLe Grand Crohot a rouvert lundi, sans sa piste cyclable ni son camping

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Hugo, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Hugo

« Hugo » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Tech, IA & Futur : ce que la technologie et l’IA changent concrètement, à hauteur d’usage plutôt que de promesse.

Articles: 418