Un mètre ruban de couturière posé en boucle sur une table en bois, à côté d’un verre d’eau.

Face à l’IMC, le mètre ruban reclasserait un adulte sur six

Une étude sur 260 000 personnes suivies vingt ans place le tour de taille devant l’IMC. Appliqués à la répartition française de l’IMC, ses taux de désaccord déplacent 16,8 % des adultes de 18 à 74 ans.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une étude sur 260 000 personnes suivies vingt ans
  3. Là où l’IMC et le mètre ruban se contredisent
  4. Ce que ce désaccord donnerait en France
  5. Où poser le mètre ruban
  6. Ce que cette étude ne permet pas de conclure
  7. Questions courantes

Décryptage

Vous avez un mètre ruban dans un tiroir. Une étude publiée le 11 août 2026 dans le Journal of the American College of Cardiology lui donne un rôle que la balance ne remplit pas : indiquer où la graisse se loge, et pas seulement combien elle pèse. Ses auteurs ont comparé l’indice de masse corporelle (IMC) à deux mesures au ruban sur plus de 260 000 personnes suivies vingt ans en moyenne. Résultat : les trois indicateurs ne rangent pas les mêmes gens dans les mêmes cases.

En bref

  • Une étude parue le 11 août 2026 dans le JACC a suivi plus de 260 000 personnes pendant vingt ans en moyenne, sur neuf critères cardiovasculaires.
  • Chez les personnes de poids normal selon l’IMC, 5 % ont un tour de taille élevé et 18 % un rapport taille/hanches élevé.
  • Chez les personnes obèses selon l’IMC, 9 % ont un tour de taille bas et 45 % un rapport taille/hanches bas.
  • Selon nos calculs appliqués à la répartition française de l’IMC, le rapport taille/hanches classerait autrement 16,8 % des adultes de 18 à 74 ans.
  • L’étude ne mesure ni l’activité physique, ni l’alimentation, ni le risque génétique, et le tour de taille n’a été relevé qu’une fois.

Une étude sur 260 000 personnes suivies vingt ans

Le travail vient de la Cross-Cohort Collaboration et rassemble plus de 260 000 participants, suivis vingt ans en moyenne. L’équipe a testé neuf critères de jugement cardiovasculaires : infarctus mortel et non mortel, accident vasculaire cérébral mortel et non mortel, insuffisance cardiaque, fibrillation atriale, maladie coronarienne totale, maladie cardiovasculaire totale et mortalité toutes causes. Pour chacun, elle a regardé si le tour de taille et le rapport tour de taille/tour de hanches ajoutaient une information que l’IMC ne capte pas. Ils en ajoutent une. Chez les personnes de poids normal ou en surpoids qui présentent une adiposité centrale élevée, le risque monte de 15 % à 50 % sur la plupart de ces neuf critères, indique le communiqué de l’American College of Cardiology. Harlan M. Krumholz, rédacteur en chef de la revue, y résume la conclusion en une phrase : « Il est temps d’abandonner une focalisation exclusive sur l’indice de masse corporelle. » Zeina A. Dardari, première autrice, ajoute que « se fier au seul IMC peut aboutir à un mauvais classement du risque cardiovasculaire », rapporte EurekAlert.

Là où l’IMC et le mètre ruban se contredisent

Le chiffre intéressant n’est pas le risque, c’est le désaccord. L’étude quantifie, catégorie par catégorie, la proportion de personnes que le ruban range ailleurs que la balance. Chez les personnes de poids normal selon l’IMC, 5 % ont un tour de taille élevé et 18 % un rapport taille/hanches élevé : leur IMC rassure, leur ruban non. Le mouvement inverse existe et il est plus fréquent encore. Chez les personnes obèses selon l’IMC, 9 % ont un tour de taille bas et 45 % un rapport taille/hanches bas. Dans la catégorie surpoids, 39 % ont un tour de taille élevé et 40 % un rapport élevé, ce qui ne les fait pas changer de case mais les place dans le groupe à risque majoré décrit plus haut. L’Assurance Maladie posait déjà le principe : « Le calcul de l’IMC ne tient pas compte de la répartition du tissu adipeux dont dépend, en partie, le risque de complications associées au surpoids et à l’obésité. » L’étude met un ordre de grandeur derrière cette phrase.

Les mains d’un soignant déroulent un mètre ruban près d’un tensiomètre, sur un bureau de cabinet médical.
En consultation, un tour de taille se lit avec la tension et le bilan sanguin, jamais seul.

Ce que ce désaccord donnerait en France

Aucune des sources ne franchit le pas français : l’étude porte sur des cohortes internationales et s’arrête aux pourcentages par catégorie. Nous avons donc fait le calcul. L’étude Esteban de Santé publique France mesure que 49 % des adultes de 18 à 74 ans sont en surpoids ou obèses, dont 17 % d’obésité, soit 51 % en dessous du seuil de surpoids et 32 % en surpoids sans obésité.

Selon nos calculs, le rapport tour de taille/tour de hanches classerait autrement 16,8 % des adultes français de 18 à 74 ans, contre 4,1 % pour le seul tour de taille : nous avons rapporté les taux de désaccord mesurés par l’étude publiée le 11 août 2026 dans le Journal of the American College of Cardiology à la répartition française de l’IMC relevée par l’étude Esteban de Santé publique France. Le détail tient en deux lignes. Pour le tour de taille : 51 % × 5 % = 2,55 point, plus 17 % × 9 % = 1,53 point, soit 4,08 % de la population adulte. Pour le rapport taille/hanches : 51 % × 18 % = 9,18 point, plus 17 % × 45 % = 7,65 point, soit 16,83 %. Le second indicateur déplace donc quatre fois plus de monde que le premier.

Le rapport taille/hanches reclasserait 16,8 % des adultes français de 18 à 74 ans, contre 4,1 % pour le tour de taille seul. Calcul Actu Alt Plus : taux de désaccord de l’étude JACC du 11 août 2026 appliqués à la répartition française de l’IMC (Esteban, 2015). Limite : les cohortes de l’étude ne sont pas françaises et la catégorie « poids normal » d’Esteban inclut l’insuffisance pondérale.
Le rapport taille/hanches reclasserait 16,8 % des adultes français de 18 à 74 ans, contre 4,1 % pour le tour de taille seul. Calcul Actu Alt Plus : taux de désaccord de l’étude JACC du 11 août 2026 appliqués à la répartition française de l’IMC (Esteban, 2015). Limite : les cohortes de l’étude ne sont pas françaises et la catégorie « poids normal » d’Esteban inclut l’insuffisance pondérale.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Lu autrement : passer à la mesure au ruban ne bouleverserait pas le classement de la population française, mais il déplacerait tout de même près d’un adulte sur six si le rapport taille/hanches servait de référence. Le tableau ci-dessous détaille chaque ligne du calcul.

Part des adultes français de 18 à 74 ans que le ruban classerait autrement que l’IMC (calcul Actu Alt Plus)
Catégorie d’IMCPart des adultes 18-74 ans (Esteban, 2015)Tour de taille en désaccordRapport taille/hanches en désaccord
Poids normal (IMC inférieur à 25)51 %5 % (tour élevé)18 % (rapport élevé)
Surpoids (IMC de 25 à 30)32 %39 % (tour élevé)40 % (rapport élevé)
Obésité (IMC de 30 et plus)17 %9 % (tour bas)45 % (rapport bas)
Part de la population reclassée (poids normal et obésité)68 %4,08 %16,83 %

Deux réserves accompagnent ce chiffre. Les cohortes de l’étude ne sont pas françaises, et rien ne garantit que les taux de désaccord y soient identiques. Par ailleurs, la catégorie « poids normal » d’Esteban regroupe tout ce qui se situe sous le seuil de surpoids, insuffisance pondérale comprise. La ligne « surpoids » reste hors du total : ces personnes conservent leur catégorie, le ruban ne fait qu’ajouter une information sur leur risque. C’est un ordre de grandeur, pas un recensement, et il vaut pour une population, jamais pour une personne. La même prudence s’applique aux facteurs de risque déjà documentés, du bruit environnemental au retard de dépistage chez les femmes.

Où poser le mètre ruban

La mesure paraît simple et se rate facilement. L’Assurance Maladie décrit le geste : placer le mètre ruban horizontalement, à mi-distance entre la partie inférieure de la dernière côte et la partie la plus haute de l’os du bassin. Ni au niveau du nombril, ni à la ceinture du pantalon, deux repères qui donnent des chiffres différents d’une personne à l’autre. Les valeurs de référence que cite l’Assurance Maladie sont de 80 cm pour une femme et 94 cm pour un homme. Ces nombres sont des repères de population, pas un verdict : ils servent à déclencher une conversation en consultation, où ils se lisent avec la tension, le bilan sanguin, l’âge et les antécédents. Le rapport taille/hanches, celui qui pèse le plus lourd dans le calcul ci-dessus, demande une seconde mesure au niveau des hanches et une division. Aucune des deux ne s’interprète seule.

Une balance de salle de bains et un mètre ruban enroulé, posés côte à côte sur un carrelage clair.
Les deux instruments ne classent pas les mêmes personnes dans les mêmes cases.

Ce que cette étude ne permet pas de conclure

Les auteurs posent eux-mêmes les limites, et elles sont larges. Leurs données ne comportent aucune mesure de l’activité physique, de l’alimentation ni du risque génétique d’obésité : trois déterminants majeurs restent hors du modèle. Le tour de taille et le rapport taille/hanches n’ont été relevés qu’une seule fois par participant, alors que la période de suivi couvre vingt ans. Un tour de taille est donc rattaché à un risque observé deux décennies plus tard, sans que rien ne dise ce qui s’est passé entre les deux. L’étude décrit des associations dans une population, pas une trajectoire individuelle : elle n’établit pas qu’un centimètre de moins fait baisser un risque, ni qu’un chiffre donné annonce quoi que ce soit pour une personne précise. Elle dit une chose, et une seule : à IMC égal, l’endroit où la graisse se loge sépare des niveaux de risque différents. La suite appartient au cabinet médical.

Questions courantes

Le tour de taille remplace-t-il l’IMC ?
Non. L’étude conclut que le tour de taille et le rapport taille/hanches ajoutent une information que l’IMC ne capte pas, pas qu’ils s’y substituent. Le rédacteur en chef du JACC invite à abandonner la focalisation exclusive sur l’IMC, ce qui n’est pas la même chose que l’abandonner.

Comment se mesure un tour de taille ?
L’Assurance Maladie décrit un mètre ruban placé horizontalement, à mi-distance entre la partie inférieure de la dernière côte et la partie la plus haute de l’os du bassin. Le nombril et la ceinture du pantalon ne sont pas des repères fiables.

Un chiffre au-dessus des valeurs de référence signifie-t-il que je suis malade ?
Non. Les valeurs citées par l’Assurance Maladie, 80 cm pour une femme et 94 cm pour un homme, sont des repères de population. Elles ne posent aucun diagnostic individuel : seul un médecin peut situer un chiffre dans un ensemble incluant l’âge, les antécédents, la tension et le bilan sanguin.

D’où vient le chiffre de 16,8 % ?
De nos calculs. Nous avons appliqué les taux de désaccord mesurés par l’étude du 11 août 2026, soit 18 % chez les personnes de poids normal et 45 % chez les personnes obèses, à la répartition française de l’IMC mesurée par l’étude Esteban de Santé publique France, soit 51 % et 17 % des adultes de 18 à 74 ans.

Que cette étude ne dit-elle pas ?
Elle n’a mesuré ni l’activité physique, ni l’alimentation, ni le risque génétique, et le tour de taille n’a été relevé qu’une fois par participant sur vingt ans de suivi. Elle décrit des associations dans une population, pas une trajectoire individuelle.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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