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À 2 900 mètres d’altitude, sur le campus de Gothic, dans le Colorado, des marmottes à ventre jaune passent l’été à manger des fleurs et à se faire filmer. Les vidéos finissent sur un compte OnlyFans.
Le compte s’appelle OnlyMarms, il a été ouvert en mai 2026 par l’équipe du Marmot Project, et il ne montre que des rongeurs. Des marmottes qui jouent, qui sifflent, qui passent devant un piège photographique : c’est tout le catalogue, décrit le journal étudiant de l’UCLA. Dan Blumstein, co-directeur du projet, qualifie lui-même ce contenu de « non censuré » mais « tout public » (« G-rated ») au micro de KUNC. L’ambiguïté tient au nom de la plateforme, pas aux images.
Derrière la plaisanterie, une facture. Le suivi que ce compte cherche à sauver a démarré en 1962 et compte parmi les plus longues études au monde d’animaux sauvages identifiés individuellement.
Ce qu’une subvention de suivi long paie réellement
Une subvention de suivi longitudinal n’achète pas des découvertes, elle achète de la présence. Le Marmot Project travaille cinq mois par an sur le terrain, le temps que les marmottes sortent d’hibernation, engraissent et se rendorment. Il faut des gens sur place pour piéger, marquer, peser et observer des animaux identifiés un par un, et documenter leur comportement social. Ken Armitage, le fondateur, a tenu ce dispositif avec la National Science Foundation pendant quarante et un ans. Dan Blumstein a pris la suite avec onze années du programme LTREB de la NSF. Trois demandes de renouvellement consécutives ont été refusées, rapporte Inside Higher Ed, avec un motif que le laboratoire cite tel quel : la NSF « ne nous financera jamais parce qu’ils pensent que nous avons trop de données ».
Quand cette ligne saute, les doctorants sautent en premier. Le responsable du projet chiffre le besoin à « 75 000 à 100 000 dollars » par an pour les seuls doctorants, expliquait-il sur NPR le 2 août, et son département de l’UCLA a perdu environ un tiers de ses postes d’assistants d’enseignement. Une série de soixante-quatre ans ne se met pas en pause. Une saison sautée devient un trou définitif.
Ce que 4 500 dollars couvrent, et ce qu’ils ne couvrent pas
Depuis mai, OnlyMarms a encaissé 5 500 dollars bruts, soit 4 500 nets après la commission de 20 % de la plateforme, pour plus de 2 000 abonnés et 100 000 vues. Le graphique replace cette recette dans le budget du projet.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
La barre du compte OnlyFans est la plus courte du lot. Nous avons rapporté les 4 500 dollars nets récoltés depuis mai au bas de la fourchette annoncée par le responsable du projet, soit 75 000 dollars par an pour les seuls doctorants : la cagnotte en couvre 6 %. Ramenée à une saison de cinq mois, elle paie un peu plus de neuf jours de terrain. Trois mois de succès viral financent une semaine et demie de travail.
| Poste | Montant | Source |
|---|---|---|
| Besoin annuel doctorants (haut) | 100 000 $ | NPR |
| Besoin annuel doctorants (bas) | 75 000 $ | NPR |
| Jeton $ONLYMARMS, frais depuis mai 2026 | plus de 50 000 $ | Inside Higher Ed |
| OnlyMarms brut depuis mai 2026 | 5 500 $ | Inside Higher Ed |
| OnlyMarms net, après 20 % de commission | 4 500 $ | Inside Higher Ed |
L’autre façon de poser l’opération est plus parlante. À 4 500 dollars nets pour un peu plus de 2 000 abonnés, chacun a rapporté environ 2,25 dollars sur la période. Pour remplacer la subvention refusée par la NSF au bas de la fourchette, il faudrait donc autour de 33 000 abonnés, et près de 44 000 pour 100 000 dollars, soit dix-sept à vingt-deux fois l’audience actuelle. Deux limites : l’accès est gratuit et les dons volontaires, ce rendement n’est donc pas un tarif ; et les 4 500 dollars cumulent trois mois de lancement, quand l’attention est maximale.
Un détail brouille la morale : un jeton mémétique baptisé $ONLYMARMS, créé hors de l’équipe, a rapporté plus de 50 000 dollars de frais de transaction à la recherche, dix fois la recette du compte. La ressource la plus rentable de l’été a été la moins pilotable.

Une semaine de vote pour faire durer l’attention
D’où la suite du programme, calée du 24 au 29 août. Le Rocky Mountain Biological Laboratory organise sa première « Fat Marmot Week », décalquée de la Fat Bear Week du parc de Katmai : le public vote pour la marmotte la mieux préparée à l’hiver. Le scrutin ouvre le 24 août, le dernier tour se joue le 28 et la championne est couronnée le 29 août 2026, annonce Gunnison Country Times.
Derrière le gag, une donnée de terrain : une marmotte à ventre jaune double à peu près sa masse corporelle en un été pour tenir environ cinq mois d’hibernation. L’équipe signale qu’un printemps précoce et un faible enneigement ont compliqué la prise de poids cette année, ce qui rend le concours moins futile qu’il n’en a l’air.
Le Guardian a filmé les vedettes du catalogue et l’équipe qui les suit.
L’équipe a même fait brasser une bière « Marmot Tears » avec une brasserie locale : abonnement, jeton, tournoi, bière, la panoplie est complète.
Reste la question qui voyage jusqu’aux Alpes, où vit la cousine européenne de ces rongeurs. Un suivi de longue durée repose partout sur le même pari : une ligne de crédit reconduite pendant des décennies. Quand elle saute, ni un tournoi de rongeurs ni un compte OnlyFans ne la remplacent. Le second en couvre 6 %.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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