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Mise en perspective
11 articles signalés, aucune rétractation à ce jour : une enquête du service investigation de Science met en doute les travaux qui ont popularisé le gène réputé protéger d’Alzheimer.
Le texte paraît le 14 août 2026. Il ne déclare pas la piste fausse. Il documente une démonstration fragile, et il laisse ouvertes les procédures des revues et des institutions. Pour les familles qui vivent avec la maladie, la distinction n’est pas un détail de vocabulaire.
Personne n’avait encore additionné le périmètre de ce qui est mis en cause. Le voici, en nombre d’articles.

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La lecture du graphique tient en une phrase : onze articles signalés, zéro article retiré. C’est l’écart entre un soupçon documenté et une faute établie, et il commande tout le reste.

Le fait
Depuis 2019, une équipe internationale a présenté trois variants génétiques comme des boucliers contre la maladie d’Alzheimer. Le premier, APOE3 Christchurch, a été repéré chez une Colombienne porteuse de la mutation familiale dite paisa, restée sans troubles de la mémoire jusqu’à ses 70 ans passés, alors que la cohorte à laquelle elle appartient (environ 6 000 personnes, dont un cinquième porte la mutation) développe des symptômes vers 44 ans. Le deuxième, Reelin-COLBOS, a été décrit en 2023. Le troisième, baptisé Macondo en hommage au village de Cent ans de solitude et identifié chez la sœur de Gabriel García Márquez, n’est toujours pas publié.
Ce que l’enquête établit tient en peu de lignes. L’enquête de Science a examiné plus de 1 000 documents et interrogé plus de deux douzaines d’experts indépendants. Trois analystes d’images ont passé au crible douze articles disposant d’images exploitables et relevé des duplications ou des anomalies apparentes dans trois d’entre eux. Sept autres articles du groupe de Medellín, et un article co-signé hors de ce groupe, portent des relevés comparables. Deux collaborateurs ont retiré leur nom du manuscrit consacré à Macondo. En octobre 2024, le New England Journal of Medicine avait déjà publié une lettre de trois généticiens contestant l’article de juin 2024 qui attribuait à une seule copie de Christchurch un retard médian de cinq ans, ainsi que la réponse des auteurs.
Ce que l’enquête allègue relève du soupçon documenté, pas du jugement rendu. Des chercheurs indépendants estiment que des âges de survenue des symptômes ont été révisés d’une façon qui favorisait le résultat attendu. Les deux chercheurs principaux ont décliné les demandes d’entretien et n’ont pas fourni les images originales réclamées. Le groupe de Medellín, lui, défend son travail : les remarques porteraient sur « un sous-ensemble limité de publications », sans affecter l’authenticité des données ni les conclusions, et des « clarifications ou corrections » passeraient par les voies officielles si elles se justifient. Les institutions hospitalières concernées évoquent des examens internes confidentiels. À ce jour, aucune notice de rétractation n’est publiée.
Personne n’avait encore additionné ce périmètre. Le voici, en nombre d’articles.
La lecture du graphique tient en une phrase : onze articles signalés, zéro article retiré.
Notre regard
Nous avons croisé l’enquête de Science du 14 août 2026 et les publications qu’elle examine : selon nos calculs, onze articles portent des anomalies d’images relevées par ses analystes, aucun n’est rétracté à ce jour, et environ 80 millions de dollars de financements et de levées recensés depuis 2019 se rattachent à cette ligne de recherche.
Le détail de cette somme raconte la mécanique. Avant la publication du cas colombien, le couple de chercheurs à l’origine des découvertes avait obtenu près de 11 millions de dollars des instituts américains de santé. Après la vague médiatique, près de 18 millions supplémentaires, instituts et fondations confondus. Un institut partenaire de l’Arizona a capté plus de 58 millions pour des travaux liés à Christchurch et à la cohorte colombienne. Un essai de thérapie génique à Weill Cornell a reçu 3,2 millions pour tester l’approche chez quinze personnes. Une jeune société fondée par l’un des chercheurs a levé plus de 1,5 million.
Le nom compte aussi, et c’est la part la moins scientifique de l’affaire. Une mutation baptisée Macondo circule plus vite qu’une référence de laboratoire, et la sœur d’un prix Nobel de littérature ouvre des portes que des données seules n’ouvrent pas. Signe de cette confusion entre la promesse et son état de l’art : la revue de Lancet Neurology qui fait référence sur ces variants, parue en juin 2025, est signée par des membres de l’équipe elle-même.
La nuance
Une enquête journalistique n’est pas une rétractation. Aucun des articles signalés n’a été retiré, aucune expression de préoccupation n’a été émise, et les personnes mises en cause contestent la lecture qui est faite de leur travail. Un relevé d’images est un indice, jamais une conclusion d’instruction.
La biologie, elle, n’est pas balayée. Des laboratoires sans lien avec l’équipe ont observé chez la souris et sur des organoïdes des effets de Christchurch sur la propagation de la protéine tau, et les analystes n’ont trouvé aucune anomalie dans l’étude de 2023 menée à San Francisco. Un neurologue de Washington University juge plausible qu’une double copie du variant retarde la maladie, tout en se disant non convaincu par les données humaines portant sur une copie unique. Le débat scientifique porte donc sur un point précis : un gène seul suffit-il ? Mis en ligne le 7 août 2026, un preprint signé par l’un des collaborateurs qui ont retiré leur nom conclut que la résilience observée tient à une combinaison de variants rares plutôt qu’à un variant unique.
À surveiller
Trois échéances. La publication de Macondo, et sous quelle forme après le retrait de deux signatures. Les suites données par les revues et les institutions aux onze articles signalés : correction, expression de préoccupation, ou rien. L’essai de thérapie génique et ses quinze participants, qui reste la traduction clinique la plus avancée de l’hypothèse.
Pour une famille confrontée à la maladie aujourd’hui, rien de tout cela ne modifie l’état des connaissances. Les facteurs documentés par la Fondation pour la recherche médicale n’ont pas bougé : moins de 1 % des cas relèvent de formes familiales héréditaires, 15 % des personnes de plus de 80 ans sont concernées, environ 80 gènes de susceptibilité sont identifiés, et l’activité physique, l’alimentation de type méditerranéen, le niveau d’études, le sommeil et la tension artérielle restent les leviers connus. Les autres chantiers avancent de leur côté, du test sanguin aux écarts entre métiers. La piste du gène bouclier est fragilisée. La recherche sur Alzheimer, elle, n’a jamais tenu sur un seul gène.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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