Mains d’un développeur sur un clavier devant un écran affichant une longue liste de bibliothèques logicielles et leurs numéros de version

98 % des logiciels commerciaux embarquent du code open source

Le rapport OSSRA 2026 a audité 947 bases de code commerciales : 98 % contiennent de l’open source. Nous en tirons un chiffre absent du rapport, une vulnérabilité connue pour deux composants importés.

Le chiffre

1 180 composants par application, 581 vulnérabilités connues. Le logiciel que vous payez n’est pas écrit par l’entreprise qui vous le vend. Enfin, pas entièrement. L’édition 2026 du rapport OSSRA a passé au crible 947 bases de code commerciales : 98 % contiennent de l’open source, ces briques gratuites écrites ailleurs et importées telles quelles.

98%

Le rapport OSSRA 2026 de Black Duck compile des audits menés entre novembre 2024 et octobre 2025 dans 17 secteurs d’activité. Ces audits ont lieu au moment où une société en rachète une autre : on ouvre le capot pour savoir ce qu’on achète. Le communiqué du 25 février 2026 donne le reste du bilan : 87 % des bases de code contiennent au moins une vulnérabilité connue, 78 % une vulnérabilité classée à haut risque.

Concrètement, un éditeur assemble plus qu’il n’écrit

Un logiciel vendu au catalogue se construit comme un meuble : l’éditeur produit sa pièce maîtresse et visse autour des composants tout faits, récupérés dans des dépôts publics. Chiffrement, compression, lecture de fichiers, connexion réseau : ces fonctions existent déjà, en libre accès, souvent maintenues par une poignée de développeurs bénévoles. Personne ne les réécrit. Le pourcentage de 98 % ne dit donc pas que le gratuit grignote le payant : il dit que le payant est bâti dessus.

Combien de composants open source une application commerciale embarque-t-elle en moyenne ?

1 180 composants par application, soit 30 % de plus qu’un an plus tôt.

Mille cent quatre-vingts briques dans un seul produit, pour 84 499 fichiers en moyenne par base de code. La liste des dépendances est devenue plus longue que la liste des fonctionnalités.

L’adoption de l’open source est quasi totale, mais son suivi ne l’est pas : 98 % des bases de code auditées en contiennent, et 87 % embarquent au moins une vulnérabilité connue. Périmètre : 947 bases de code auditées surtout à l’occasion d’un rachat, ce qui surreprésente les logiciels mis en vente.
L’adoption de l’open source est quasi totale, mais son suivi ne l’est pas : 98 % des bases de code auditées en contiennent, et 87 % embarquent au moins une vulnérabilité connue. Périmètre : 947 bases de code auditées surtout à l’occasion d’un rachat, ce qui surreprésente les logiciels mis en vente.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Le graphique met les quatre grands indicateurs de l’audit sur la même échelle. L’écart entre la première barre et les trois suivantes mesure exactement le problème : l’adoption est totale, le suivi ne l’est pas.

Ce que nous calculons : une faille pour deux briques

Le rapport publie deux moyennes sans jamais les rapporter l’une à l’autre : 1 180 composants open source par application, et 581 vulnérabilités connues par base de code. Nous calculons le rapport des deux : 581 ÷ 1 180 = 0,49 vulnérabilité par composant importé, soit une faille connue pour deux briques. En reconstituant les moyennes de l’an dernier à partir des évolutions publiées (581 ÷ 2,07 = 281 vulnérabilités ; 1 180 ÷ 1,30 = 908 composants), le même rapport valait 0,31. La densité de failles par brique a donc progressé de moitié en un an.

0,49 vulnérabilité connue par composant importé

581 vulnérabilités pour 1 180 composants open source par application, en moyenne, sur les 947 bases de code auditées par Black Duck entre novembre 2024 et octobre 2025. Un an plus tôt, le même rapport donnait 0,31. Calcul Actu Alt Plus, 13 août 2026.

Le détail de l’audit tient en sept lignes, dont la dernière est de nous.

Rapport OSSRA 2026 (Black Duck) : 947 bases de code auditées, 17 secteurs. Dernière ligne calculée par nos soins.
Indicateur2026Évolution sur un an
Bases de code contenant de l’open source98 %+1 point
Composants open source par application1 180+30 %
Vulnérabilités connues par base de code581+107 %
Bases avec au moins une vulnérabilité87 %stable
Bases avec une vulnérabilité à haut risque78 %-3 points
Bases avec un conflit de licence68 %+12 points
Vulnérabilités par composant (calcul AAP)0,490,31 un an plus tôt

Deux limites à garder en tête. Une vulnérabilité connue n’est pas une porte ouverte : la faille peut concerner une fonction que le produit n’appelle jamais. Et l’échantillon penche vers les logiciels mis en vente, puisqu’il vient d’audits de rachat.

Vue de dessus d’un meuble en cours de montage : une grande pièce sur mesure entourée de dizaines de petites vis et équerres standard alignées au sol
Un éditeur produit la pièce maîtresse et visse autour 1 180 composants standards en moyenne, dont il ne maîtrise ni le rythme de correction ni le financement.

Reste la question du financement. Le recensement Census III de la Fondation Linux, publié en décembre 2024 avec l’OpenSSF et le laboratoire d’innovation de Harvard, sert précisément à identifier les briques que tout le monde utilise sans les payer. Quelques villes commencent à en tirer les conséquences : Munich a payé six mois de salaire au mainteneur d’une bibliothèque présente dans des millions d’appareils. À l’échelle des 1 180 composants d’une application moyenne, l’effort reste anecdotique.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 18 337 spectateurs par match : la Ligue 2 rouvre les stades treize jours avant la Ligue 18 337 spectateurs par match : la Ligue 2 rouvre les stades treize jours avant la Ligue 1
  2. 21 enfant sur 3 ne part pas en vacances : les 3 dates d’août 20261 enfant sur 3 ne part pas en vacances : les 3 dates d’août 2026
  3. 3Le vautour fauve du zoo de La Flèche retrouvé à 1 km : pourquoi un planeur ne va jamais loinLe vautour fauve du zoo de La Flèche retrouvé à 1 km : pourquoi un planeur ne va jamais loin
  4. 43 ans de classement protégé : ce que le retour de Svitolina doit au règlement WTA3 ans de classement protégé : ce que le retour de Svitolina doit au règlement WTA
  5. 54 communes d’un coup : la justice retoque les couvre-feux pour mineurs4 communes d’un coup : la justice retoque les couvre-feux pour mineurs

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Hugo, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Hugo

« Hugo » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Tech, IA & Futur : ce que la technologie et l’IA changent concrètement, à hauteur d’usage plutôt que de promesse.

Articles: 392