Deux mains tiennent un téléphone Android au-dessus d'une table en bois, l'écran affichant une grille de vignettes d'applications vierges.

F-Droid remet à neuf la boutique Android sans Google, mode d’emploi et vraies limites

F-Droid a refait son application de fond en comble six jours avant que Google ne commence à bloquer les applications de développeurs non enregistrés. Ce que la boutique libre installe vraiment, comment on l'ouvre, et où la confiance se déplace.

Sommaire
  1. F-Droid, c'est quoi exactement ?
  2. Comment on l'installe, et sur quels téléphones ?
  3. Qu'est-ce que la version 2.0 change à l'usage ?
  4. Quelles sont les vraies limites ?
  5. Play Store, F-Droid ou APK glané sur le web ?
  6. Le verrou de Google change-t-il la donne pour F-Droid ?

Questions-réponses

Le projet F-Droid a publié le 24 septembre la version 2.0 de son application, sa plus grosse refonte depuis dix ans. La boutique ne distribue que des applications libres et open source, compilées et signées par le projet lui-même. Elle s’installe sur n’importe quel téléphone Android, sans compte Google.

« Google change la façon dont vous installez des applications sur votre appareil », note l’annonce de la 2.0. Le verrou de Google sur les applications non enregistrées entre en vigueur le 30 septembre 2026 dans quatre pays, et la France n’en fait pas partie. L’extension mondiale est annoncée pour 2027.

F-Droid, c’est quoi exactement ?

Un magasin d’applications Android qui ne propose que des logiciels libres et open source. Le projet dit aider les gens à en découvrir et à en installer depuis plus d’une décennie. La particularité tient à la fabrication : F-Droid récupère le code source, compile l’application lui-même, puis la signe. Sa documentation technique précise que toute la signature d’applications se fait « sur une machine dédiée, isolée du réseau et hors ligne ». Quand la compilation est reproductible, l’application garde au contraire la signature d’origine de son auteur. Elle arrive avec le tampon du magasin, comme un pain cuit sur place plutôt que livré emballé.

Comment on l’installe, et sur quels téléphones ?

Le téléchargement passe par le site f-droid.org, sous la forme d’un fichier APK que l’on ouvre soi-même. F-Droid décrit ce passage comme « un vecteur d’attaque potentiel que les magasins intégrés n’ont pas ». La version 2.0 réclame au minimum Android 7, ce qui écarte les téléphones restés sous Android 6. La durée des mises à jour décide donc aussi de l’accès aux boutiques alternatives. La 2.0 abandonne par ailleurs l’extension privilégiée FPE, le module qui installait les mises à jour sans confirmation. Un installeur unifié la remplace, adossé aux nouvelles API de pré-approbation d’Android : sur les appareils compatibles, la confirmation arrive juste après la décision d’installer, et non après le téléchargement.

Qu’est-ce que la version 2.0 change à l’usage ?

« F-Droid 2.0 récupère et installe désormais les mises à jour par défaut », annonce le projet. La vérification automatique n’est plus une case à cocher. L’application s’organise autour de trois écrans, dont un « Discover » qui met en avant les nouveautés et les applications les plus téléchargées. Les jeux se rangent maintenant dans dix-sept genres, au lieu de grands ensembles flous.

Un petit serveur gris posé sur une étagère métallique, son port réseau vide, un câble Ethernet enroulé et débranché à côté.
F-Droid indique signer les applications qu’il distribue sur une machine dédiée, isolée du réseau et hors ligne.

La recherche explore désormais les descriptions et les contenus traduits, et le projet revendique un « bien meilleur support des systèmes d’écriture CJK ». La fonction « Nearby » de partage de proximité manque à l’appel : elle est en cours de refonte.

Quelles sont les vraies limites ?

Une application absente du catalogue l’est le plus souvent par périmètre, faute de code source ouvert ou à cause d’une brique propriétaire. Pour les cas limites, F-Droid appose des étiquettes : sa liste d’anti-fonctionnalités nomme les « dépendances non libres » (l’application « a besoin d’une app non libre pour fonctionner, par exemple Spotify, WhatsApp »), les « services réseau non libres », le « pistage » ou une « vulnérabilité connue ». L’autre limite est invisible : la confiance se déplace vers la clé de signature du projet, sauf quand la compilation reproductible permet de garder celle de l’auteur. Le catalogue avance au rythme des compilations de F-Droid, qui s’intercalent entre la publication du développeur et le téléphone.

Play Store, F-Droid ou APK glané sur le web ?

Le calendrier de Google ne traite pas ces canaux de la même façon, et l’écart se lit ligne par ligne.

Cinq voies d’installation Android face au calendrier d’enregistrement des développeurs : aucune n’est concernée en France en 2026. Sources : Android Developers Blog (juin 2026) et aide Android de Google.
Voie d’installationÀ partir du 30 septembre 2026Ce qui est annoncé ensuite
Google Play et six magasins partenaires (HONOR, OPPO, Galaxy Store, Palm Store, V-Appstore, GetApps)enregistrement du développeur exigé au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlandeextension mondiale annoncée en 2027
Une autre boutique, F-Droid comprisabsente de la liste des magasins de la première phase« toutes les sources d’installation » visées
APK installé à la main depuis un sitenotification puis blocage si le développeur n’est pas enregistré, dans les quatre paysmême échéance
Procédure avancée dans les réglageslève le blocage une seule fois, avec délai d’attenteouverte depuis août 2026
adb (câble et ligne de commande)installation d’une application non enregistrée possibleaucune restriction annoncée

Le nom de F-Droid n’apparaît dans aucune des sept boutiques de la première phase, et Google annonce l’extension à « toutes les sources d’installation » pour 2027. Côté utilisateur, l’aide Android est explicite : « Si vous essayez d’installer une application provenant d’un développeur non validé, vous recevrez une notification et ne pourrez pas l’installer. »

Le verrou de Google change-t-il la donne pour F-Droid ?

Le projet a répondu un an avant la sortie de la 2.0. Dans un texte du 29 septembre 2025, il écrit que le décret d’enregistrement « mettra fin au projet F-Droid et aux autres sources de distribution d’applications libres et open source telles que nous les connaissons aujourd’hui ». Son argument est pratique : F-Droid ne peut pas exiger de milliers de développeurs qu’ils s’enregistrent chez Google. Google, de son côté, présente la mesure comme un moyen de « renforcer la sécurité de l’écosystème et d’empêcher les acteurs malveillants de se cacher derrière l’anonymat pour diffuser des applications nuisibles ». Sur l’iPhone, le règlement européen sur les marchés numériques a déjà forcé l’ouverture hors de l’App Store. Côté Android, aucune date n’est fixée pour la France.

« Nous pensons qu’il s’agit de consolider un pouvoir et de resserrer le contrôle sur un écosystème autrefois ouvert », écrit le projet dans ce même texte. Quatorze préversions plus tard, son application est sortie six jours avant l’échéance.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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