
Le chiffre
188 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur figurent ce 8 août 2026 sur la liste publique que l’ANSM consacre à la disponibilité des médicaments. Nous l’avons relevée à la main, ligne à ligne : 141 tensions d’approvisionnement et 47 ruptures de stock. Douze jours plus tôt, le compteur en affichait 174.
188médicaments en difficulté d’approvisionnement, relevés sur la liste de l’ANSM le 8 août 2026
Série AAP
Nous suivions déjà ce chiffre : le 27 juillet, AAP mesurait 174. Aujourd’hui : 188.
Depuis le 27 juillet, nous relevons chaque semaine ce compteur à la source, parce que l’ANSM publie la liste mais pas sa trajectoire. Pour situer la hausse, nous avons compilé les deux relevés catégorie par catégorie. Résultat : 14 situations actives de plus en douze jours, soit une progression de 8 %. Et, selon nos calculs, 13 de ces 14 lignes supplémentaires sont des tensions, pas des ruptures. La courbe monte, mais elle monte dans la catégorie la moins lourde pour le patient.
27 juillet 2026174 situations actives
8 août 2026188 situations actives
Une tension n’est pas une rupture
Les deux mots circulent comme des synonymes, et ils ne le sont pas. L’ANSM définit la rupture de stock comme l’impossibilité de fabriquer ou d’exploiter un médicament. Le ministère de la Santé, lui, appelle rupture d’approvisionnement l’incapacité de dispenser un médicament à un patient dans un délai de 72 heures. Une tension décrit autre chose : l’approvisionnement ne suit plus la demande, mais le produit circule encore. Pour vous, au comptoir, cela change tout. En tension, la boîte arrive souvent, avec du retard, dans un autre dosage ou une autre présentation. En rupture, il faut une autre solution, tout de suite.
Reste à savoir où la hausse s’est logée. Voici la variation de chaque statut entre nos deux relevés.

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Une seule barre descend : celle des remises à disposition, c’est-à-dire des médicaments revenus à la normale. Tout le reste monte.
Le détail, ligne à ligne, d’un relevé à l’autre.
| Statut sur la liste ANSM | 27 juillet 2026 | 8 août 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Tensions d’approvisionnement | 128 | 141 | +13 |
| Ruptures de stock | 46 | 47 | +1 |
| Total des situations actives | 174 | 188 | +14 |
| Arrêts de commercialisation | 15 | 17 | +2 |
| Remises à disposition | 88 | 84 | -4 |
Les remises à disposition ne s’additionnent pas aux situations actives : elles signalent des retours à la normale, et sortent de la liste au fil des semaines. Leur recul de quatre lignes ne veut donc pas dire que des médicaments sont repartis en difficulté.
Pourquoi ce moment de l’année ? L’ANSM a formalisé un dispositif pour l’autre saison sensible : son plan hivernal suit semaine après semaine les stocks d’antibiotiques, de paracétamol, de corticoïdes oraux et de traitements de l’asthme. Il est clos depuis le 10 avril. Pour juillet et août, l’agence ne publie pas de tableau de bord équivalent : le compteur public, c’est la liste elle-même. Le filet, lui, est en amont. Depuis le 1er septembre 2021, un décret impose aux laboratoires un stock de sécurité de deux mois pour chaque MITM, porté à quatre mois pour les plus fragiles. C’est précisément ce matelas qui doit absorber les ralentissements de production et de logistique. Nos relevés ne disent pas pourquoi le compteur monte pendant les congés : ils disent qu’il monte, et dans quelle catégorie.
Trois réflexes quand la boîte n’est pas là
Le premier tient en un mot : le pharmacien. C’est lui qui voit le stock du répartiteur, qui peut appeler le prescripteur pour caler un équivalent, et qui a l’obligation de signaler à l’ANSM les ruptures dont il n’a pas encore été informé. Un médicament absent d’une officine ne l’est pas forcément de la suivante.
Le deuxième est mal connu : la dispensation à l’unité existe. Un arrêté du 1er mars 2022 ouvre la délivrance à l’unité à la classe des antibactériens à usage systémique, soit les antibiotiques. Quand une boîte entière n’est pas disponible, le nombre de comprimés correspondant au traitement peut l’être. C’est une possibilité, pas un automatisme : posez la question.
Le troisième ne souffre aucune exception : on n’arrête jamais un traitement de sa propre initiative, et on ne réduit pas les doses pour faire durer une boîte. Un MITM est, par définition de l’ANSM, un médicament dont l’interruption peut mettre en jeu le pronostic vital à court ou moyen terme. Si la vôtre manque, l’interlocuteur est votre pharmacien ou votre médecin.

Notre prochain relevé tombe la semaine prochaine. Si une ordonnance vous reste sur les bras, le geste utile est simple : appelez votre pharmacie avant de vous déplacer, et laissez-la chercher.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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