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Panorama
5 764 décès en excès : c’est le bilan provisoire de la canicule du 17 juin au 2 juillet, établi par Santé publique France. C’est 36,2 % de morts de plus que ce qu’une période normale laissait attendre, et la plus forte surmortalité observée lors d’une canicule depuis 2003. Un chiffre qui frappe surtout par sa géographie : selon nos calculs, l’Île-de-France a rassemblé près de 35 % des décès en excès du pays, alors qu’elle n’abrite qu’environ un habitant sur cinq.
En bref
- Selon nos calculs à partir des données de Santé publique France, l’Île-de-France concentre près de 35 % de la surmortalité nationale (1 999 décès sur 5 764) pour une région qui pèse environ un cinquième de la population.
- 5 764 décès en excès au total, soit 36,2 % de plus qu’attendu : la plus forte surmortalité lors d’une canicule depuis 2003, sans en atteindre le niveau.
- Les 75 ans et plus représentent les deux tiers du bilan, avec au moins 3 719 décès en excès.
- Fait inédit selon l’agence, un excès de mortalité a touché toutes les tranches d’âge dès 15 ans.
Le bilan est tombé le 22 juillet, trois semaines après la fin de l’épisode. Nous avons repris les chiffres de l’agence sanitaire pour répondre à trois questions simples : combien de morts, qui, et où. Sans dramatiser, mais sans rien lisser non plus.
5 764 morts en excès, la pire depuis 2003 sans l’égaler
Le chiffre se lit d’abord comme un écart. Sur les jours concernés par la canicule, 21 674 décès toutes causes ont été enregistrés, contre 15 910 attendus en temps normal. La différence, 5 764 décès, est la surmortalité liée à l’épisode, en hausse de 36,2 %.
Santé publique France précise que c’est le niveau le plus élevé constaté lors d’une canicule depuis 2003, mais qu’il reste loin de cet été-là. La canicule d’août 2003 avait provoqué près de 15 000 décès en excès, selon l’Insee. Le repère compte : il rappelle que le bilan de juin est lourd, mais qu’il ne signe pas un nouveau record absolu.

L’épisode s’est aussi distingué par sa concentration. Plus de la moitié des décès en excès, 56 %, sont survenus sur trois journées seulement, du 25 au 27 juin, au plus fort de la chaleur.
Les personnes âgées d’abord, mais tous les âges touchés
Les plus fragiles restent les premiers exposés. Les personnes de 75 ans et plus constituent les deux tiers du bilan, avec au moins 3 719 décès en excès, en hausse de 33,3 %. C’est la population que les plans canicule cherchent en priorité à protéger.
La nouveauté est ailleurs. Pour la première fois, selon l’agence, un excès de mortalité a été observé pour toutes les classes d’âge dès 15 ans. Autrement dit, la chaleur n’a pas frappé que les personnes très âgées : elle a pesé aussi sur des adultes en pleine activité, dans une période encore chargée en travail et en école.

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Cette diffusion à tous les âges tient à la nature de l’épisode. Sa précocité, son intensité et sa durée ont exposé la quasi-totalité du pays, 92 départements représentant 98,5 % de la population de l’Hexagone, à de très fortes chaleurs, souvent avant que les réflexes de l’été ne soient installés.
Le calendrier compte plus qu’on ne le croit. Une canicule de fin juin frappe une France encore au travail et à l’école, moins préparée qu’en plein mois d’août, quand les rythmes ralentissent et que les consignes de vigilance sont mieux ancrées. C’est l’une des explications avancées à cette surmortalité qui déborde le seul grand âge.
L’Île-de-France, épicentre de la surmortalité
Une région se détache nettement. L’Île-de-France est la plus touchée, avec 1 999 décès en excès, soit une hausse de 81,2 %, bien au-dessus de la moyenne nationale. Rapporté au total, cela représente près de 35 % de la surmortalité du pays concentrée sur un seul territoire.
Le contraste saute aux yeux quand on le met en regard du poids démographique de la région, environ un habitant sur cinq. La densité urbaine, l’effet d’îlot de chaleur et le grand âge d’une partie de la population s’y conjuguent. À l’inverse, la Corse, l’Occitanie et la Provence-Alpes-Côte d’Azur, exposées de façon moins intense sur cette période, n’ont pas connu d’excès marqué.
Le bilan de la canicule de juin, en repères chiffrés
| Repère | Valeur | Lecture |
|---|---|---|
| Décès en excès (17 juin au 2 juillet) | 5 764 | + 36,2 % par rapport à l’attendu |
| Décès observés sur la période | 21 674 | pour 15 910 attendus en temps normal |
| 75 ans et plus | 3 719 | + 33,3 %, soit les deux tiers du bilan |
| Île-de-France | 1 999 | + 81,2 %, près de 35 % du total national |
| Concentration 25 au 27 juin | 56 % | des décès en excès sur trois jours |
| Départements concernés | 92 | soit 98,5 % de la population hexagonale |
| Repère canicule 2003 | ~14 800 | bilan que juin 2026 n’atteint pas |
Tableau Actu Alt Plus, d’après Santé publique France et l’Insee. Le bilan de juin est le plus lourd depuis 2003, mais une région, l’Île-de-France, en porte à elle seule plus du tiers.
Ce que ces chiffres disent, et ce qu’ils ne disent pas
Ces estimations sont provisoires. Elles ont été établies trois semaines après la fin de la période étudiée, à partir des données de mortalité toutes causes, et seront affinées. Le chiffre pourra donc encore évoluer, à la hausse comme à la baisse.
Surmortalité toutes causes ne veut pas dire décès uniquement dus au coup de chaud. La canicule agit surtout comme un facteur aggravant, sur des maladies cardiaques, respiratoires ou rénales préexistantes. C’est pourquoi le bilan se lit en excès par rapport à une année ordinaire, et non comme un décompte direct.

Reste l’essentiel pour la suite. Si la surmortalité gagne désormais des âges plus jeunes et des régions denses, la prévention ne peut plus viser seulement les personnes très âgées. Les gestes utiles, fermer les volets aux heures chaudes, boire régulièrement, prendre des nouvelles des voisins isolés, valent pour tout le monde, comme le rappellent les plans canicule des communes.
Méthode : décès en excès et répartition par âge et région d’après le bulletin national de Santé publique France (estimations provisoires publiées le 22 juillet 2026, période du 17 juin au 2 juillet). Repère 2003 d’après l’Insee. Part régionale (près de 35 % pour l’Île-de-France) calculée par nos soins en rapportant les 1 999 décès franciliens aux 5 764 décès nationaux. Limites : bilan toutes causes, provisoire et susceptible d’être révisé ; la surmortalité mesure un écart à la normale, pas un décompte direct de décès dus à la chaleur.
Questions courantes
Combien de morts a fait la canicule de juin 2026 ?
Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès en excès entre le 17 juin et le 2 juillet, soit 36,2 % de plus qu’attendu. C’est un bilan provisoire, appelé à être affiné.
Est-ce un record ?
C’est la plus forte surmortalité lors d’une canicule depuis 2003, selon l’agence, mais elle reste loin de l’été 2003 et de ses près de 15 000 décès en excès.
Qui a été le plus touché ?
Les personnes de 75 ans et plus, qui représentent les deux tiers du bilan avec au moins 3 719 décès en excès. Fait inédit selon Santé publique France, un excès a toutefois concerné toutes les tranches d’âge dès 15 ans.
Quelle région a payé le plus lourd tribut ?
L’Île-de-France, avec 1 999 décès en excès, soit une hausse de 81,2 % et près de 35 % de la surmortalité nationale, pour environ un cinquième de la population.
Ces chiffres sont-ils définitifs ?
Non. Ce sont des premières estimations établies trois semaines après l’épisode, à partir de la mortalité toutes causes. Elles seront consolidées dans les mois qui viennent.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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