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Questions-réponses
Publié le 22 juillet 2026 · Mis à jour le 2 août 2026 à 12h12
Vous avez un compte Doctolib ? Vous êtes alors l’un des 50 millions d’utilisateurs dont les données de santé pourront, dès août 2026, nourrir deux projets de recherche en intelligence artificielle. Sauf si vous vous y opposez, car tout repose ici sur un refus de votre part, pas sur un accord. Voici ce qui se prépare, ce que la plateforme peut vraiment exploiter, et comment dire non en quelques minutes.
Qu’est-ce que Doctolib prépare exactement ?Pourquoi Doctolib n’a-t-il pas besoin de votre accord ?Quelles données sont concernées ?Vos données sont-elles vraiment anonymes ?Comment vous opposer, concrètement ?Est-ce comparable à Meta ou à d’autres services ?
Qu’est-ce que Doctolib prépare exactement ?
Deux projets de recherche en IA, lancés à partir d’août 2026. Le premier vise à mieux anticiper certains risques et à optimiser les parcours de soins à partir de l’historique médical. Le second porte sur la fiabilité des modèles génératifs utilisés en médecine. Les deux sont menés avec l’Inria, l’Inserm et l’université Paris-Cité, comme le détaille l’association Que Choisir.
Pour les mener, la plateforme prévoit d’exploiter les données de ses 50 millions d’utilisateurs. En rapportant ce chiffre aux 69,1 millions d’habitants que compte la France début 2026 (Insee), nous avons calculé que le projet couvre l’équivalent d’environ sept personnes sur dix. Autant dire presque tout le monde.
Les deux projets ont un nom, « l’optimisation des parcours de soin grâce à l’intelligence artificielle », et une équipe : l’unité de recherche HeKA, qui réunit l’Inria, l’Inserm et l’Université Paris Cité. Les travaux sont annoncés sur trois ans.
Pourquoi Doctolib n’a-t-il pas besoin de votre accord ?
Parce que ces recherches sont considérées comme d’intérêt public. Ce cadre permet de se passer d’une autorisation individuelle. Concrètement, le traitement fonctionne en opt-out : vos données sont incluses par défaut, et c’est à vous de les retirer si vous ne le souhaitez pas.

C’est l’inverse de l’opt-in, où rien ne se passe sans votre feu vert explicite. La différence n’est pas mince : dans un système d’opt-out, l’inaction vaut consentement. Doctolib affirme par ailleurs respecter le cadre fixé par la CNIL pour ce type de recherche sur des données de santé.
Ce qui rend l’opt-out possible a une référence précise : la méthodologie MR-004 de la CNIL. Elle encadre les recherches « n’impliquant pas la personne humaine » dans le domaine de la santé, à condition qu’elles présentent un « caractère d’intérêt public », et repose sur l’information des personnes et leur droit d’opposition, sans consentement individuel préalable. C’est ce cadre, l’un des droits que l’Europe fait bouger dans votre quotidien, qui transforme votre inclusion en réglage par défaut.
Quelles données sont concernées ?
Des données sensibles, accumulées au fil de vos consultations. Cela couvre ce que votre médecin inscrit dans son logiciel : antécédents, médicaments, diagnostics, évolution des traitements, documents et images synchronisés avec le dossier.
S’y ajoutent les informations que vous renseignez avant un rendez-vous, comme les réponses aux questionnaires, les courriers d’adressage ou les ordonnances, ainsi que ce que vous notez dans la rubrique Santé de votre compte. On est loin d’un simple créneau de rendez-vous.
Vos données sont-elles vraiment anonymes ?
Non, et c’est la nuance clé. Doctolib remplace votre nom par un pseudonyme : vous n’apparaissez pas directement dans les données étudiées. Mais la pseudonymisation n’est pas l’anonymisation.
Contrairement à cette dernière, elle n’efface pas la possibilité de vous réidentifier : il suffit de disposer de la table de correspondance qui relie le pseudonyme à votre identité. Vos informations restent donc, juridiquement, des données personnelles, protégées comme telles, avec les droits qui vont avec.
Doctolib, de son côté, met en avant ses garanties : données pseudonymisées, conservées cinq ans au maximum, ni revendues à des fins commerciales, ni utilisées pour entraîner ses propres modèles d’intelligence artificielle. Des engagements à lire en regard de la sensibilité des informations en jeu.
Comment vous opposer, concrètement ?
En remplissant le formulaire d’opposition mis en ligne par la plateforme, accessible depuis les réglages de confidentialité de votre compte. Que Choisir en détaille la marche à suivre pas à pas.

Pour exercer vos autres droits, comme l’accès, la rectification ou l’effacement, un contact dédié à la protection des données est prévu. Comme pour les autres services, le bon réflexe est de faire le tour de vos réglages de vie privée. Le geste prend quelques minutes, mais mieux vaut agir avant le lancement d’août.
Concrètement, sur le formulaire, vous renseignez votre état civil et cochez la case qui invoque l’article 56 de la loi Informatique et Libertés. Un point de calendrier décide de tout : l’opposition reste possible avant le lancement d’août 2026, puis pour un retrait en cours de recherche, mais plus une fois les travaux finalisés. C’est une brique de plus pour reprendre la main sur votre vie numérique.
Est-ce comparable à Meta ou à d’autres services ?
Oui, sur le principe. Meta a fait le même choix pour entraîner son IA sur les contenus de Facebook et Instagram, là aussi en opt-out, à charge pour l’utilisateur de refuser dans un délai souvent court.
La différence tient à la nature des données. Un like ou une photo de vacances n’a pas le même poids qu’un diagnostic ou une ordonnance. C’est ce qui rend ce sujet plus sensible que les précédents, et le choix de s’opposer plus personnel. On peut d’ailleurs juger la recherche utile et vouloir malgré tout garder la main sur son dossier médical : les deux ne sont pas contradictoires. À chacun, désormais, de décider ce qu’il accepte de confier à la recherche, en connaissance de cause.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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