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Récit
Publié le 11 juillet 2026 · Mis à jour le 28 juillet 2026 à 16h29
Dans une forêt du nord de Kyoto, à Miyama, un sanctuaire de bois a ouvert ses portes le 7 juillet, jour de la fête des étoiles. Il n’accueille pas seulement des fidèles : il accueille leurs peluches. Derrière ce lieu, un atelier d’Osaka qui a recousu, rembourré et soigné plus de 26 000 doudous.
En bref
- Le « Nuigurumi Jinja », sanctuaire dédié aux peluches, a tenu sa cérémonie de fondation le 20 juin 2026 à Miyama, près de Kyoto, et accueille le public depuis le 7 juillet, selon le média japonais SoraNews24.
- Il est né sous la direction de Komichi Horiguchi, fondatrice du Nuigurumi Byoin, l’« hôpital des peluches » d’Osaka, qui a soigné plus de 26 000 peluches.
- Le lieu se veut une dernière demeure pour les peluches irréparables ou dont les propriétaires sont décédés, avec l’idée de dire merci plutôt qu’adieu.
- Il s’inscrit dans le « nuikatsu », la mode d’habiller et de photographier ses peluches, devenue un marché de 45 milliards de yens.
Un sanctuaire de bois pour dire merci
Le décor tient de l’illustration d’album jeunesse. Une charpente de cèdre, un toit de chaume, une fenêtre taillée en forme d’ourson et un torii coiffé de deux oreilles rondes. Le sanctuaire est niché dans la commune de Miyama, à Nantan, au creux d’une forêt d’environ 28 hectares que le lieu dit prendre soin de cultiver.
Rien d’un simple décor, pourtant. Le Nuigurumi Jinja est un site religieux à part entière, rattaché au shinto. Un rite de « partage de l’âme », le mitama-wake, a été célébré le 18 avril au sanctuaire Reimei de Kyoto pour préparer sa fondation. L’idée qui le porte : forêts, rivières, animaux, humains, ancêtres et peluches seraient tous reliés.

La cérémonie de naissance s’est tenue le 20 juin. Depuis le 7 juillet, jour de Tanabata, la fête japonaise des étoiles, les visiteurs peuvent s’y recueillir, y acheter des amulettes et des sceaux calligraphiés, ou déposer un mot de gratitude dans une boîte à offrandes.
Mise à jour du 28 juillet 2026. Ce rituel s’inscrit dans une tradition ancienne : le kuyō, rite de gratitude rendu aux objets qui ont servi. À Kyoto, le temple Hōkyō-ji, surnommé « temple des poupées », célèbre ainsi chaque 14 octobre un ningyō kuyō pour « apaiser les esprits des poupées qui ne sont plus nécessaires », en écho à la croyance aux tsukumogami, ces esprits prêtés aux objets anciens, rappelle Discover Kyoto. Au Nuigurumi Jinja, ce sont des prêtres shinto qui officient : brûlages cérémoniels et dépôt des cendres sont prévus sur place, et les mots de gratitude déposés dans le tronc sont « transmis aux dieux un jour faste », selon SoraNews24. Pour prolonger côté Japon : la maire qui a pris un congé maternité et la grue couronnée rouge sortie de la liste des espèces menacées.
L’hôpital des peluches, à l’origine du projet
Tout est parti d’un atelier d’Osaka, le Nuigurumi Byoin, littéralement l’« hôpital des peluches ». Sous la direction de sa fondatrice, Komichi Horiguchi, il a recousu, regarni et remis sur pied plus de 26 000 doudous, selon le média SoraNews24. De ce savoir-faire est née une conviction : une peluche aimée porte une forme de vie, et mérite d’être soignée, réparée, puis accompagnée jusqu’au bout.
Le sanctuaire prolonge cette idée. Il se présente comme une dernière demeure pour les peluches trop abîmées pour être réparées, ou dont le propriétaire s’est éteint. Des installations pour une crémation rituelle et un dépôt des cendres sont prévues, et un service de « supplique de gratitude », l’arigatou kuyo, doit ouvrir à l’automne. Ici, on ne dit pas adieu, on dit merci.
Le nuikatsu, un phénomène de société
Cette tendresse pour les doudous n’a rien d’anecdotique au Japon. Elle porte un nom, le nuikatsu : habiller sa peluche, la sortir, la mettre en scène et la photographier à la place d’un selfie. La pratique, longtemps réservée à la génération Z, séduit aujourd’hui des adultes de 20 à 60 ans passés.
Le média Unseen Japan chiffre ce marché à environ 45 milliards de yens, près de 282 millions de dollars. Assez pour s’inviter dans le débat public : au printemps 2026, un pub de Tokyo a demandé de ne plus poser les peluches sur les tables, avant de retirer son message sous les critiques, et un restaurant de ramen de Mito a carrément banni les peluches Chiikawa de sa salle.
Trois chiffres résument l’ampleur du sujet, de l’atelier fondateur au marché qu’il côtoie.

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Derrière ces ordres de grandeur, une même idée : au Japon, l’objet doux n’est jamais tout à fait un objet.
Ce doudou qu’on ne jette pas
Nul besoin de traverser la planète pour comprendre. En France aussi, on garde le premier doudou bien après l’enfance, on le répare, on refuse de le remplacer quand il se déchire. Notre attachement aux objets d’enfance commence tôt et dure longtemps, parents comme trentenaires nostalgiques.
Pas de sanctuaire équivalent chez nous, en revanche, ni de rite officiel : l’attachement s’y exprime en catimini, à travers les ateliers de couture, les cliniques de nounours artisanales et le marché de la seconde main. Le sanctuaire de Kyoto, lui, met des mots et un toit sur ce lien discret. Comme souvent, la pépite venue de l’archipel dit surtout quelque chose de nous, à l’image de cet autre chiffre venu du Japon qui a fait le tour du monde.

Reste une image simple, valable sous tous les climats : celle d’une peluche fatiguée qu’on n’arrive pas à jeter, et à qui, faute de sanctuaire, on finit par dire merci tout bas.
Questions courantes
Où se trouve le sanctuaire des peluches ?
À Miyama, dans la ville de Nantan, préfecture de Kyoto, au cœur d’une forêt d’environ 28 hectares.
Peut-on y déposer une peluche abîmée ?
Le lieu se veut une dernière demeure pour les peluches irréparables ou orphelines. La cérémonie de gratitude, l’arigatou kuyo, doit démarrer à l’automne 2026.
C’est quoi le nuikatsu ?
La pratique d’habiller, de sortir et de photographier ses peluches, devenue au Japon un marché d’environ 45 milliards de yens.
Existe-t-il un équivalent en France ?
Pas de sanctuaire, mais un attachement comparable au doudou, des ateliers de réparation et un marché de seconde main.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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