
Le chiffre
Vos journées ne durent pas tout à fait 24 heures, et la Terre n’a jamais promis le contraire. Pour rester d’accord avec sa rotation capricieuse, il a fallu ajouter 27 secondes à nos horloges depuis 1972. Plus une seule, pourtant, depuis fin 2016. Le 6 juillet 2026, un bulletin de vingt lignes signé à l’Observatoire de Paris a confirmé qu’on ne toucherait pas non plus aux horloges du monde fin décembre. La raison est renversante : notre planète tourne, en ce moment, un peu trop vite.
27secondes ajoutées à nos horloges depuis 1972, et plus une seule depuis fin 2016
Qui décide d’ajouter une seconde au monde
Le document porte un nom modeste, le Bulletin C, et le rôle d’un chronomètre planétaire. Deux fois par an, le service de la rotation terrestre de l’Observatoire de Paris annonce s’il faut glisser une seconde de plus dans le temps universel. Le 6 juillet, le verdict est tombé, net : aucune seconde intercalaire fin décembre 2026, selon le Bulletin C 72.
Pourquoi ce bricolage ? Parce que deux horloges se disputent la mesure du temps. D’un côté, les horloges atomiques, d’une régularité imperturbable. De l’autre, la Terre elle-même, dont la rotation se traîne ou s’emballe au gré des marées, des vents et de son noyau. Quand l’écart entre les deux menace de dépasser une fraction de seconde, on ajoute une seconde intercalaire pour les recaler. Débusquer de tels écarts tient de l’exploit, au même titre que d’autres mesures extrêmes traquées par les astronomes.
De 1972 à 2016 27 s ajoutées
Depuis 2017 0 seconde
Unité : seconde intercalaire, glissée dans le temps universel coordonné. Période : 1972 à 2026, soit 54 ans. Limite : ce mécanisme sera abandonné d’ici 2035, sur décision internationale.
Ce réglage n’a rien d’anecdotique : il fixe l’heure sur laquelle s’accordent, sans le savoir, des milliards d’appareils.

La Terre a appuyé sur l’accélérateur
Voilà le vrai retournement. Pendant des décennies, la rotation terrestre avait plutôt tendance à ralentir, et il fallait rallonger le temps pour la suivre. Depuis 2020, elle tourne désormais plus vite qu’à aucun moment depuis le début des mesures atomiques. Les journées se raccourcissent de fractions de milliseconde, l’un de ces records qui s’accumulent en silence. C’est ce virage qui explique l’absence de toute seconde ajoutée depuis fin 2016.
Les causes se cachent surtout dans les profondeurs du globe, du côté des échanges entre le noyau liquide et le manteau, avec l’appoint des vents et des marées. Fait contre-intuitif, la fonte des glaces freine plutôt le mouvement, en déplaçant la masse vers l’équateur, comme une patineuse qui écarte les bras. Sans cet effet, selon les spécialistes de la rotation, le geste inverse aurait déjà été à l’ordre du jour.
Cet empilement laisse une trace chiffrée. Depuis 2017, le temps atomique compte exactement 37 secondes d’avance sur le temps universel : les 10 secondes de décalage posées en 1972, plus les 27 secondes glissées ensuite, une à une, jusqu’à fin 2016.

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Et si, pour la première fois, on retirait une seconde
Le scénario n’a rien de théorique. Les gardiens du temps évoquent désormais la possibilité d’une seconde intercalaire négative, une première absolue : non plus ajouter une seconde, mais en retirer une. La résolution adoptée en 2022 par la Conférence générale des poids et mesures note noir sur blanc que ce geste inédit n’a jamais été prévu ni testé.
Or nos machines ont été bâties pour ajouter du temps, pas pour en soustraire. Une seconde en trop ou en moins peut dérégler tout ce qui carbure à la nanoseconde : réseaux télécoms, transactions boursières à haute fréquence, systèmes de navigation par satellite. C’est précisément pour éviter ces à-coups que la même résolution a acté l’abandon du système actuel d’ici 2035.

Il existe donc, à Paris, un poste discret d’où l’on veille sur le temps du monde entier, seconde après seconde. La prochaine fois qu’une année vous semblera filer trop vite, vous saurez que ce n’est pas qu’une impression : quelque part, une horloge et une planète négocient encore, et pour l’instant, c’est la planète qui presse le pas.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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