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Décryptage
Un chiffre résume la brutalité du glioblastome : moins de 5 % des personnes diagnostiquées vivent encore cinq ans plus tard, et la survie moyenne se compte en mois, pas en années. C’est contre ce mur que des chercheurs du King’s College London et de l’université McMaster viennent de proposer une stratégie différente : ne plus viser seulement la tumeur, mais aussi les cellules immunitaires qu’elle détourne pour se protéger. Les premiers résultats, publiés début juillet 2026, sont encourageants. Ils sont aussi, et il faut le dire clairement, précliniques : obtenus en laboratoire, pas encore chez des patients.
En bref
- En modèles précliniques, une thérapie CAR-T a éliminé le glioblastome détectable, y compris à partir de tumeurs humaines greffées (King’s College London).
- L’idée neuve : traiter la tumeur comme un écosystème tumeur-immunité et l’attaquer sur deux fronts à la fois.
- Stade réel : aucun essai clinique à ce jour. Les auteurs eux-mêmes appellent à d’autres travaux avant de tester chez l’humain.
- En France, le glioblastome touche environ 3 500 personnes par an, avec une survie médiane de 15 mois (Ligue contre le cancer, données Inserm).
Le glioblastome, ce cancer qui se cache dans le cerveau
Pour comprendre pourquoi cette piste compte, il faut d’abord saisir à quoi les médecins se heurtent. Le glioblastome est la tumeur primitive du cerveau la plus fréquente et la plus agressive chez l’adulte. Il ne forme pas une boule nette que l’on retire proprement au bloc : il pousse des filaments dans le tissu cérébral, s’infiltre, et laisse presque toujours des résidus microscopiques après la chirurgie.
S’y ajoute une difficulté de composition. La tumeur n’est pas faite d’un seul type de cellules mais de plusieurs, ce qui la rend rebelle à la chimiothérapie comme à la radiothérapie. Chirurgie, rayons, chimio : les trois armes classiques peuvent ralentir la maladie, mais elles ne la guérissent pas. C’est pour cette raison que la Ligue contre le cancer parle encore, aujourd’hui, de tumeurs incurables.

Derrière ces mots techniques, il y a des trajectoires humaines très courtes. La maladie frappe le plus souvent entre 45 et 70 ans, en pleine vie active ou familiale, et laisse peu de temps aux proches pour l’apprivoiser.
La CAR-T, une immunothérapie qui a déjà fait ses preuves ailleurs
La thérapie évoquée ici porte un nom un peu aride : CAR-T. Le principe, lui, est assez simple à se représenter. On prélève les cellules immunitaires du patient, les lymphocytes T, on les modifie en laboratoire pour qu’elles reconnaissent une cible précise à la surface des cellules cancéreuses, puis on les réinjecte. Ces cellules deviennent alors des sortes de sentinelles reprogrammées, capables de traquer la tumeur.
Cette approche a déjà transformé le pronostic de certains cancers du sang, où elle a changé la donne pour des patients en impasse. Mais transposer ce succès aux tumeurs cérébrales s’est jusqu’ici révélé décevant. Le cerveau est un terrain à part, et le glioblastome ne se laisse pas approcher comme une leucémie.

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Ces repères disent l’enjeu : quand une maladie laisse aussi peu de survivants à cinq ans, toute stratégie capable de déloger la tumeur autrement mérite qu’on la regarde de près, sans pour autant crier victoire.
L’idée neuve : viser la tumeur ET ses gardes du corps
Le glioblastome ne se contente pas de grossir. Il recrute et reprogramme des cellules immunitaires, les macrophages, qui devraient normalement défendre l’organisme. La tumeur les détourne pour l’aider à croître, étouffer les attaques immunitaires et résister aux traitements. Une large part de sa masse est d’ailleurs composée de ces cellules de soutien.
C’est là que l’équipe menée par la professeure Sheila Singh, neuro-oncologue au King’s College London et à McMaster, a changé d’angle. Ses chercheurs ont repéré une protéine, baptisée GPNMB, présente à la fois sur les cellules de glioblastome et sur les macrophages qui les protègent. En concevant des cellules CAR-T capables de reconnaître cette cible commune, ils ont pu attaquer la tumeur et son environnement de soutien en même temps.
« Au lieu de traiter le glioblastome comme une simple masse de cellules cancéreuses, nous devons le penser comme un écosystème tumeur-immunité connecté », résume la chercheuse dans le communiqué du King’s College. Cette bascule de regard est le vrai apport de ces travaux, salués comme un « nouveau paradigme de traitement » par leurs auteurs.
Ce que les résultats montrent vraiment
Concrètement, dans plusieurs modèles précliniques, dont des tumeurs cultivées à partir de prélèvements de patients, la thérapie a éliminé le glioblastome détectable et permis une survie prolongée sans maladie. Sur le papier, c’est un signal fort. Il valide l’idée que frapper les deux fronts en même temps peut fonctionner là où les approches centrées sur les seules cellules cancéreuses ont échoué.
Il faut toutefois lire ces mots avec précision. « Modèles précliniques » signifie que ces résultats ont été obtenus en laboratoire et chez l’animal, pas chez des malades. La distance entre une tumeur éliminée en modèle et un traitement disponible en clinique reste immense, et beaucoup de pistes prometteuses se sont arrêtées à ce stade. Les chercheurs eux-mêmes insistent : d’autres travaux sont nécessaires avant même d’envisager des essais cliniques.

À quel stade en est-on ?
Le parcours d’une thérapie suit des étapes strictes. Nous en sommes à la première : la recherche préclinique, en laboratoire et sur modèles animaux. Viennent ensuite, si les feux passent au vert, les essais cliniques de phase 1 (sécurité sur un petit groupe), phase 2 (efficacité), puis phase 3 (comparaison à grande échelle), avant une éventuelle autorisation. Aucun essai clinique n’est engagé à ce jour pour cette approche. Parler d’un « traitement » disponible serait donc prématuré. Le mot juste, employé par les scientifiques, est « un jour ».
Et en France, qu’est-ce que cela peut changer ?
Le chiffre français aide à mesurer l’enjeu sans le survendre. Chaque année, environ 3 500 personnes reçoivent un diagnostic de glioblastome dans notre pays, selon les données relayées par la Ligue contre le cancer à partir de travaux Inserm. La survie médiane après diagnostic y est de quinze mois, et moins de 5 % des patients dépassent trois ans. Ce sont ces trajectoires que toute avancée cherche à infléchir.
La recherche française n’est d’ailleurs pas spectatrice. À Nantes, l’équipe de Julie Gavard, soutenue par la Ligue et l’Inserm, explore elle aussi le glioblastome comme un écosystème, en cherchant à couper les communications entre cellules tumorales et leur microenvironnement. La convergence est frappante : de Londres à Nantes, une même idée se dessine, celle de ne plus traiter la tumeur isolément mais avec le réseau qui la nourrit.
Pour un patient ou un proche confronté aujourd’hui à la maladie, la lecture honnête est double. Il y a une raison réelle d’espérer sur le long terme, parce que la direction prise semble juste. Et il y a une réalité du présent : ce travail ne modifie pas les options de traitement disponibles maintenant. Tenir les deux ensemble, sans faux espoir ni fatalisme, c’est sans doute la manière la plus utile d’accueillir cette nouvelle.
Questions courantes
Ce traitement est-il disponible pour les patients ?
Non. Les résultats sont précliniques, obtenus en laboratoire. Aucun essai clinique n’est en cours pour cette approche, et aucune date n’est annoncée.
Qu’est-ce que le glioblastome ?
C’est la tumeur primitive du cerveau la plus fréquente et la plus agressive chez l’adulte. Elle s’infiltre dans le tissu cérébral, résiste aux traitements et reste aujourd’hui incurable.
Qu’est-ce que la thérapie CAR-T ?
Une immunothérapie qui consiste à prélever les cellules immunitaires du patient, à les modifier en laboratoire pour qu’elles reconnaissent le cancer, puis à les réinjecter. Elle a déjà fait ses preuves contre certains cancers du sang.
Qu’y a-t-il de nouveau dans cette étude ?
L’approche cible à la fois les cellules tumorales et les cellules immunitaires, les macrophages, que la tumeur détourne pour se protéger. Une protéine commune, GPNMB, sert de cible aux deux.
Qui a mené ces travaux ?
Une équipe dirigée par la professeure Sheila Singh, neuro-oncologue au King’s College London et à l’université McMaster, avec des résultats publiés début juillet 2026.
Combien de temps avant un éventuel traitement ?
Impossible à dire. Il faudrait d’abord d’autres travaux précliniques, puis des essais cliniques de phase 1, 2 et 3, un parcours qui s’étale généralement sur plusieurs années et n’aboutit pas toujours.
Combien de personnes sont touchées en France ?
Environ 3 500 nouveaux cas par an, avec une survie médiane de quinze mois, selon les données Inserm relayées par la Ligue contre le cancer.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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