Un patch transdermique et une plaquette de comprimés posés sur une table claire

Ménopause : la voie transdermique s’impose enfin, mais 6 utilisatrices d’œstrogènes seuls sur 10 pourraient être hors des clous

L'étude nationale d'Epi-Phare confirme le retour du traitement hormonal, avec de meilleures pratiques. Elle glisse aussi deux points de vigilance que le titre grand public a laissés de côté.

Sommaire
  1. En bref
  2. Une remontée réelle, mais mesurée
  3. Pourquoi le patch est jugé plus sûr
  4. Le drapeau discret : les œstrogènes seuls
  5. Une carte de France très inégale
  6. Questions courantes

Décryptage

Publié le 3 juillet 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 à 16h01

Si vous hésitez, à la cinquantaine, sur un traitement hormonal de la ménopause, une donnée devrait vous rassurer et une autre vous faire poser une question précise à votre médecin. Selon la nouvelle étude nationale d’Epi-Phare, la voie transdermique de l’œstrogène, celle des patchs et des gels, jugée plus sûre, représente désormais 87 % des prescriptions en 2024. Mais dans le même rapport, un signal plus discret : pour 60 % des femmes qui prennent des œstrogènes seuls, la prescription pourrait devoir s’accompagner d’un progestatif au regard des recommandations. Le traitement revient, mieux posé qu’avant, sans être encore parfaitement calibré partout.

En bref

  • La voie cutanée, plus sûre, atteint 87 % des prescriptions d’œstrogène en 2024, selon l’étude d’Epi-Phare (ANSM et Assurance Maladie).
  • L’usage du traitement chez les 45-60 ans a chuté de 6,6 % en 2012 à 3,6 % en 2022, avant de remonter à 4,4 %, soit 496 245 femmes traitées en 2025.
  • Point de vigilance : pour 60 % des utilisatrices d’œstrogènes seuls, un progestatif pourrait être requis selon les recommandations.
  • Les inégalités persistent : la voie orale, moins protectrice, reste plus fréquente chez les femmes des milieux moins favorisés.

Une remontée réelle, mais mesurée

Le traitement hormonal ne fait pas un retour spectaculaire, il se redresse doucement. L’étude d’Epi-Phare, le groupement de l’ANSM et de l’Assurance Maladie, retrace quinze ans d’usage. Chez les femmes de 45 à 60 ans, la proportion de celles qui prennent un traitement est passée de 6,6 % en 2012 à 3,6 % en 2022, puis est remontée à 4,4 %, soit 496 245 femmes traitées en 2025.

Derrière ces chiffres, il y a la longue ombre d’une étude américaine du début des années 2000 qui avait fait fondre les prescriptions. La reprise depuis 2020 traduit un rééquilibrage, pas un emballement. C’est un mouvement lent, que nous avions déjà raconté quand le traitement a redevient une référence.

Un cabinet médical calme et vide vu sous un angle neutre, avec un bureau et deux chaises
La prescription se décide en consultation, où les pratiques restent inégales selon les territoires.

Pourquoi le patch est jugé plus sûr

La bonne nouvelle de l’étude tient dans un chiffre : la voie transdermique domine désormais très largement. Elle atteint 87 % des prescriptions d’œstrogène en 2024, en hausse constante sur la période. Concrètement, l’hormone passe par la peau, via un patch ou un gel, au lieu d’être avalée.

Cette différence n’est pas cosmétique. En évitant le premier passage par le foie, la voie cutanée limite l’augmentation du risque de thrombose veineuse observée avec les comprimés. Les recommandations françaises la préconisent d’ailleurs en première intention. Que 87 % des prescriptions la suivent est donc le signe d’une pratique qui s’est nettement améliorée.

Évolution de la part des femmes de 45 à 60 ans sous traitement hormonal de la ménopause : 6,6 % en 2012, 3,6 % en 2022, 4,4 % en 2025
Graphique Actu Alt Plus. Source : Epi-Phare (ANSM et Assurance Maladie), étude sur le THM 2012-2025.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La courbe ci-dessus résume ce double mouvement : un usage qui a d’abord reculé de moitié, puis qui repart, pendant que la qualité de la prescription progressait en parallèle.

Le drapeau discret : les œstrogènes seuls

C’est le point que le récit du retour laisse souvent de côté. Un traitement complet associe le plus souvent un œstrogène et un progestatif. Cet ajout n’est pas un détail : chez une femme qui a encore son utérus, le progestatif protège la paroi utérine d’un risque d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre.

Or l’étude relève que, pour 60 % des femmes utilisant des œstrogènes seuls, la prescription pourrait nécessiter l’association d’un progestatif au vu des recommandations, cette proportion étant élevée au regard du nombre de femmes ayant subi une ablation de l’utérus. Autrement dit, une part de ces prescriptions d’œstrogènes seuls semble sortir du cadre recommandé. Si vous êtes concernée, c’est exactement le genre de question à poser lors du prochain rendez-vous.

Une carte de France très inégale

Le dernier enseignement est social et géographique, et il concerne directement l’accès au bon traitement. Les femmes qui initient un traitement présentent un profil plus favorisé, recourent davantage aux soins et participent plus aux dépistages. À l’inverse, la voie orale, moins protectrice contre la thrombose, reste plus fréquente chez les femmes issues de milieux moins favorisés, qui cumulent par ailleurs davantage de facteurs de risque cardio-métaboliques.

La géographie s’en mêle aussi. Les initiations sont réalisées à 51 % par des gynécologues libéraux et à 25 % par des généralistes, avec de fortes disparités selon les départements. Les taux sont plus élevés dans le Sud, en Île-de-France et dans le Nord que dans le centre, l’Ouest et les territoires d’outre-mer. Là où l’accès à un gynécologue se raréfie, la qualité du schéma prescrit peut varier.

Une femme vue de dos devant une fenêtre lumineuse, dans un moment de réflexion
Derrière les chiffres, une décision personnelle à prendre avec son médecin.

Ce que cette étude apporte, au fond, ce n’est pas un feu vert ni un feu rouge. C’est une carte plus fine : le traitement est mieux prescrit qu’il y a dix ans, il n’est pas encore prescrit de la même façon pour toutes. Le meilleur réflexe reste le plus simple, faire le point sur votre propre schéma avec votre médecin.

Questions courantes

Le traitement hormonal de la ménopause fait-il son retour ?
Réponse courte: oui, mais modérément. Chez les 45-60 ans, l’usage est passé de 6,6 % en 2012 à 3,6 % en 2022, avant de remonter à 4,4 % en 2025, soit 496 245 femmes traitées, selon Epi-Phare.

Pourquoi le patch est-il préféré aux comprimés ?
Réponse courte: la voie transdermique, patchs et gels, évite le premier passage par le foie et limite l’augmentation du risque de thrombose veineuse observée avec la voie orale. Elle représente 87 % des prescriptions en 2024.

Que veut dire prendre des œstrogènes seuls ?
Réponse courte: c’est un traitement sans progestatif associé. Chez une femme ayant encore son utérus, le progestatif protège la paroi utérine. L’étude estime que 60 % des utilisatrices d’œstrogènes seuls pourraient nécessiter cet ajout selon les recommandations.

Comment savoir si ma prescription est bien adaptée ?
Réponse courte: seul votre médecin peut le dire, en fonction de votre situation, notamment si vous avez toujours votre utérus. Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical : parlez-en lors de votre prochaine consultation.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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