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Trente-sept milliards. C’est le nombre d’écoutes que le rappeur RBX disait truquées dans la musique de Drake sur Spotify, entre janvier 2022 et septembre 2025. Le 22 juin, une juge fédérale de Californie a balayé la plainte : faute de preuves, l’affaire est rejetée. Mais le chiffre, lui, reste suspendu en l’air comme une question gênante. Combien d’écoutes, dans tout ce que nous lançons chaque jour, sont des fantômes ? La réponse existe pour un seul pays au monde, et c’est la France. Le Centre national de la musique a osé la mesurer : entre 1 et 3 % des écoutes y sont fausses.
En bref
- Seule étude officielle au monde, celle du CNM chiffre la fraude française à 1 à 3 % des écoutes, soit 1 à 3 milliards de faux streams en une année (source : CNM).
- Une juge a débouté le rappeur RBX qui alléguait 37 milliards de fausses écoutes de Drake sur Spotify, faute de preuves (verdict du 22 juin).
- En France, le taux varie selon la plateforme : Deezer 2,6 %, Qobuz 1,6 %, Spotify 1,1 %.
- Tricher n’enrichit pas que le fraudeur : dans le système actuel, il prélève une part sur la rémunération de tous les autres artistes.
Un procès perdu, un chiffre qui reste
L’histoire a tout du David contre Goliath, sauf la fin. Eric Dwayne Collins, connu sous le nom de RBX, accusait Spotify de laisser prospérer une fraude massive qui aurait gonflé les compteurs de Drake, jamais cité comme défendeur ni accusé de quoi que ce soit. La juge Josephine Staton, du tribunal fédéral de Californie, a estimé que le plaignant n’avait pas démontré que la plateforme avait une obligation légale de le protéger des robots de tiers. Selon Music Business Worldwide, elle a aussi jugé suspect que la plainte se concentre sur un seul artiste. RBX a 21 jours pour redéposer un dossier amendé.
Reste ce chiffre vertigineux, 37 milliards, brandi sans preuve solide. C’est précisément là que le sujet bascule. Derrière le tapage judiciaire américain, une question simple nous concerne tous quand nous appuyons sur lecture : la fraude existe-t-elle vraiment, et combien pèse-t-elle ?

La France, seule à avoir osé le compte
Pendant que les États-Unis se déchirent à coups d’allégations démesurées, un établissement public français a fait le travail que personne n’avait fait avant lui. Après dix-huit mois d’enquête, le Centre national de la musique, rattaché au ministère de la Culture, a publié la première étude documentée au monde sur les faux streams. Verdict pour la France en 2021 : entre 1 et 3 milliards d’écoutes truquées, soit 1 à 3 % du total. Un marché que les professionnels jugent, à l’échelle internationale, plutôt propre.
Le détail est encore plus parlant que le total. Deezer, Qobuz et Spotify ont accepté de transmettre le volume de fausses écoutes détectées sur le marché français, et les taux diffèrent d’une plateforme à l’autre. Ces écarts tiennent autant aux méthodes de détection qu’aux pratiques réelles, le CNM le souligne lui-même.

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Précision qui change tout : ces pourcentages ne mesurent que la fraude détectée et retirée du partage des droits. La vraie ampleur dépasse forcément ce que les algorithmes attrapent, et le CNM le dit sans détour. Amazon Music, Apple Music et YouTube, eux, ont refusé de partager leurs données.
Pourquoi tricher, c’est voler tout le monde
Voilà le coeur du sujet, et il est moins technique qu’il n’y paraît. Le streaming fonctionne sur un modèle dit market centric : chaque mois, le total des abonnements forme un gâteau, et chaque artiste touche une part proportionnelle à son poids dans les écoutes du pays. Celui qui gonfle artificiellement ses chiffres ne crée pas de richesse nouvelle. Il agrandit sa part, donc il rétrécit celle de tous les autres, y compris la vôtre quand vous écoutez un artiste honnête. La fraude n’est pas un délit sans victime, c’est un prélèvement silencieux sur la rémunération moyenne de chaque écoute.
Et elle ne se cache pas où l’on croit. Plus de 80 % de la fraude détectée par Deezer et Spotify se loge dans la longue traîne, au-delà des 10 000 titres les plus écoutés. Pas chez les stars, donc, mais chez les anonymes : des ayants droit peu connus qui cherchent à émerger, ou des fraudeurs qui génèrent de petits revenus réguliers en restant sous les radars. Le phénomène prend une dimension nouvelle avec l’intelligence artificielle. Deezer rapportait en avril que près de 75 000 titres entièrement générés par IA arrivent chaque jour sur sa plateforme, et que 85 % de leurs écoutes sont frauduleuses.

Le procès américain s’éteindra peut-être dans un dossier amendé, ou pas. Mais la question qu’il a soulevée, elle, ne se referme pas. Quand vous lancez une chanson ce soir, une fraction infime de ce que vous écoutez collectivement n’a jamais été écoutée par personne. La France a au moins eu le mérite de mettre un chiffre sur ce silence.
Questions courantes
Le procès américain a-t-il prouvé une fraude chez Drake ?
Non. La juge a rejeté la plainte le 22 juin faute de preuves, et Drake n’était ni accusé ni cité comme défendeur. Le rappeur plaignant a 21 jours pour redéposer un dossier amendé.
Combien d’écoutes sont fausses en France ?
Entre 1 et 3 % du total, soit 1 à 3 milliards de streams en 2021, selon l’étude du CNM, la seule officielle au monde. Ce chiffre ne couvre que la fraude détectée.
Pourquoi les faux streams sont-ils un problème pour les artistes ?
Parce que la rémunération se partage en parts proportionnelles. Celui qui gonfle ses écoutes prend une part qui revenait aux autres, faisant baisser le revenu moyen de chaque stream pour tout le monde.
Où se cache surtout la fraude ?
Plus de 80 % de la fraude détectée se trouve dans la longue traîne, au-delà du top 10 000 titres, plutôt que chez les grandes stars. La musique générée par IA accentue le phénomène.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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