Un bénévole en chasuble fluo et lampe frontale tend un gobelet à un point de ravitaillement de nuit en montagne

90 km du Mont-Blanc : derrière les 1 000 coureurs, une armée de 1 000 bénévoles tient la course dans la nuit

Le 90 km du Mont-Blanc s'est élancé ce vendredi 26 juin de Chamonix : 88 km, 6 200 m de dénivelé, 24 heures de barrière. Derrière les chronos des favoris, près de 1 000 bénévoles balisent, ravitaillent et coupent les dossards dans la nuit. Et une règle, écrite noir sur blanc, bannit à vie qui leur manque de respect.

Sommaire
  1. En bref
  2. Palmarès 2026 : Coiffet et Fertin Baccon s'imposent
  3. Une course qui repose sur 1 000 paires de mains
  4. La nuit, les barrières qui coupent les dossards
  5. La règle qui dit tout : exclusion à vie
  6. Semi-autonomie : ce que chaque coureur porte sur le dos
  7. Après le 90 km : cap sur l'UTMB fin août
  8. Questions courantes

Publié le 27 juin 2026 · Mis à jour le 14 juillet 2026 à 18h44

Près de 1 000 coureurs au départ, et presque autant de bénévoles dans l’ombre pour les faire avancer. Ce vendredi 26 juin, le 90 km du Mont-Blanc s’est élancé de Chamonix en trois vagues, dès 4 h 45 du matin, pour 88 km et plus de 6 000 m de dénivelé positif. Le live a suivi le duel des favoris, le chrono des stars du trail. Mais ce qui tient vraiment l’épreuve debout, ce sont les baliseurs, les ravitailleurs et les chronométreurs postés sur les barrières horaires, parfois en pleine nuit, à 2 000 m d’altitude. Sans eux, la course n’existe pas. L’organisation le martèle sur sa page bénévoles : sans eux, rien n’est possible.

En bref

  • Vainqueurs 2026 : Louison Coiffet en 9 h 37’22 » chez les hommes, Candice Fertin Baccon en 11 h 53’31 » chez les femmes (24e au scratch absolu), selon The Post Trace.
  • L’organisation mobilise près de 1 000 bénévoles, 60 référents et une centaine de missions différentes pour faire tourner l’édition (page bénévoles du Marathon du Mont-Blanc).
  • Le 90 km, c’est 88 km, plus de 6 000 m de D+, limité à 1 000 coureurs, et une barrière finale fixée à 24 heures.
  • Manquer de respect à un bénévole ou à un membre du comité ? Exclusion à vie de toutes les éditions, c’est écrit dans le règlement.

Palmarès 2026 : Coiffet et Fertin Baccon s’imposent

Vous cherchez le résultat ? Le voici. Chez les hommes, le Français Louison Coiffet (Team Salomon, 26 ans) a remporté l’édition 2026 en 9 h 37’22 », au terme d’un duel étouffant : l’Américain Ben Dhiman a coupé la ligne 40 secondes plus tard, et l’Italien Cristian Minoggio complète le podium en 9 h 41’54 ». Chez les femmes, la surprise est venue de la Française Candice Fertin Baccon (New Balance), gagnante en 11 h 53’31 » et 24e au scratch absolu, devant Audrey Tanguy et Ekaterina Mityaeva.

La chaleur a marqué la journée : environ 26 °C sur un parcours mesuré à 88,3 km et 6 063 m de dénivelé, et 153 abandons au total, d’après les résultats détaillés de The Post Trace et le chronométrage officiel Livetrail. Autre histoire de l’édition : le retour de Xavier Thévenard, double vainqueur du 90 km en 2017 et 2019, de nouveau sur la ligne après plus d’un an d’arrêt lié à la maladie de Lyme.

Une course qui repose sur 1 000 paires de mains

Le chiffre est moins connu que les 88 km du parcours, et il dit tout. Pour faire courir un millier de coureurs sur les sentiers de la vallée de Chamonix, l’organisation aligne près de 1 000 bénévoles, 60 référents et une centaine de missions distinctes. Quasiment un bénévole par coureur. Certains habitent la vallée, d’autres viennent de toute la France, pour quelques heures ou pour l’année entière. Ils balisent en binôme, tiennent les ravitos au fond d’une vallée comme en altitude, distribuent les dossards, sécurisent les passages de route. Et beaucoup de ces postes tournent de nuit, parce que les derniers coureurs, eux, courent jusqu’au bout de la nuit.

Deux bénévoles balisent en binôme un sentier de montagne à l'aube, dans la brume alpine
Le balisage se fait en binôme, souvent avant le lever du jour.

Cette mécanique humaine, c’est exactement ce qu’on ne voit jamais à la télé. On regarde le premier franchir la ligne ; on oublie celui qui, à 3 heures du matin, vérifie que le balisage tient encore et que personne ne s’est perdu sur la portion enneigée.

La nuit, les barrières qui coupent les dossards

Voilà le coeur du dispositif, et la partie que personne ne détaille. Le 90 km compte dix barrières horaires, depuis La Flégère au km 18 jusqu’à l’arrivée à Chamonix. À chacune, des bénévoles chronométreurs notent le passage des coureurs et appliquent le couperet : qui arrive après l’heure limite est mis hors course. Le geste est concret, presque rituel. Le responsable du point coupe le coin inférieur droit du dossard, et le coureur doit rentrer à Chamonix par ses propres moyens ou par une navette de l’organisation. Au km 28, au ravito du Buet, il faut être passé en 6 h 30. Au km 60, au Tour, en 15 h 15. Et l’arrivée se ferme à 24 heures pile. Le graphique ci-dessous montre comment le temps autorisé s’étire à mesure que la montagne se durcit.

Les barrières horaires du 90 km du Mont-Blanc : le temps maximal autorisé monte de 4 h 30 au km 18 à 24 heures à l'arrivée au km 88
Graphique Actu Alt Plus. Source : règlement du 90 km du Mont-Blanc 2026 (barrières horaires, temps depuis la dernière vague).

Derrière ces chiffres, il y a une présence humaine continue. Tant que les bénévoles fermeurs ne sont pas passés à un point, c’est qu’il reste des coureurs derrière eux, et que tout le dispositif de secours et de ravitaillement doit rester actif. Le dernier coureur n’est jamais vraiment seul.

La règle qui dit tout : exclusion à vie

Et puis il y a cette ligne dans le règlement, qui en dit long sur la place de ces bénévoles. Quiconque manque de respect à un bénévole ou à un membre du comité chargé des barrières est banni à vie de toutes les éditions du Marathon du Mont-Blanc. Pas une suspension, pas un avertissement : la porte, définitivement. On a vu des courses sanctionner le tri des déchets ou les bâtons mal rangés ; ici, la faute la plus lourde, c’est de s’en prendre à celui qui vous tend un gobelet à 2 000 m. Une façon de rappeler que sur ce genre d’épreuve, la solidarité n’est pas un slogan, c’est la condition de survie. La même logique qu’on retrouve sur d’autres défis collectifs, comme le Trailwalker à Nancy où l’on franchit l’arrivée ensemble ou pas du tout.

Semi-autonomie : ce que chaque coureur porte sur le dos

Les bénévoles ne portent pas tout, loin de là. Le 90 km est une course en semi-autonomie, ce qui veut dire que le coureur doit pouvoir tenir seul plusieurs heures entre deux ravitos, de jour comme de nuit. Le matériel obligatoire est précis et contrôlé au retrait du dossard : au moins 1,5 litre d’eau, une veste imperméable à capuche de type GoreTex, une couche chaude à manches longues, une lampe frontale avec piles de rechange, une couverture de survie, un sifflet, un gobelet, un téléphone qui capte en France et en Suisse. Pas de matériel complet, pas de dossard. C’est la marque de fabrique de ces formats exigeants. L’organisateur a d’ailleurs une vidéo qui plonge dans l’ambiance de l’épreuve.

Vidéo : LIVE 90km Chamonix Marathon du Mont-Blanc 2025

Entre le sac réglementaire du coureur et les 1 000 bénévoles qui balisent la nuit, on comprend mieux ce qui s’est vraiment joué. Le chrono des favoris a fait les gros titres. Mais la vraie performance, cette année encore, c’est celle d’un millier de gens en chasuble qui n’ont jamais franchi la ligne d’arrivée, et sans qui personne ne l’aurait franchie.

Le matériel obligatoire d'un coureur de trail étalé sur une table pour contrôle : lampe frontale, couverture de survie, veste, gourdes
Semi-autonomie oblige : pas de matériel complet, pas de dossard.

Alors la prochaine fois que vous croiserez le 90 km, levez les yeux du peloton de tête. Le vrai spectacle est souvent au bord du chemin, sur un parking d’altitude ou derrière une table de ravito, là où des inconnus tiennent une course debout pour le seul plaisir de voir d’autres aller au bout.

Après le 90 km : cap sur l’UTMB fin août

Le prochain grand rendez-vous de la vallée est déjà connu. L’UTMB Mont-Blanc se tiendra à Chamonix du 24 au 30 août 2026, l’ultra-trail reine s’élançant le 28 août, selon le programme officiel des courses. Les mêmes bénévoles, ou presque, rebaliseront alors les sentiers pour une nouvelle série de nuits de course.

Questions courantes

Qui a gagné le 90 km du Mont-Blanc 2026 ?
Chez les hommes, Louison Coiffet (France, Team Salomon, 26 ans) en 9 h 37’22 », devant Ben Dhiman à 40 secondes et Cristian Minoggio. Chez les femmes, Candice Fertin Baccon (France, New Balance) en 11 h 53’31 », 24e au scratch absolu, devant Audrey Tanguy et Ekaterina Mityaeva.

Quand est parti le 90 km du Mont-Blanc 2026 ?
Le vendredi 26 juin 2026, de Chamonix, en trois vagues à 4 h 45, 4 h 55 et 5 h 05. Le parcours a été mesuré à 88,3 km pour 6 063 m de dénivelé positif, avec une barrière horaire finale de 24 heures et 153 abandons sous la chaleur.

Combien de bénévoles pour la course ?
L’organisation mobilise près de 1 000 bénévoles, 60 référents et une centaine de missions différentes, du balisage aux ravitos en passant par les chronométreurs des barrières horaires et les secours.

Que se passe-t-il si on rate une barrière horaire ?
Le coureur est mis hors course. Le responsable du point coupe le coin du dossard et le coureur rentre à Chamonix par ses propres moyens ou via une navette de l’organisation. Le 90 km compte 10 barrières, du km 18 à l’arrivée.

Quel est le prochain grand rendez-vous à Chamonix ?
L’UTMB Mont-Blanc, du 24 au 30 août 2026, avec l’UTMB lui-même le 28 août. Le règlement, les barrières et l’armée de bénévoles reprennent alors du service pour une semaine de courses.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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