Salle de reunion vide d'un club de sport, vue depuis un gymnase ou des femmes s'entrainent

Sport féminin : la parité est presque atteinte sur le terrain, mais 11 % seulement dirigent les clubs

Les femmes pratiquent désormais presque autant que les hommes en France. Dans les instances qui font tourner les clubs, elles restent une minorité. Deux baromètres officiels mesurent ce grand écart.

Sommaire
  1. En bref
  2. Sur le terrain, le rattrapage est presque bouclé
  3. Dans les instances, le plafond de verre tient bon
  4. Le vrai obstacle : le temps, pas l'envie
  5. Un secteur qui grossit, mais en haut sans elles
  6. Questions courantes

Sur le terrain, l’égalité n’est plus très loin : en 2025, l’écart de pratique sportive régulière entre les femmes et les hommes n’est plus que d’un point en France, contre six points en 2018, selon le baromètre national des pratiques sportives de l’INJEP. Mais à l’étage du dessus, celui des bureaux et des conseils d’administration qui font tenir les clubs, la photo change du tout au tout : les femmes y restent une nette minorité. C’est ce déplacement de l’inégalité, du gymnase vers la salle de réunion, que vous racontent deux études officielles publiées coup sur coup.

En bref

  • L’écart de pratique sportive régulière femmes-hommes est tombé à 1 point en 2025, contre 6 points en 2018 (INJEP).
  • Dans les structures sportives, les femmes représentent 40 % des pratiquants mais seulement 11 % des dirigeantes salariées (baromètre COSMOS 2026).
  • 40 % des structures citent le manque de temps des femmes, lié à la charge mentale et aux contraintes familiales, comme principal frein.
  • Le sport féminin pèse désormais plus de 3 milliards de dollars dans le monde, sans que les postes de direction suivent au même rythme.

Sur le terrain, le rattrapage est presque bouclé

Pendant des années, faire du sport est resté une affaire d’hommes dans les statistiques. Ce n’est plus vrai. L’INJEP, l’institut public qui suit la jeunesse et le sport, mesure chaque cycle la part de Français qui bougent au moins une fois par semaine. En 2025, ils sont 61 %, sept points de plus qu’en 2018. Surtout, ce sont les femmes qui ont rattrapé le terrain perdu : leur pratique régulière a bondi de dix points depuis 2018, deux fois plus vite que celle des hommes. Résultat, l’écart entre les deux est passé de six points à un seul.

Pour situer ce chiffre dans le réel, pensez à votre club de quartier : la file d’attente du mardi soir au cours collectif, les terrains de proximité où les filles reviennent jouer. Le rattrapage ne s’est pas fait tout seul, des dispositifs locaux y ont contribué, comme ces créneaux gratuits qui remettent des femmes sur les terrains de quartier. La parité du gymnase est devenue, sinon une réalité, du moins une perspective crédible.

Femmes d'ages varies jouant sur un terrain de sport de quartier en soiree
Sur les terrains de proximité, la pratique féminine a comblé presque tout son retard.

Dans les instances, le plafond de verre tient bon

Le contraste arrive quand on monte d’un cran. Le baromètre féminisation 2026 du COSMOS, le syndicat employeur du sport, a interrogé en février 2026 un échantillon de 1 059 structures sportives, majoritairement associatives. Les femmes y représentent 40 % des effectifs pratiquants, à peine plus qu’en 2024 (39 %). Mais lorsqu’on regarde qui dirige, le chiffre s’effondre : la part de femmes dirigeantes salariées atteint seulement 11 %, en hausse de trois points. Autrement dit, quatre pratiquantes sur dix, mais à peine plus d’une dirigeante sur dix.

Pour rendre l’écart visible d’un coup d’oeil, nous avons placé côte à côte ces deux mesures de la place des femmes : ce qu’elles pèsent dans la pratique, et ce qu’elles pèsent dans la direction.

Le graphique dit l’essentiel : presque la moitié des pratiquants, mais à peine plus d’un dirigeant sur dix. C’est l’image même d’un plafond de verre, là où le terrain, lui, s’est largement ouvert. Le COSMOS note tout de même un frémissement, avec 68 % des structures qui ont lancé ou prévu une action de féminisation en 2025 ou 2026, selon l’analyse du baromètre relayée par Décideurs du Sport.

Le vrai obstacle : le temps, pas l’envie

Pourquoi cette marche reste-t-elle si haute ? Les structures interrogées pointent une cause concrète, loin des discours sur le manque de vocations. Quatre répondants sur dix citent la difficulté, pour les femmes, à dégager du temps pour s’engager dans la gouvernance, en raison de la charge mentale et des contraintes familiales. S’ajoutent des instances dirigeantes encore largement masculines et des stéréotypes de genre qui freinent l’accès aux responsabilités.

Derrière les pourcentages, il y a le quotidien de toutes ces bénévoles qui tiennent déjà la buvette, gèrent les licences et conduisent au match du dimanche, sans franchir la porte du bureau directeur. Voici, regroupés, les freins que les structures elles-mêmes mettent en avant.

Les femmes representent 40 % des pratiquants des structures sportives mais seulement 11 % des dirigeantes salariees
Graphique Actu Alt Plus. Source : baromètre féminisation COSMOS 2026.
Frein declare a la feminisationCe que disent les structures
Manque de temps des femmescite par 40 % des repondants (charge mentale, famille)
Instances dirigeantes masculinesdifficiles a transformer, selon le barometre
Stereotypes de genrefreinent l’acces a l’encadrement et aux responsabilites
Source : barometre feminisation COSMOS 2026 (enquete fevrier 2026, 1 059 structures).

Ce tableau éclaire un point souvent oublié : la sous-représentation des femmes dans la direction n’est pas un déficit d’ambition, c’est un problème d’organisation du temps. Une réunion de bureau un mardi à 20 heures, un conseil d’administration le samedi après-midi : ce sont précisément les créneaux que beaucoup de femmes consacrent déjà aux tâches du foyer. Tant que les responsabilités de club restent calées sur ces horaires, le vivier des pratiquantes ne montera pas mécaniquement vers les instances, et le frémissement mesuré par le COSMOS risque de rester un frémissement.

Benevole gerant des dossiers a l'accueil d'un club sportif en fin de soiree
Beaucoup de femmes tiennent déjà les clubs sans en franchir le bureau directeur.

Un secteur qui grossit, mais en haut sans elles

Ce décalage prend un relief particulier au moment où le sport féminin devient un vrai marché. Le cabinet Deloitte estime que le sport féminin d’élite dépassera les 3 milliards de dollars de revenus dans le monde en 2026, contre 692 millions en 2022. L’argent, les sponsors et les caméras affluent vers les joueuses. Mais si les postes de décision restent masculins à 89 %, ce sont en grande partie d’autres qui piloteront cette manne.

La question posée par ces deux baromètres est finalement assez simple. La parité conquise sur le terrain finira-t-elle par remonter d’elle-même jusqu’aux bureaux des clubs, à mesure que les pratiquantes vieillissent et prennent du galon ? Ou bien le plafond de verre du sport est-il assez solide pour résister, même quand le terrain, lui, a changé de visage ?

Questions courantes

L’egalite hommes-femmes est-elle atteinte dans le sport en France ?
Sur la pratique, presque : l’ecart de pratique reguliere n’est plus que d’un point en 2025, contre six en 2018. Sur la direction des clubs, non : les femmes ne sont que 11 % des dirigeantes salariees des structures sportives.

Combien de femmes dirigent les clubs sportifs ?
Selon le barometre COSMOS 2026, la part de femmes dirigeantes salariees atteint 11 %, en hausse de trois points, alors qu’elles representent 40 % des pratiquants des structures interrogees.

Pourquoi si peu de femmes aux postes de direction ?
Le principal frein cite par 40 % des structures est le manque de temps lie a la charge mentale et aux contraintes familiales, auquel s’ajoutent des instances encore masculines et des stereotypes de genre.

D’ou viennent ces chiffres ?
De deux etudes officielles : le barometre national des pratiques sportives 2025 de l’INJEP pour la pratique, et le barometre feminisation 2026 du COSMOS, mene en fevrier 2026 aupres de 1 059 structures, pour la gouvernance.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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