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À plus de 1 000 mètres sous la surface, un poisson rond et argenté capte des bleus que nos yeux ne savent même pas séparer. Dans cette nuit froide, le moindre éclat peut compter.
La dirette argentée, ou Diretmus argenteus, détient un record étrange : 38 rhodopsines, ces pigments qui aident à voir dans le noir. L’être humain n’en utilise qu’une seule pour cette vision nocturne. Le contraste est si net qu’il suffit presque à raconter l’animal.
Le 18 mai 2026, Futura a remis ce chiffre en lumière dans un dossier sur la vision des abysses. Slate.fr a replacé ces créatures dans le grand retour des missions de grands fonds, où chaque lampe vivante peut devenir une piste de survie.
Le repère est vertigineux mais simple : les abysses commencent au-delà de 1 000 mètres, là où la lumière du soleil ne guide presque plus rien. Dans ce monde, la bioluminescence, cette lumière produite par des animaux vivants, sert de signal, de leurre, d’alarme ou de camouflage. Voir n’y signifie pas reconnaître un décor, mais interpréter des signes brefs.

Trente-huit pigments pour lire la nuit
Dans une étude publiée dans Science et référencée par PubMed, l’équipe menée par Zuzana Musilová et Fabio Cortesi a comparé les gènes visuels de poissons des profondeurs. La dirette argentée sort du lot : deux opsines de cônes et 38 opsines de bâtonnets, c’est-à-dire un équipement génétique très inhabituel pour détecter de faibles lueurs. — à lire aussi : Le plus vieux poulpe du monde n’était peut-être pas un poulpe du tout, et la corr….
Walter Salzburger, professeur à l’université de Bâle et coauteur de l’étude, résume la surprise dans le communiqué repris par ScienceDaily : « Cela fait de la dirette argentée vivant dans l’obscurité le vertébré qui possède de loin le plus de gènes de photopigments. »
Une rhodopsine n’est pas une couleur de plus comme sur une palette de peinture. C’est un capteur. Chaque version réagit mieux à une longueur d’onde donnée, notamment dans les bleus et les verts, les teintes dominantes des éclairs biologiques en profondeur.
La lumière n’éclaire pas, elle signale
Dans les grands fonds, une lueur n’est pas décorative. Elle peut dire « proie », « danger », « partenaire » ou « disparaître ». Sciencepost rappelle ce paysage sans soleil, où beaucoup d’animaux ont développé d’autres manières de sentir leur environnement.
Ce qui frappe chez la dirette argentée, c’est l’écart avec notre intuition. On imagine souvent les poissons des abysses comme des formes aveugles, perdues dans la nuit. Ici, c’est l’inverse : l’obscurité a sélectionné une précision. Pas pour admirer un paysage, mais pour réagir au bon flash, au bon moment.

Un record qui raconte nos angles morts
La trouvaille a une conséquence délicieuse : elle retourne notre idée de la performance visuelle. Nous voyons très bien le jour, dans un monde qui nous ressemble. La dirette argentée, elle, semble mieux armée pour un autre théâtre, fait d’éclairs courts et de bleu-vert fragile.
Les images récentes des abysses rappellent combien ce milieu reste difficile à explorer. Chaque plongée ajoute des créatures, des formes, des adaptations que l’on aurait prises pour de la fiction il y a peu. La dirette argentée n’est pas un monstre : c’est un mode d’emploi du noir.
L’ordre de grandeur, vraiment. Trente-huit rhodopsines ne veulent pas dire trente-huit couleurs comme sur un nuancier de magasin. Cela veut dire trente-huit copies d’un gène impliqué dans la détection de faibles lumières. Le point spectaculaire tient au contraste : chez presque tous les vertébrés, la vision de nuit repose sur un système beaucoup plus simple. — à lire aussi : Plantes d’intérieur en hiver : la science simple de la lumière (et des erreurs co….
Questions courantes
La dirette argentée voit-elle vraiment trente-huit couleurs ?
Pas au sens humain du mot couleur. Ses nombreuses rhodopsines semblent surtout lui permettre de distinguer différents signaux faibles dans les gammes bleues et vertes de la bioluminescence.
Pourquoi ce record est-il important ?
Il montre que la vision des vertébrés peut être plus souple qu’on ne le pensait. Dans certains milieux extrêmes, l’évolution multiplie les capteurs plutôt que d’améliorer une image détaillée.
Où vit ce poisson ?
La dirette argentée est une espèce des grandes profondeurs. Elle évolue dans un environnement où la lumière du soleil disparaît et où les signaux lumineux viennent surtout des organismes vivants.
La prochaine fois qu’un écran affichera un bleu unique pour figurer l’océan profond, il faudra peut-être penser à ce petit poisson : là où nous mettons une couleur, lui pourrait lire une conversation. Et cette conversation reste, pour une large part, hors de portée de nos yeux.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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