Une bande de microfilm tenue au-dessus d’une table lumineuse, montrant de fines silhouettes de planète et d’étoiles.

1969, la NASA dessinait la Lune vue du hublot, et son logiciel perdu revit en 2026

Le programme du Manned Spacecraft Center dessinait sur microfilm ce que les équipages d’Apollo verraient par leurs hublots. Son code source a disparu : une recréation publique le refait tourner à partir de six documents NASA, et mesure tout ce qui ne colle pas encore.

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que la machine dessinait, concrètement
  3. Le code a disparu, les images sont restées
  4. Ce qui tombe juste, et l’horizon qui résiste
  5. Ce que ça change, concrètement
  6. Questions courantes

Récit

Vous avez déjà vu ces photos de la Terre prises depuis un vaisseau Apollo. Les équipages les connaissaient avant de décoller, à Houston, sur des tirages sortis d’un mainframe. Le programme qui dessinait les vues des hublots des missions Apollo a perdu son code source ; une recréation reconstruite à partir de six documents NASA datés de 1969 à 1972 a été publiée le 29 septembre 2026.

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En bref

  • 4 des 6 comparaisons retenues ici tiennent les seuils fixés d’avance ; le limbe lunaire les manque, à 8,80° d’écart quadratique moyen pour une cible de 1°, et le registre consigne d’autres échecs.
  • Au Manned Spacecraft Center de Houston, le programme view calculait la géométrie Terre-Lune-Soleil-vaisseau et traçait ce que montreraient les fenêtres et les viseurs.
  • Il tournait en FORTRAN V sur un UNIVAC 1108 et photographiait chaque image sur microfilm depuis un tube cathodique.
  • Les équipages utilisaient des tirages papier de ces vues comme des cartes ; le centre en a monté certaines en film.
  • Le dépôt de la recréation est public, sous licence MIT, avec un registre qui sépare ce qui est prédit de ce qui est ajusté.

Ce que la machine dessinait, concrètement

« La géométrie complexe de la Terre, de la Lune, du Soleil et du vaisseau » : c’est ainsi que le rapport d’expérience Apollo signé C. T. Hyle et A. N. Lunde, en juin 1972, décrit le problème que le programme devait rendre visible. Il le calculait, puis il le dessinait. Entraînement des équipages, familiarisation du personnel au sol, préparation des trajectoires nominales et des scénarios de secours, vérification d’attitude, préparation de la navigation : le rapport énumère les usages.

Une caméra photographiait l’image construite sur un tube cathodique, image après image, sur microfilm. Pour la plupart des usages, les vues finissaient imprimées sur des feuilles de papier ordinaire, que les équipages utilisaient comme des cartes. En attendant les microfilms, on pouvait demander des images grossières tracées à l’imprimante. Un aperçu en caractères d’imprimante, le temps que la vraie arrive.

Le programme view est né avant Apollo, comme aide aux premières études de rendez-vous et d’amarrage du programme Gemini, puis il a grandi avec les missions lunaires.

Des tirages papier posés sur un bureau métallique, montrant un disque au contour tracé et des points d’étoiles.
Les équipages se servaient de ces tirages comme de cartes, pour reconnaître à l’avance ce que montrerait le hublot.

Le code a disparu, les images sont restées

Le code source du programme n’est pas connu pour avoir survécu. Restent les documents qui le décrivent et les images qu’il a imprimées. Le 3 juillet 1969, treize jours avant le décollage, une note interne du Manned Spacecraft Center diffusait les vues attendues depuis le module de commande et depuis le module lunaire d’Apollo 11.

Le dépôt Apollo Software Library, ouvert le 29 septembre 2026 sous licence MIT, part de cette matière. Six documents NASA lui servent de base : deux notes internes du centre de Houston, le rapport de mission d’Apollo 11, le dossier de presse de la mission en deux parties et le rapport technique de 1972.

Chaque vue est recalculée d’après ces documents, puis comparée au scan de l’image d’origine. Là où une donnée d’entrée n’était pas documentée, elle est ajustée depuis la figure elle-même, et le registre le signale comme tel. Les conventions de cardan et de montage optique, elles, ont été récupérées dans le logiciel de vol de l’ordinateur de guidage d’Apollo.

Ce qui tombe juste, et l’horizon qui résiste

Les seuils étaient écrits avant la comparaison. Le registre de vérification fixe une tolérance par élément, puis publie le résultat, réussite ou échec. Les astres repérés de la figure 3b, le Soleil des vues de descente et le terminateur de la Terre passent. Le limbe lunaire de la figure 3b, non : 8,80 degrés d’écart quadratique moyen et 15,52 degrés au pire point, pour une cible de 1 degré.

Six comparaisons, choisies parmi celles du registre, donnent l’état de la confrontation entre les seuils annoncés et les mesures publiées. D’autres échouent aussi : trois des cinq vues prédites de la figure 4, la figure 7 et l’horizon terrestre des figures 1 et 2.

Seuils fixés avant comparaison et résultats mesurés, d’après le registre de vérification de la recréation (29 septembre 2026)
Élément comparéSeuil annoncé d’avanceRésultat mesuré
Astres repérés de la figure 3b (8 corps)Écart quadratique ≤ 1,0°0,52° : tenu
Position du Soleil, vues de descente du module lunaire (note 69-FM-197)≤ 2°0,60° au plus : tenu
Terminateur de la Terre, figure 6≤ 2 % du diamètre du disqueTenu
Disques et repères côtiers de la figure 62 % et 3 % du diamètreTenus, 1,54 % au plus
Limbe lunaire, figure 3bÉcart quadratique ≤ 1,0°, maximum ≤ 2,0°8,80° et 15,52° : manqué
Catalogue d’étoiles transcrit≥ 1 000 lignes vérifiées826 lignes sur 1 078 : manqué

Le registre en tire une phrase sans ornement : « la règle d’horizon de 1969 n’est pas retrouvée ». Les contours géométriques calculés aujourd’hui ratent ceux des tirages d’époque parce que la convention de tracé employée alors n’est écrite nulle part.

Ce que ça change, concrètement

Le site public du projet fait tourner quatre bobines recalculées dans le navigateur, affiche les recréations à côté des scans d’origine et de leurs superpositions, propose les versions grossières à l’imprimante et donne accès aux documents NASA dont chaque pièce est tirée. On peut y déplacer le temps de mission ou les angles de cardan et voir l’image se recalculer.

Ce qui a survécu, ce sont les sorties : des bobines de microfilm et des feuilles de papier ordinaire. La NASA fait aujourd’hui redescendre 1,4 téraoctet par jour du seul télescope Roman, et la question de ce qui restera lisible se repose avec les mêmes mots.

Quatre bobines tournent désormais dans un navigateur, recalculées image par image, à la seconde de mission que vous choisissez.

Questions courantes

Peut-on faire tourner cette recréation soi-même ?
Oui. Le dépôt est public sous licence MIT, et le site associé recalcule les vues directement dans le navigateur.

D’où viennent les données de ciel et de relief utilisées ?
Des côtes de Natural Earth, du répertoire de noms lunaires de l’UAI et de l’USGS, des contours de mers lunaires du LROC, du Yale Bright Star Catalogue et des tables d’étoiles du projet Virtual AGC.

Ce travail est-il affilié à la NASA ?
Non. Le site le précise : il s’agit d’une recréation indépendante, appuyée sur des documents NASA du domaine public.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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