Une main tient un téléphone devant une étagère de pots de compléments alimentaires sans marque, dans une salle de bains claire.

Santé des femmes sur Instagram : 39 % des publications vendent un produit

Une analyse de 472 publications #womenshealth chiffre la part de contenu commercial sur Instagram. En face, l’obligation française correspondante, ligne par ligne.

Le chiffre

Publié le 27 septembre 2026 · Mis à jour le 17 octobre 2026 à 10h45

39 % des 472 publications #womenshealth analysées sur Instagram vendaient directement un produit ou un service (université de Sydney, 23 septembre 2026). Quatre sur dix. Le hashtag se lit comme un fil de conseils, où l’argument de vente et l’information se superposent.

39 %des publications #womenshealth vendent un produit ou un service
Affirmation de santé69 %
Preuve scientifique citée7 %

Méthode : Part des 472 publications #womenshealth analysées par l’université de Sydney (Health Promotion International, septembre 2026) portant une affirmation de santé explicite, et part renvoyant à une preuve scientifique.

L’analyse est parue dans Health Promotion International, signée par une équipe de l’université de Sydney conduite par Brooke Nickel. Elle a tiré 500 publications du hashtag, puis en a retenu 472 après retrait des doublons et des liens morts. 63 % de ces publications venaient de comptes individuels, soit 297. Parmi ces comptes, 55 % relevaient de praticiens de santé alternative et 35 % de médecins diplômés.

Un intérêt financier manifeste apparaissait chez 51 % des comptes concernés. Dans un fil de dix conseils, cinq viennent donc d’un compte qui a quelque chose à vendre.

Des affirmations partout, des références presque nulle part

69 % des publications portaient une affirmation de santé explicite, soit 324 sur 472. Trente-quatre publications citaient une preuve scientifique. Le hashtag affirme donc dix fois plus souvent qu’il ne référence. Côté sujets, hormones et santé reproductive occupaient 48 % du corpus, la ménopause et la périménopause comptant à elles seules pour 12 % de l’ensemble.

L’écart entre les affirmations de santé et les renvois à une preuve atteint 62 points. Parts mesurées sur 472 publications du hashtag #womenshealth ; la part des comptes à bénéfice financier porte sur les comptes, pas sur les publications.
L’écart entre les affirmations de santé et les renvois à une preuve atteint 62 points. Parts mesurées sur 472 publications du hashtag #womenshealth ; la part des comptes à bénéfice financier porte sur les comptes, pas sur les publications.
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Entre la colonne des promesses et celle des preuves, l’écart est de 62 points.

Chaque part mesurée a, ou n’a pas, une obligation française en face.

Sous #womenshealth : la part mesurée, et le droit français en face
Ce que l’analyse relèvePart mesuréeObligation française correspondante
Vente directe d’un produit ou d’un service39 % (186 publications)Intention commerciale à indiquer par une mention claire (art. 5-2)
Compte au bénéfice financier manifeste51 % des comptes (241)Même obligation de mention, sur tout support utilisé
Affirmation de santé explicite69 % (324 publications)Promotion interdite si le produit est donné comme substituable à un traitement (art. 4, II)
Renvoi à une preuve scientifique7 % (34 publications)Aucune
Publication signée d’un compte individuel63 % (297 publications)Activité d’influence dès qu’elle est exercée « à titre onéreux » (art. 1er)
Hormones et santé reproductive comme sujet48 % (226 publications)Aucune
Ménopause ou périménopause comme sujet12 % (58 publications)Aucune

Et chez nous ?

Ce que la loi française oblige à afficher

En France, la règle ne tient plus à deux formules. Depuis le 8 novembre 2024, l’article 5-2 de la loi sur l’influence commerciale admet « publicité », « collaboration commerciale » ou « une mention équivalente adaptée aux caractéristiques de l’activité d’influence ». L’exclusivité des deux mots a sauté, l’obligation de clarté est restée. L’absence d’indication de l’intention commerciale constitue une pratique commerciale trompeuse, sauf si cette intention « ressort déjà du contexte ».

Le tarif figure à l’article L. 132-2 du code de la consommation : deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. Quand l’infraction passe par un service de communication au public en ligne, les peines montent à cinq ans et 750 000 euros.

Un second verrou porte sur le contenu lui-même. La loi du 9 juin 2023 interdit à toute personne exerçant une activité d’influence la promotion de produits ou de méthodes « non thérapeutiques présentés comme comparables, préférables ou substituables » à des actes ou prescriptions thérapeutiques. Une plante donnée pour un remplacement du traitement hormonal tombe sous cette interdiction, mention ou pas.

Un téléphone posé sur une table de cuisine à côté d’un volume imprimé ouvert et d’une tasse de café.
Depuis le 8 novembre 2024, l’intention commerciale doit être indiquée par une mention claire sur tout support utilisé.

L’équipe propose cinq questions à se poser devant une publication (The Conversation, 24 septembre 2026). Qui donne ce conseil ? Quelles sont ses qualifications ? Vend-il quelque chose ? Sur quelle preuve s’appuie la promesse ? Et l’effet annoncé est-il trop beau pour être vrai ?

La grille vaut pour tout contenu santé qui circule, du complément alimentaire au sommeil des adolescents. Les 472 publications passées au crible viennent d’un hashtag qui en affiche 9,6 millions.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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