Vannes et canalisations d'un dépôt pétrolier relié à un stockage souterrain, au petit matin, sans personne à l'image.

Stocks stratégiques de pétrole : qui décide de les débloquer ?

En France, le directeur de l’énergie décide seul d’ouvrir les stocks stratégiques de pétrole, dans trois cas fixés par l’arrêté du 17 septembre 2015. Le 11 mars 2026, l’AIE a lancé un déstockage record de 400 millions de barils, dont 14,6 millions pour la France.

Sommaire
  1. Qui peut décider d’ouvrir les stocks stratégiques en France ?
  2. Dans quels cas la porte s’ouvre-t-elle ?
  3. Comment le pétrole sort-il des cavités, concrètement ?
  4. À qui appartient ce pétrole : à l’État, à la SAGESS ou aux pétroliers ?
  5. Combien de pétrole la France a-t-elle libéré en 2026 ?
  6. Combien de fois ces stocks ont-ils été mobilisés ensemble ?
  7. Et le pétrole prêté, il revient quand ?

Dans ce dossier : Manosque : la France dort sur 118 jours de pétrole quand l’Amérique vide ses cavernes · 2 articles liés

Décryptage

Publié le 19 septembre 2026 · Mis à jour le 6 octobre 2026 à 14h30

En France, l’ouverture des stocks stratégiques de pétrole relève du directeur de l’énergie, que l’arrêté du 17 septembre 2015 autorise à y recourir dans trois cas, dont une décision de l’Agence internationale de l’énergie. Le 11 mars 2026, les 32 pays membres de l’AIE ont décidé de mettre 400 millions de barils sur le marché, la plus grosse action collective de son histoire, et la France s’est engagée pour 14,6 millions de barils (AIE, 19 mars 2026).

6 leviers, 3 cas d’ouverture, une signature. Le déblocage des réserves de pétrole françaises ne remonte ni au président ni au premier ministre : l’arrêté du 17 septembre 2015 écrit que « le directeur de l’énergie peut décider de recourir à tout ou partie des stocks stratégiques ». Cinq articles, et l’essentiel de ce qu’on cherche quand la file s’allonge devant la station.

Qui peut décider d’ouvrir les stocks stratégiques en France ?

La réponse tient dans un seul nom : le directeur de l’énergie. L’arrêté sur le déstockage lui donne ce pouvoir à son article 2 et n’en désigne aucun autre. Pas de décret en conseil des ministres, pas de délibération préalable inscrite dans le texte : la mise en circulation des stocks stratégiques est une décision administrative. Un fonctionnaire signe, et le pétrole bouge.

La suiteLes stocks stratégiques de pétrole français tiennent en moins de six pleins par voiture · 19 septembre

Dans quels cas la porte s’ouvre-t-elle ?

Trois cas, et l’article 2 les énumère dans la même phrase. Une décision internationale effective de mise en circulation des stocks. Une rupture majeure d’approvisionnement. Ou un événement national ou international affectant la logistique et entraînant, au niveau national ou local, une pénurie ou un risque de pénurie de produits pétroliers. L’arrêté définit les deux premiers à son article 1er. La décision internationale, c’est celle du conseil de direction de l’Agence internationale de l’énergie, nommément désignée. La rupture majeure, c’est « une baisse importante et soudaine » de l’approvisionnement de l’Union européenne ou d’un État membre, « qu’elle ait entraîné ou non » une décision internationale. Deux cas sur trois n’attendent donc aucun feu vert étranger.

Comment le pétrole sort-il des cavités, concrètement ?

En France, l’arrêté du 17 septembre 2015 confie le déblocage des stocks stratégiques de pétrole au directeur de l’énergie, avec trois cas d’ouverture et six décisions administratives listées. Vendre, prêter, échanger, abaisser l’obligation, autoriser les opérateurs à consommer le stock qu’ils gardent pour eux-mêmes ou pour le comité professionnel : l’article 3 déroule une boîte à outils où presque rien ne ressemble à une vanne qu’on tourne.

Ces décisions ne se valent pas : certaines libèrent des volumes pour de bon, d’autres ne font que les emprunter.

Les six décisions administratives listées à l’article 3 de l’arrêté du 17 septembre 2015
DécisionQui l’exécuteEffet sur les volumes
1° Vente des stocks détenus en propreSAGESSLes volumes partent sur le marché, sans retour
2° Prêt ou échange à des opérateurs pétroliers agréés désignésSAGESSRestitution en moins d’un mois, sous garantie financière
3° Modification des taux de stocks obligatoiresPouvoir réglementaireL’obligation baisse, les volumes se libèrent d’eux-mêmes
4° Autorisation temporaire de mise à la consommation des stocks propres des opérateurs (L642-7)OpérateursLe stock obligatoire passe à la pompe
5° Exercice des options d’acquisition sur des produits réservés dans l’UnionSAGESS ou CPSSPAchat, puis cession aux bénéficiaires désignés
6° Autorisation temporaire de mise à la consommation des stocks conservés pour le CPSSP en FranceOpérateurs agréés désignésLes volumes réservés sortent des dépôts

Une seule de ces six lignes fait vraiment sortir du pétrole de façon définitive : la première.

À qui appartient ce pétrole : à l’État, à la SAGESS ou aux pétroliers ?

Aux trois à la fois, et c’est tout l’intérêt du montage. Le code de l’énergie oblige toute personne dont l’opération rend exigible l’accise sur les énergies, en France métropolitaine, à contribuer aux stocks stratégiques (article L642-2). Le volume, lui, est fixé par voie réglementaire et se conserve douze mois (L642-4). La mission revient à un comité professionnel, le CPSSP (L642-5), qui peut s’appuyer sur la SAGESS (L642-6). Le règlement d’application précise ce que ce comité a le droit de compter : les stocks que la SAGESS possède en propre, et les produits mis à disposition par contrat, par des opérateurs ou par d’autres États membres. La SAGESS, elle, rattache son mandat à la loi du 30 décembre 1987 et à la directive européenne du 14 septembre 2009. Les barils appartiennent à des sociétés ; la décision de les libérer, non.

Parapheur ouvert et stylo sur un bureau administratif, à côté d'un plan de réseau de canalisations enroulé, sans visage à l'image.
De la vente pure au simple prêt sous garantie : l’article 3 range six décisions dans la même main.

Combien de pétrole la France a-t-elle libéré en 2026 ?

14,6 millions de barils, sa part des 400 millions décidés par l’Agence internationale de l’énergie le 11 mars 2026, face aux perturbations du détroit d’Ormuz. Le tableau des contributions publié par l’AIE le 19 mars 2026 ne précisait pas encore, pour la France, la part tirée des stocks publics et celle des stocks des industriels. Par ce détroit passe d’ordinaire environ un quart du commerce maritime mondial de pétrole, selon l’agence.

Combien de fois ces stocks ont-ils été mobilisés ensemble ?

Côté international, le compteur affiche six actions collectives depuis la création de l’Agence internationale de l’énergie : avant la guerre du Golfe en 1991, après les ouragans Katrina et Rita en 2005, pendant la guerre civile libyenne en 2011, deux fois en 2022 dans la crise énergétique qui a suivi l’invasion de l’Ukraine, et le 11 mars 2026 face aux perturbations venues du conflit au Proche-Orient. L’agence présente cette sixième action comme la plus importante des six. Elle rappelle au passage la règle du club : au moins 90 jours d’importations nettes en réserve, et une consultation censée aboutir en quelques jours. AAP mesurait 118 jours de réserve française le 17 septembre 2026, dont 30 à 40 % sous le sel de Manosque.

Et le pétrole prêté, il revient quand ?

En moins d’un mois. L’article 5 oblige l’opérateur qui a bénéficié d’un prêt ou d’un échange à restituer « les mêmes quantités et qualités de produits dans le ou les dépôts pétroliers » où il les a retirés. L’article 4 ajoute une garantie financière couvrant le coût des stocks prêtés, plus une rémunération fixée par contrat. En pleine pénurie, on remplit quand même les papiers.

Reste une ligne à relire deux fois. L’article 3 n’énumère pas six leviers : il en énumère six « notamment ». La liste n’est pas fermée.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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